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De la douceur dans le commandement

Comment doit agir une supérieure, lorsqu'elle doit commander et régler quelque chose?

Pxéponse : Les auteurs ascétiques prescrivent les points suivants :

1° Elle ne doit charger personne au-dessus de ses forces. C'est pourquoi, avant de donner une charge, un emploi à une personne, elle doit bien examiner si cette personne a les forces et les capacités nécessaires à celte charge, à cet emploi. Si elle est dans le doute, alors elle doit interroger celte personne elle-même et croire à ses paroles. Elle doit de la même manière examiner les difficultés et les excuses que quelques-unes exposent contre un emploi ou un commandement; elle doit les écouter avec bonté, avec un cœur maternel ; elle ne doit pas les rebuter à l'instant, mais

elle doil leur laisser le temps pour examiner les choses plus mûrement et consulter Dieu à cet égard. Si malgré ces procédés de la supérieure, les inférieures persistent dans leurs opinions et dans leurs excuses, alors la supérieure doit les contenter, si la chose est possible.

2e La supérieure doit souvent changer ot alterner dans les emplois ou les charges. Il y a trois sortes de charges dans les maisons religieuses. Les unes sont importantes et honorables; les autres entraînent avec elles de grandes difficultés et des chagrius ; les troisièmes sont de moindre importance. Dans ces trois sortes de charges il faut souvent faire des changements : 1° dans les charges importantes et honorables, pour éviter la jalousie; 2° dans les charges difficiles et pénibles, afin de partager le fardeau ; 3° dans les charges de moindre importance, afin de donner aux inférieures l'occasion de pratiquer l'obéissance et de s'affermir dans l'indifférence religieuse.

3° Lorsqu'elle donne un commandement ou qu'elle impose une charge, elle doit le faire avec des termes doux et bienveillants, et plutôt par manière de prier que de commander. Cette manière maternelle avec laquelle elle agit fait beaucoup d'impression sur les esprits des inférieures, et leur rend l'obéissance facile ; au contraire, commander d'une manière sévère et hautaine, consterne les inférieures, et leur rend pesant un ordre même léger en soi. Si malgré cette douceur, l'une ou l'autre inférieure se plaint encore, la supérieure ne doit pas se fâcher, ni montrer son mécontentement, mais elle doil encourager l'inférieure par des paroles douces, et dire qu'elle sait bien que l'accomplissement de ce commandement doit coûter des peines, mais qu'elle espère que sa subordonnée supportera volontiers ces peines pour l'amour de Dieu.

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