PRINCIPE
Marcher toujours eu la préseuce de Dieu avec une profouJe humilité.
Dieu aime les humbles. Dieu habile volontiers dans une âme humble; il la visite de ses grâces célestes et il augmente ces grâces de jour en jour. Dieu ne se communique pas à une âme sans humilité ; il lui retire ses grâces, et s'éloigne de plus en plus d'elle. Plus nous nous abaissons, plus Dieu s'approche de nous ; plus nous nous élevons dans noire imagination , plus s'éloigne-t-il de nous. La pluie qui tombe du ciel ne reste par sur les montagnes, niais elle coule dans les vallées. Les grâces qui viennent du ciel ne restent pas dans les cœurs qui s'élèvent par leur orgueil, mais elles restent dans les âmes qui s'abaissent par leur humilité. Aussi longtemps qu'une âme n'est pas bien fondée dans l'humilité, elle reste inapte, incapable d'être élevée à une plus grande vertu. L'humilité est le fondement sur lequel doit reposer tout l'édifice de la perfection. Si ce fondement n'est pas assez profond, alors l'édifice ne se laisse pas élever assez haut; ou si on relevait sans ce fondement nécessaire, il tomberait en ruine en peu de temps. La cause en est, que Dieu résiste aux orgueilleux. Que peut donc faire une âme, que non-seulement le démon, mais que Dieu lui-même poursuit? C'est pourquoi il est absolument nécessaire que l'âme emploie toutes ses puissances pour obtenir cette vertu de Dieu, et pour s'y forlifier de plus en plus. L'humilité est une vertu morale, par laquelle on se méprise soi-même, on désire aussi que les autres nous méprisent, et on attribue sincèrement à Dieu seul toute
iouange et tout honneur. Nous allons l'expliquer en détaiL dans quelques paragraphes.
De la connaissance de nous-méme.
iCf exercice. Représentez-vous ce que vous avez été, et méditez bien sur cette vérité : si je ne me cache pas à moimême ma misère et ma honte, par un aveuglement volontaire, je dois bien voir que j'aurais déjà dû brûler en eufer depuis longtemps. J'ai péché, la conscience me le dit. Après le pardon je suis retombé dans mes auciens péchés ; je le sais par expérience. Un seul péché mortel suffit pour me damner éternellement ; la foi me l'enseigne. Comment se fait-il donc que j'admette encore une seule pensée d'orgueil dans mon cœur? Quelle différence y a-t-il entre moi et les réprouvés qui sont déjà en enfer? Ils ont péché, j'ai péché aussi ; ils ont mérité l'enfer, je l'ai aussi mérité. Par leurs péchés, ils se sont précipités dans un état où ils seront éternellement maudits et méprisés du ciel et de la terre, des anges et des hommes ; j'ai mérité le même sort. Sans doute, je suis encore en vie, je suis en état de grâce, comme je l'espère; j'ai la confiance d'aller en paradis, avec le secours de Dieu. Mais à qui dois-je attribuer tout cela? A vous seul,, ô Père miséricordieux ! à vous seul je dois de ne pas être déjà en enfer; de ne pas être déjà dans cet état où toutes les créatures m'auraient éternellement maudit et méprisé. C'est vous qui avez fait cela, ù bonté infinie, c'est vous seul ! voire justice a précipité du ciel les anges rebelles ; votre miséricorde m'a préservé, parce que vous m'avez aimé. Je baise votre main, et vous attribue toute louange, à vous seul. Pour moi je n'ai mérité que le sort de ces anges malheureux, et je l'ai mérité plus qu'eux.
Après avoir bien médité sur celte vérité, formez les affections suivantes :
1° Reconnaissez sincèrement devant Dieu que vous avez
plus mérité d'être maudit à jamais du ciel et de la terre, des anges et des hommes, que le démon, parce que le démon n'a pas péché si souvent que vous. C'était dans ce sentiment que saint François de Borgia, dans ses longues méditations, se représentait sa place en enfer au-dessous de tous les démons.
2° Représentez-vous et reconnaissez que tous les mépris et toutes les injures que vous pourrez jamais recevoir, ne sont rien en comparaison de ce que vous avez mérité par vos péchés.
3° Détestez et maudissez votre orgueil et votre vanité, qui, après tant de péchés, vous portent encore à vouloir être aimé, estimé, honoré par tout le monde.
4° Priez Dieu de permettre, pour sa gloire et son honneur, qu'on vous méprise et qu'on vous fasse, ici-bas, autant d'injures qu'on pourra jamais le faire, moyennant qu'il vous accorde la grâce de les supporter avec patience et humilité.
2e exercice. Représentez-vous ce que vous êtes actuellement, et méditez bien cette vérité : j'espère, et j'ai la confiance d'être en ce moment un enfant de Dieu, orné de sa grâce, et élu, prédestiné pour le ciel. J'ai servi Dieu depuis bon nombre d'années, et j'ai amassé beaucoup de mérites pour l'éternité. Je tâche d'avancer de jour en jour dans l'amitié de Dieu et en toutes sortes de bonnes œuvres. Mais, que tout cela est peu de chose! Que n'aurait pas fait un démon, ou un réprouvé, si après sa chute finale Dieu lui avait encore accordé autant de grâces qu'il m'en a accordé? Qu'en penses-tu, mon âme? Il est certain que celte malheureuse créature aurait plus aimé Dieu, et aurait fait plus de pénitences, que je n'ai fait de toute ma vie. Si Dieu avait accordé au plus méchant de tous les réprouvés autant de grâces et d'inspirations qu'à moi, que n'aurait pas fait ce malheureux? Il aurait, peut-être, plus avancé dans l'amour de Dieu, et dans d'autres vertus en un mois, que moi pendant toute ma vie. Car quel effet ont produit en moi tant de grâces que Dieu m'a accordées? Je devais déjà brûler
d'amour comme une sainte Thérèse; j'aurais déjà dû fondre de zèle et de piété comme une sainte Françoise ; j'aurais déjà dû répandre autant de larmes de repentir et d'amour qu'une sainte Madeleine; aucun orgueil, aucune vanité, aucune affection déréglée ne devraient plus trouver place dans mon cœur. Où sont maintenant les fruits de tant de grâces? 0 Dieu infini! quelle honte m'accable, en votre sainte présence ! Quand je considère ces grâces, il est certain qu'elles étaient suffisantes pour me rendre saint depuis nombre d'années ; mais quand je considère ma coopération à ces grâces, je dois avouer que je suis la créature la plus ingrate qui se trouve sur la terre. Je n'ai encore extirpé totalement aucun vice, ni pratiqué, ni acquis parfaitement aucune vertu. Je prie encore avec beaucoup de distractions et de tiédeur; mon amour est froid et sans ferveur; j'interromps le silence par des paroles inutiles. Que se passe-t-il en moi, par rapport au recueillement? je suis inconstant; quant à l'humilité? je ne peux souffrir le moindre mépris; quant à ma chasteté? je suis fort négligent sur cette matière; ma patience? elle ne soutient aucune épreuve. Voilà ce qui en est de mes vertus; en voilà un tableau bien faible. Comment est-il donc possible, ô Seigneur! qu'avec tant de misères, je puisse être content de moi-même? me croire riche dans mon indigence ? et être orgueilleux pour ce qui mérite des châtiments de votre pari ? O mon Dieu ! combien je dois être affreux à vos regards si purs !
Après avoir bien considéré cette vérité, exprimez les affections suivantes :
1° Jetez-vous dans votre néant, non-seulement sous les pieds de tous les Saints, mais encore sous ceux des réprouvés et des démons, et avouez sincèrement que de toutes les créatures vous n'en connaissez aucune qui après tant de grâces ait été aussi ingrate envers son Dieu, que vous l'avez été depuis tant d'années.
2* Admirez comment il a été possible que Dieu ait pu supporter si longtemps votre malice et votre tiédeur; coin-
ment; après un si mauvais usage de ses grâces, il ait pu toujours vous en accorder de nouvelles; comment il ne s'est pas encore fatigué de vous faire du bien, et de vous inviter à l'aimer parfaitement.
5° Exposez tous vos péchés et toutes vos imperfections à votre Sauveur ; avouez que vous ne méritez que colère et privation de grâces, et que tout ce que vous avez de bon ne vient pas de vous, mais que c'est un don tout gratuit de sa bonté paternelle.
4-° Délestez et pleurez votre orgueil, et faites un ferme propos de marcher toute votre vie en sa sainte présence avec une profonde humilité.
Du mépris de soi-même.
•Ie* exercice. Une âme humble doit fuir avec grand soin les vains honneurs, les louanges, l'amour et l'estime des hommes. Si quelqu'un a bien saisi cette vérité qui a été traitée dans le paragraphe précédent, il doit bien voir qu'il ne mérite pas la moindre louange, ni la moindre estime, pour ce qu'il a été, ni j^our ce qu'il est maintenant. Car il voit, il doit reconnaître qu'autrefois il était chargé de péchés, et que maintenant il est encore rempli d'imperfections.
Selon cette vérité, il doit prendre, en la présence de Dieu, les résolutions suivantes :
1° Je ne m'arrêterai jamais à aucune vaine pensée, à aucune complaisance de moi-même , mais je les rejetterai aussitôt, et je les étoufferai dans leur origine.
2° Je ne dirai jamais un mot à ma louange. Je cacherai aux yeux des hommes tout le bien, tous les dons naturels et surnaturels que Dieu m'accordera par sa miséricorde; j'attribuerai, dans le secret de mon cœur, à mon Seigneur et mon Dieu, la cause de tout bien en toutes choses, ainsi
que toute la louange et tout l'honneur qui peuvent s'ensuivre.
3° Si quelqu'un se permettait de me donner des louanges, je rentrerais dans mon cœur, pour y considérer mes péchés, ma misère et mes imperfections, et pour me jeter en esprit dans cet abîme de péchés, sous les damnés, et rendre à Dieu tout rhonneur et toutes les louanges; extérieurement je les détournerais par un badinage, ou autant que possible je tâcherais d'empêcher ces louanges, faisant ainsi comprendre qu'elles me déplaisent.
4° Si on me témoigne du respect que je ne puisse pas empêcher, je n'en prendrai aucun plaisir dans mon cœur, j'y formerai un profond mépris de moi-même, et je prierai Dieu de me faire passer dans ce monde par les mépris et les injures, plutôt que par les honneurs, l'estime et les louanges.
2e exercice. Une âme humble doit avoir soin d'acquérir toujours un plus grand désir de n'être ni honorée, ni louée, ni aimée de personne au monde, mais d'en être plutôt méprisée, humiliée et persécutée.
Les pensées habituelles d'une âme humble doivent être les suivantes : Tout ce que j'ai mérité, c'est l'enfer; cela ne peut se nier, si je veux avouer la vérité. Or, si j'étais en enfer, qui me louerait? qui me respecterait? qui m'aimerait? Le ciel et la terre, les anges et les hommes seraient tous d'accord pour me maudire éternellement. Si, eu vérité, j'ai mérité ce châtiment, avec quel droit puis-je désirer d'être aimée et louée? Avec quel Sroit puis-je repousser pendant ce court espace de ma vie, les mépris et les persécutions des hommes, que je devrais supporter avec justice pendant toute l'éternité? Tous les affronts, toutes les injustices qu'on pourrait jamais me faire, sont encore beaucoup trop faibles pour punir comme il le faudrait un seul péché mortel. Oh! pourquoi ne puis-je pas souffrir que celui auquel j'ai fait du bien m'abandonne et me méprise? N'ai-je pas jadis méprisé et abandonné mon Dieu, qui m'a fait tant de bien? Pourquoi
iiP pourrais-je supporter que celui que j'ai si sincèrement aimé, retire maintenant son cœur de moi? N'ai-je pas jadis détaché mon cœur de Dieu, qui m'a aimée avec tant d'ardeur? Quel affront, quelle injustice, quel mépris, quel abandon, quelle ingratitude pourrais-je jamais recevoir, que je n'aie jadis rendus à Dieu?
5e exercice. Une âme humble doit pouvoir supporter nonseulement avec patience, mais encore avec joie, tous les affronts, toutes les injures, toutes les injustices, toutes les médisances, toutes les calomnies, et tout ce qui pourrait arriver contre son honneur, comme une chose qu'elle a uniquement méritée pour ses péchés.
On doit fermement prendre les résolutions suivantes, non-seulement dans le temps de la méditation, mais même les observer continuellement : jamais je ne veux concevoir aucune tristesse dans mon cœur pour de tels acccidents ; je ne ferai jamais aucune plainte ; je ne veux jamais me disculper, ni me justifier; je ne veux jamais concevoir la pensée de me venger; au contraire, j'aimerai de tout mon cœur ceux qui me maltraiteront de la sorie; je prierai tous les jours pour eux, comme pour mes meilleurs amis ; je les louerai et je les respecterai dans toutes les occasions; je leur rendrai le bien pour le mal. Voilà le véritable esprit, le vrai caractère d'une âme humble, qui veut imiter Jésus crucifié. Lorsque les injures et les mépris causent du chagrin et de l'amertume dans notre cœur; lorsque nous nous en plaignons et nous en attristons beaucoup; lorsque nous nous justifions et nous disculpons, c'est alors un signe certain que l'humble esprit de Jésus n'habite pas encore en nous. L'humble ne trouve dans ces accidents que joie et jubilation, parce qu'il reconnaît que son Sauveur l'a jugé digne de le rendre semblable à lui, de le faire marcher par la voie qu'il a parcourue lui-même. 11 n'y a rien de plus relevé que d'être méprisé pour Dieu, et de souffrir pour lui ce qu'il a souffert lui-même par amour pour nous. Un seul mépris, un seul outrage, une seule injustice, une seule mé-
disance ou calomnie, est plus agréable à une âme parfaite, que tous les honueurs et toutes les louanges du monde. Oh! que vos dispositions sont bien contraires ! Oh ! combien peu eu trouve-l-on qui soient bien pénétrés de cet esprit d'humilité! Il est cependant certain que nous avons peu à compter sur notre état, aussi longtemps que nous n'avons pas solidement affermi notre cœur dans ces dispositions vraiment chrétiennes.
4? exercice. Une âme humble doit offrir en holocauste à Dieu, sa réputation et tout le droit qu'elle y a aux yeux des hommes; elle doit le prier d'en disposer selon son bon plaisir. Sa réputation n'est jamais mieux employée qu'en la perdant pour augmenter la gloire de Dieu. Oh! qu'il est heureux, l'homme qui fait ce sacrifice à Dieu, et qui peut contribuer à la gloire de Jésus crucifié, en supportant toutes sortes d'outrages et de mépris. Il n'y a pas d'aveuglement plus grand que celui de la plupart des personnes qui sont très-contentes lorsqu'elles peuvent pratiquer les bonnes œuvres qui sont de leur choix, avec paix et tranquillité. Tout cela n'est rien, en comparaison d'une injure qu'on supporte avec joie peur l'amour de Dieu. Avant d'être méprisé, il faut déjà avoir dans le cœur le vif désir de recevoir toutes sortes d'outrages, et lorsqu'on les reçoit, il faut les accepter avec joie et jubilation, parce qu'on a obteuu ce que l'on cherchait depuis longtemps. Après les avoir reçus, il faut en désirer de nouveaux. Voilà l'esprit des Saints. Tout le reste n'est que vanité; tout le reste n'est qu'une vertu d'enfant.
Moyens pour arriver à la co?inaissanee de soi-même.
Le premier moyen, c'est la prière faite avec constance et ferveur. Le désir d'être estimé et honoré du monde est tellement enraciné dans notre cœur corrompu, qu'il ne peut en être arraché que par une grâce extraordinaire de Dieu. Mais
comme Dieu a coutume, selon le cours ordinaire de sa Providence, de n'accorder aucune grâce, et surtout aucune grâce extraordinaire, si on ne Ta demandée avec ferveur, il est donc absolument nécessaire de lui demander par des prières ferventes, celte grande grâce du mépris. C'est pourquoi il est absolument nécessaire d'observer les points suivants :
1° Nous ne devons jamais nous lasser de méditer sur nos péchés et nos misères, et de solliciter que Dieu éclaire notre entendement afin de les bien connaître.
2° Nous devons prier Dieu instamment, de bien vouloir ôler de notre cœur le désir d'être respecté et honoré des hommes, et de nous accorder à la place un vif désir d'être méprisé et persécuté.
3° Mais comme les bons désirs que nous formons pendant la méditation, n'appoitenl pas la vertu avec eux, nous devons prier Dieu de nous accorder, selon sa sainte volonté, les occasions de souffrir réellement les mépris et les outrages.
Le deuxième moyen, c'est la constante pratique de Fhumiîite'. Une âme humble ne doit laisser passer aucun jour sans pratiquer quelques actes d'humilité. Il y eu a de deux espèces : les uns intérieurs, les autres extérieurs. On peut pratiquer les premiers de la manière suivante :
1° 0 mon Dieu ! vous êtes la source de tout bien, et moi, je ne suis qu'un pur néant, un peu de poussière. C'est pourquoi je déteste de tout mon cœur tous les vains honneurs, toute l'estime et toutes les complaisances que j'ai jamais conçus pour moi-même ; je m'en repens sincèrement; c'est à vous seul que j'attribue pour toute l'éternité toutes les louanges, tous les honneurs, et toute l'estime.
2° 0 mon Dieu ! je ne suis rien, je ne peux rien, et je ne mérite rien de bon. De moi-même je ne suis que vices et péchés qui m'ont mérité l'enfer. Ce qui est en moi de bon, vient de vous. Dans la considération de mon néant, je vous attribue toutes louanges et tout hoiiueur , comme au principe de tout bien.
5° G mon Dieu ! j'avoue sincèrement que j'ai mérité tous les
outrages possibles. C'est pourquoi je désire de tout mon cœur que personne au monde ne me loue, ne m'honore, ne m'aime ni ne m'estime, mais que plutôt on me haïsse et on me persécute. J'ai mérité l'enfer ; pourquoi pourrais-je ou voudrais-je donc être estimé?
4° 0 mon Dieu ! je vous offre en holocauste et pour vous aimer, mon nom, ma réputation et tout ce queje peux avoir aux yeux des hommes. Permettez qu'on déchire cette réputation, quand, partout, et de la manière qu'il vous plaira. J'ai mérité d'être méprisé, je veux donc vivre dans le mépris.
Les actes extérieurs d'humilité sont certaines œuvres qu'on peut pratiquer, par exemple :
1° Envoyer à un pauvre ou à un malade, certain mets de sa table pour lequel on a le plus d'inclination, en considérant que ce pauvre ou ce malade le mérite plus que nous.
2° Visiter et consoler les pauvres, les malades et les personnes délaissées.
5° Supporter en silence les médisances, les calomnies, les moqueries, les mépris et toutes sortes d'outrages.