‹ Maximes spirituelles et diverses instructionsChapitre 37 sur 53 · MOTIFS DE CET EXERCICE · texte numérisé non relu

MOTIFS DE CET EXERCICE

Premier motif.

Faire parfaitement ses actions journalières selon l'impulsion de la volonté de Dieu, c'est de toutes les pratiques de la vie religieuse la plus nécessaire. On ne peut pas toujours pratiquer de grandes pénitences et de grandes mortifications. La faiblesse de la nature, les indispositions corporelles, la multitude des affaires ou la volonté des supérieurs nous empêchent souvent de les pratiquer. De grandes actions, des vertus héroïques, on ne les peut pas toujours pratiquer. 11 se passe des semaines, des mois et des années, sans qu'il se préseule une occasion de pratiquer une telle action ou une telle vertu. Toute notre vie à peu près consiste et se passe dans la pratique des actions communes et obscures.

Si on néglige ces actions, si on les fait superficiellement et avec imperfection, quelles en sont les suites? Il s'ensuit :

1° Qu'il se passe des jours, des semaines, sans qu'on fasse bien une action pour l'amour de Dieu.

2° Que toute la vie se passe dans la tiédeur et dans les imperfections, sans recueillir aucun vrai mérite pour le ciel.

5° Qu'on vieillit et qu'on arrive à la porte de l'éternité sans être parvenu à la perfection.

4° Qu'on arrive devant le tribunal de Dieu, dépourvu de vertus, rempli de péchés et de défauts pour le purgatoire. Oh! quelles tristes et désolantes pensées accableront une telle âme, lorsqu'à son agonie elle connaîtra et verra, à la lueur du cierge bénit qu'on lui mettra à la main, combien elle a mal employé ses années, et combien peu elle a fait pour l'éternité.

Deuxième motif.

Faire parfaitement ses actions journalières, selon la volonté de Dieu, c'est de toutes les pratiques de la vie religieuse la plus utile. Deux résultats montrent l'utilité de cette pratique : 1° La multitude des mérites ; 2° l'augmentation extraordinaire de la grâce et de l'amour de Dieu.

Si vous avez à cœur de faire toutes vos actions avec zèle et perfection, alors il ne se passe aucun jour, aucune heure, aucune minute, sans augmenter vos mérites pour le ciel. Si vous continuez dans cette pratique pendant dix, vingt, trente années, qui pourra alors compter vos mérites? Si un commerçant gagnait à chaque quart d'heure du jour et de la nuit dix francs, et cela pendant trente ans, qui pourrait compter ses richesses? Ce qu'on a dit de l'augmentation des mérites, doit aussi s'entendre de l'augmentation de la grâce et de l'amour de Dieu. La grâce et l'amour de Dieu augmentent dans l'âme par chaque action surnaturelle. En vé-

rilé, une telle âme est un autel vivant, sur lequel brûle

continuellement le feu de l'amour divin, qui y consume et détruit tout ce qu'il y a de déréglé. La sainte Trinité y choisit sa demeure.

Troisième motif.

Faire les actions journalières avec perfection, selon la volonté de Dieu , lui est la plus agréable de toutes les pratiques de la vie religieuse.

11 y a deux choses qui sont exlraordinairement agréables à Dieu : La première, c'est de regarder uniquement la volonté de Dieu, et de faire ce qu'il veut qu'on fasse; la deuxième, c'est de faire les actions qu'on doit faire avec le zèle le plus ardent et l'intention la plus pure. Celui qui pratique ces deux points de cette manière se rendra trèsagréable à Dieu. D'où vient que la sainte Vierge est la plus sainte de toutes les créatures et la plus agréable à Dieu? Les travaux du ménage dans lesquels elle a passé la plus grande partie de sa vie, était-ce donc là des actions si éminenles et propres à la rendre si agréable à Dieu? Non certes, il y a eu beaucoup de saints qui ont fait des actions bien plus éclatantes que la Mère de Dieu en ce monde. Où en est donc la cause ? Ecoulez, mon âme, et réjouissez-vous-en. Ces actions étaient celles que Dieu voulait qu'elle fît, et elle les fit avec la plus grande ferveur, uniquement pour glorifier Dieu. Et parce qu'elle y a persévéré jusqu'à la fin de sa vie, elle s'est rendue si agréable à Dieu, qu'elle a surpassé toutes les créatures. Que Dieu vous éclaire et vous fortifie pour bien faire toutes vos actions 1 Alors le Sauveur jettera sur vous des regards d'amour.

Quatrième motif.

Les plus relevées de toutes les pratiques de la vie religieuse sont les actions journalières faites avec le plus de perfection, ^elon l'impulsion de la volonté de Dieu.

Il faul convenir qu'il y a beaucoup de bonnes œuvres et de pratiques religieuses bien plus relevées que les actions journalières. Faire des œuvres de pénitence difficiles à la nature, supporter en silence les torts et les injures, sont des actions plus grandes que de lire un bon livre pendant une demi-heure, et ainsi des autres. Mais si Ton considère les actions journalières en général, on ne peut nullement douter que le zèle à faire ces actions avec perfection surpasse toutes les autres pratiques de la vie religieuse; et cela pour les deux raisons suivantes :

1° Parce que les actions journalières, pour les bien faire, exigent, à cause de leur durée, une plus grande violence sur soi-même que ces actions d'éclat qui sont passagères et de peu de durée. Celui qui fait une rude pénitence doit se faire violence, mais seulement pendant un quarl-d'heure ; celui qui supporte en silence une injure, doit se vaincre, mais seulement pendant peu de temps ; mais celui qui veut bien faire toutes ses actions journalières, ne peut jamais faire sa propre volonté, pas un moment pendant toute une année; il doit se vaincre continuellement ; cette durée est plus difficile à la nature de l'homme qui aime sa liberté, que toutes les mortifications.

"2° Parce que ces actions journalières, faites de la sorte, indiquent un amour de Dieu bien plus grand et plus fondé que toutes les aunes pratiques. Une grande action, une œuvre d'éclat n'exige qu'une grâce extraordinaire qui touche le cœur en ce moment et dans cette occasion; c'est ainsi qu'on voit souvent que des âmes tièdes et imparfaites savent se vaincre lorsque la grcàce de Dieu les visite et leur donne des consolations; mais faire continuellement, pendant toute une année, toutes ses actions avec zèle et perfection, en temps de consolation et de délaissement, en temps de tentation et de tribu la lion, c'est là la marque de la perfection, la marque d'une âme vraiment mortifiée et aimant Dieu.

Passons maintenant à la pratique qui consiste en deux points. Le premier, c'est de faire toujours ce qu'il y a de

— 2G3 — plus parfait. Le deuxième c'est de faire ce qu'il y a de plus parfait de la manière la plus pnrfaite. Noos allons expliquer l'un et l'autre.

Faire toujours et dans toutes les circonstances, ce qu'on connaît le plus parfait.

Le plus relevé et le plus distingué en soi et de sa nature, n'est pas toujours le plus parfait. Le plus parfait, c'est ce que la volonté de Dieu demande de nous dans les circonstances actuelles. Celui qui fait toujours ce que Dieu demande, celui-là fait le plus parfait. Il surgit maintenant celte question : quelles marques peut-on avoir pour connaître la volonté de Dieu? Nous allons brièvement répoudre à cette demande.

La première marque, pour connaître la volonté de Dieu, c'est la volonté des supérieurs et celle du confesseur.

Cette marque est certaine el infaillible. L'obéissance a la promesse de Dieu qui ne peut pas tromper. Car il a dit : celui qui vous écoute, m'écoule, et celui qui vous méprise, me méprise. Cette manière de connaître la volonté de Dieu est plus sûre que les lumières intérieures el les mouvements du cœur, que les apparitions et les paroles célestes ; car le démon peut imiter celles-ci, et tromper ainsi l'âme; mais il n'y a pas de danger de se tromper dans l'obéissance. La raison de ceci est basée sur la parole de la Sagesse infinie qui voit tout ; sur la parole de la Fidélité infinie, qui ne trompe personne; sur la parole de l'Amour infini, qui gouverne el dirige l'âme obéissante avec le plus grand soin. Aussi longtemps que je reste obéissant, aussi longtemps je suis sûr que Dieu me fait connaître infailliblement sa volonté. Je perds celle assurance aussitôt que j'abandonne l'obéissance. C'est pourquoi quand on entend la volonté, la voix des supérieurs et celle du confesseur, il faut postposer toute autre chose, et prendre leur voix pour la voix de Dieu luimême ; oui, quand même on sérail entièrement assuré, selon

sa propre pensée, que Dieu veut que nous fassions ceci ou cela, cependant nous ne devons pas le faire, si cela n'est pas conforme à la volonté des supérieurs. Jésus disait un jour à sainte Thérèse, d'aller dans certaine ville, et d'y bâtir un couvent en son honneur. La Sainte se prépara aussitôt pour le voyage, mais elle n'y alla pas parce que le Provincial le lui défendit. On pourrait croire que cette conduite de la Sainte avait dû nécessairement déplaire à Dieu : non ! Dieu veut qu'on n'obéisse pas moins aux supérieurs qu'à lui-même; car il apparut une deuxième fois à la Sainte, la loua pour son obéissance, et il ajouta, qu'en récompense de celte obéissance à son Provincial , le couvent serait bâti quoiqu'elle n"y allât pas.

La deuxième inarque, pour connaître la volonté de Dieu, c'est: la règle de la maison que nous habitons; c'est la charge que nous avons ; ce sont les occupations que l'on nous donne selon la coutume et les habitudes de la communauté.

Celui qui habite dans une maison religieuse n'a pas besoin de faire beaucoup d'efforts pour connaître la volonté de Dieu. L'ordre journalier qui y règne, les devoirs de la charge qu'on nous y a confiée, les bonnes habitudes, les bons usages qui ont été introduits dans toute la communauté, tout cela sans exception se fait par la volonté de Dieu ; tout cela est dans l'ordre de sa volonté; et puisque Dieu nous a appelés à l'étal religieux, il veut donc aussi que nous passions nos heures et nos jours selon les règles, les bons usages et les bonnes habitudes de cet état. Si après cela nous avons du temps de reste, nous devons nous prescrire nous-mêmes un règlement pour ce temps, et le faire approuver par nos supérieurs. Cela étant fait, nous pouvons alors être certains que nous faisons la volonté de Dieu en toutes choses; et nous ne devons plus nous écarter de ce règlement, si ce n'est que l'obéissance, la charité, la nécessité ou une affaire imprévue demandât autre chose.

La troisième marque, pour connaître la volonté de Dieu, c'est la mortification.

Il y a en uous quatre choses qui s'opposent à la volonté de Dieu, et ces quatre choses, nous devons les dompter, les mortifier sans cesse : la sensualité, les aises du corps, l'honneur et l'estime de nous-mêmes; la sensibilité et la répugnance ; enfin la volonté propre et le désir de suivre en tout ses inclinations naturelles et ses vues particulières. Si vous voulez connaître quelle est de deux choses celle qui est la plus parfaite et la plus agréable à Dieu, examinez el voyez quelle est celle qui opprime et attaque le plus vos inclinations naturelles; lorsque vous l'aurez connue, vous ne pouvez plus douter de la volonté de Dieu ; car voici la doctrine que Jésus-Christ a laissée à ceux qui aspirent à la perfection : celui qui veut être mon disciple, qu'il renonce à soimême, qu'il prenne sa croix, et quil me suive. Mais dans ceci il faut observer la discrétion et excepter les circonstances suivantes : la lre, c'est la volonté des supérieurs; la 2% c'est la nécessité, par exemple, que les œuvres de pénitence, la privation dans le boire et le manger, dans le repos et les récréations nécessaires, ne doivent pas être trop grandes, ou sans discrétion, ou nuisibles à la santé, dans le temps qu'on ne se porte pas bien, qu'on a certaines infirmités; la 5e, c'est la charité el la convenance, par exemple, lorsqu'on ne peut pas s'abstenir de quelque chose sans faire de la peine aux autres. En toutes autres choses il faut observer la mortification comme la marque la plus certaine de la volonté de Dieu.

La quatrième marque, pour connaître la volonté de Dieu, c'est la charité.

La charité est la vertu principale, et il est certain que Dieu veut que nous la pratiquions préférablement à toutes les autres. Lorsque vous doutez laquelle de deux choses est la plus parfaite et la plus agréable à la volonté de Dieu, examinez alors laquelle des deux est la plus utile, la plus nécessaire au prochain et qui lui donne le plus de consolalion et de satisfaction. Lorsque vous l'aurez connue, vous pouvez alors être certain que cela est le plus parfait et le

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plus agréable à la volonté de Dieu, pourvu qu'il n'y ait rien d'opposé à la règle, à la conscience. Telle était l'habitude,

la pratique des Sainls. Pour consoler une personne affligée, ils ont quitté le doux repos qu'ils goûtaient dans l'oraison ; pour convertir un pécheur, pour l'excitera la pénitence, ils ont quitté les cavernes et les rochers où ils habitaient ; pour assister un malade, ils ont interrompu leur vie dure et leurs œuvres de pénitence. Il arriva un jour que saint François d'Assise, ce saint si éclairé de Dieu, avait jeûné sévèrement toute la journée, lorsque pendant la nuit on vint lui annoncer qu'un de ses religieux était malade, et que par amour pour l'abstinence il ne voulait pas manger de la viande qui Lui était fort nécessaire dans cet état. Que fait François? De suite il alla voir le malade, fil apporter de la viande, et la mangea avec lui pour le rassurer, le consoler et lui ôter la houle qu'il aurait éprouvée de la manger. Tout doit faire place à la charité; et lorsqu'on la pratique, on fait ce qu'il y a de plus parfait. Lorsque vous ne pouvez pas conclure laquelle des deux choses est la plus parfaite, ne vous en inquiétez pas, mais élevez votre cœur vers le ciel, et dites : ù mon Dieu, mon unique et souverain bien ! vous savez que je ne désire et ne demande autre chose que d'accomplir votre sainte volonté. Si je savais ce qui vous est le plus agréable dans les circonstances actuelles, à L'instant je m'y appliquerais de tout mon cœur. Après cela choisissez de deux choses laquelle vous voulez, et croyez certainement que vous agissez alors selon la volonté de Dieu.

Faire la chose la plus parfaite de la manière la plus parfaite.

II ne suffit pas de choisir toujours et en toutes circonstances ce qu'il y a de plus parfait, mais il faut encore le faire de la manière la plus parfaite. De cette manière on

fera chose agréable à Dieu, et le.> moindres actions auront un très-grand mérite : en voici les pratiques.

Première pratique.

Ne jamais commencer une action, avant de l'avoir rapportée à Dieu par l'intention la plus pure et par l'amour le plus pariait.

Après avoir reconnu ce qui est, dans les circonstances actuelles, le plus parfait et le plus agréable à Dieu, mettezvous en sa présence, et formez avec une grande ferveur un acte d'amour envers lui; réprimez toutes les vues et toutes les inclinations déréglées et offrez-lui voire action avec une intentioD très-pure. N'agissez pas avec empressement, car il n'y a pas de temps mieu\ employé que celui pendant lequel on agit pour l'amour de Dieu, que celui qu'on passe dans son amour. Et lorsque le cœur vous dit que vous ne cherchez que la volonté de Dieu, dans faction que vous avez en vue, alors remuez les bras et commencez votre action. 0 mon Dieu ! combien le nombre des saints serait augmenté, si toutes les personnes consacrées à Dieu avaient celle pratique sérieusement à cœur; quelle gloire nous attendrait dans le ciel, si nous faisions toutes nos actions dans cet esprit, seulement peudant une année!

Deuxième pratique.

Ne jamais faire une action superficiellement, avec légèreté et négligence, mais la l'aire toujours avec zèle et ferveur.

Nous devons faire chaque action , < ï i t saint Thomas d'Aquin, avec le même zèle et la même ferveur, que si toute la gloire de Dieu, le salut du monde entier et celui de notre âme dépendaient de cette action seule. Ces paroles disent beaucoup, mais elles sont cependant véritables et bien fondées. Par chaque action faite avec zèle et ferveur ou rend à Dieu une nouvelle gloire, et l'âme acquiert un nouveau degré de gloire pour le ciel, degré qui persistera

pendant toute l'éternité. Aucun zèle ne peut être trop grand pour ces deux desseins. C'est pourquoi saint Ignace ne pouvait rien moins souffrir que la négligence, la nonchalance, même dans les moindres actions. Il trouva un jour à la cuisine un de ses religieux qui s'acquittait avec une certaine paresse et une certaine négligence de la charge qu'on lui avait confiée. Iguace lui demanda pour qui il travaillait. Pour Dieu, répondit le religieux. Ainsi, répliqua le saint, vous méritez une grande punition, mon frère, puisque vous travaillez avec tant de nonchalance pour un si grand

bejgneur.

Troisième pratique.

Ne jamais commettre volontairement, dans ses actions ou ses occupations, un péché véniel ou une imperfection.

Ce qu'on offre à Dieu doit être entièrement pur, parfait et saint. Qui oserait présenter une mauvaise nourriture, une nourriture gâtée à un prince de la terre? Eu vérité, un tel présent ne nous attirerait pas ses bienfaits et sa bienveillance, mais au contraire sa haine et sa colère. Maintenant qu'est-ce qu'une action, une œuvre souillée volontairement par un péché véniel ou par une imperfection"? Elle est bien plus détestable aux yeux de Dieu, qu'une nourriture gâtée ne le serait à un prince de ce monde. Quel déplaisir et quelle indignation ne causerait pas justement à Dieu une telle témérité, avec laquelle on oserait offrir une semblable action à sa Majesté, à sa sainteté infinie? Faites donc en sorte, mon âme, que toutes vos actions soient pures, parfaites et saintes, car les yeux de Dieu sont bien trop purs, et son cœur est bien trop saint, pour qu'une action qui ne possède pas ces qualités puisse lui plaire. Avec une action souillée d'un péché véniel ou d'une imperfection, on ne peut pas paraître devant lui ; de telles actions ne nous attirent passa grâce et sa miséricorde, mais sa colère et son indignation.

Quatrième pratique.

Ne jamais oublier la présence de Dieu pendant nos actions, et ne jamais interrompre longtemps nos entretiens intérieurs avec lui.

Nous devons nous conduire comme cet ange qui accompagnait le saint jeune homme Tobie dans son voyage. Il marchait avec lui, il lui parlait de différentes affaires, lui donnait toutes sortes de bons conseils, traitait pour lui des affaires importantes, se trouvait aux noces; et dans toutes ces affaires, il ne perdait jamais de vue la présence de Dieu ; il marchait sans cesse en sa présence, le louait, le bénissait et lui était parfaitement uni. Notre vie, notre conduite doit être semblable à celle de cet ange. Tout ce que nous voyous, tout ce que nous entendons, tout ce que nous disons, tout ce que nous faisons, ne doit pas être capable de nous faire perdre la présence de Dieu. Pendant toutes nos actions nous devons le considérer, le louer, l'aimer, l'embrasser et jouir de lui dans l'intimité de notre cœur. On dit bien : celui-là prie toujours et est uni à Dieu, qui travaille toujours pour lui plaire ; mais cela est encore bien éloigné de ce qui est exigé d'une personne consacrée à Dieu. Cela peut suffire à une âme qui habile au milieu du monde, mais pas à celle qui s'est donnée à Dieu et qui aspire à s'unir intimement à lui. On n'en dit rien d'impossible. On a toujours trouvé de telles âmes et on en trouve encore. S'efforcer constamment et invoquer humblement le secours de Dieu, cela rend tout possible et facile. Un pieux frère de notre société était arrivé si loin dans les entreliens intimes et l'union avec Dieu, qu'il formait deux cents actes d'amour pendant le court espace de temps qu'il servait à table. Essayez, commencez avec courage, et en peu de temps vous ferez plus que vous n'avez cru possible. Quand la grâce s'est une fois emparée du cœur, on fait plus eu une heure qu'auparavant en toute une journée.

Deuxième exercice.

Une âme qui s'abandonne entièrement à la conduite de Dieu, doit très-fidèlement et très-saintement correspondre à toutes les inspirations de Dieu.

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