Ch : juge
3. Cf. la maxime 14 du même manuscrit, plus proche d’ailleurs que celle-ci du texte édité par La Rochefoucauld.
[250] La jeunesse est une ivresse! continuelle; c’est la fièvre de la santé, c’est la folie de la raison (max. 271, 1 295).
[251] Toutes les passions ne sont autre chose que les divers degrés de la chaleur et de la froideur du sang (MS 2, I 13).
[2521] Comme c’est le caractère des grands esprits de faire entendre avec peu de paroles beaucoup de choses, les petits esprits en revanche ont l’art de parler beaucoup et de ne dire rien (4x. 142, Î 145).
[253] De toutes les passions celle qui est la plus inconnue c'est la paresse; elle est la plus violente et la plus maligne de toutes, quoique sa violence soit insensible et que les dommages qu’elle cause soient très cachés; si nous considérons attentivement son pouvoir, nous verrons qu'elle se rend en toutes rencontres maîtresse de nos sentiments, de nos intérêts et de nos plaisirs; c’est le petit poisson qui a la force d’arrêter les plus grands navires, c’est une bonace plus dangereuse aux plus importantes affaires que les écueils et les plus grandes tempêtes; le? repos de la paresse est un charme secret de l’âme qui suspend soudainement ses plus ardentes poursuites et ses plus opiniâtres résolutions, et enfin, pour donner la véritable idée de cette passion, il faut dire que la paresse est une béatitude de l’âme qui la console de toutes ses pertes et la fait renoncer à toutes ses préten-
tions (MS 54, 1 290).
[254] La magnanimité méprise tout pour avoir tout (4x. 248, 1S70).
[255] L'homme est si misérable que, tournant toutes ses conduites à satisfaire ses passions, il gémit incessamment sous leur tyrannie; il ne peut supporter ni leur violence ni celle qu’il faut qu’il se fasse pour s'affranchir de leur joug; il trouve du dégoût non seulement dans ses vices, mais encore dans leurs remèdes, et ne peut s’accommoder ni des chagrins de ses maladies ni du travail de sa guérison (MP 211).
[256] Dieu a permis, pour punir l’homme du péché originel, qu'il se fit un dieu de son amour-propre pour en être tourmenté dans toutes les actions de sa vie (MP 22).