‹ Maximes sur le ministèreChapitre 22 sur 48 · XI Y · texte numérisé non relu

XI Y

La diversité des sujets est renfermée dans celle énumération de l'Apôtre, instruire , reprendre , exhorter , consoler. Partout il faut avoir un but et y tendre.

XY

Les trois genres de l'éloquence se trouvent employés dans la chaire. Le délibératif, lorsqu'on exhorte à renoncer aux maximes du monde, et à embras-

ser celles de TEvangile ; le judiciaire , quand on reprend les plaisirs déréglés ; le démonstratif, en relevant la patience des martyrs , la pénitence des confesseurs , la consécration des vierges.

XYI.

Le pathétique domine dans les discours moraux , Fonction dans les mystères, l'élégance dans les panégyriques. Les mouvements y doivent être pourtant plus chrétiens que fleuris.

De Vhomélie,

La prophétie, dans le sens du nouveau Testament , est le don d'expliquer l'Écriture , selon l'analogie et la règle de la foi, sans y employer l'érudition grammaticale.

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L'homclie , qui est cette sorte de prophétie , est une explication simple et pieuse de chaque partie de Tévangile , ou de répîtrc du jour. Les Pères ont expliqué les livres de TEcriturc dans toute leur étendue , avec Tcxaclitude du dogme et avec l'onction de l'exhortation. Y auroit- 11 un inconvénient de les imiter ?

Il nous reste d'eux moins de sermons que d'homéhcs. Il n'en reste point des successeurs immédiats des apolrcs; leurs ouvrages se réduisent à quelques lettres Ht à des apologies. Leurs discours étoient courts, familiers, sans étude, souvent inspirés. Le don des miracles dans les prédicateurs , et la piété des auditeurs suppléoient à l'art. Pendant les persécu-

lions on tiroit Finstruction des souffrances.

L'homélie porte avec soi une bénédiction apostolique. Expliquez votre évangile, Tauditeursera content. Une homélie quoique foible , passera pour un sermon médiocre , et des homélies médiocres ont mis le ministre au rang des bonc prédicateurs.

Les homélies seront plus goûtées des gens de bien , que les discours réguliers ; mais elles seront moins courues. Elles nourriront plus la piété , qu'elles ne confondront le vice.

On y change quelquefois de matière à chaque verset. La diversion seroit importune , si le prédicateur , détourné de ses

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idées , n'ëtoit , par-là , utilement fixé à celle du Saint-Esprit. .

YII.

Dans l'homclie il faut d'abord marquer le temps, l'occasion, et les autres circonstances du sujet de l'évangile ; donner l'intelligence du texte ; rendre raison de l'application qu'en fait l'Eglise ; expliquer les usages de l'ancienne loi , et le rapport qu'elle avoit à la nouvelle ; enfin ne passer rien d'obscur sans Téclaircir.

YIII.

Si le texte est clair, l'explication est inutile. Il ne faut alors que des réflexions presque toujours morales, quelquefois dogmatiques , rarement naturelles et physiques, jamais critiques, à moins qu'elles ne naissent du sujet , et qu'elles ne soient utiles aux gens de lettres.

DE LA CHAIKE. lOI

Dans les paraboles, qui souvent sont le fond de Thomélie , on ne développe la lettre , que par rapport à Fesprit. Il faut moins s'attacher aux circonstances historiques , qu'au dessein de la parabole. Dès qu'on en a montré le but on en néglige la lettre.

Ce seroît une pratique utile et agréable aux fidèles de leur expliquer ce qu'ils ont le plus ordinairement à la bouche pour louer Dieu , l'oraison dominicale , le symbole des apôtres , certains psaumes. Les réflexions qu'on en tircroit se représenteroient quand ils le récitent.

Dans l'homélie il ne faut pas prétendre épuiser son sujet, la longueur en seroit

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ennuyeuse. Souvent sans forcer le sens , on réduit tout Fëvangile à un seul sujet et à une division régulière.

Les évangiles de toute une année ramènent les mêmes événements , et presque les mêmes termes. De tous les sens qu'on leur donne , il n'en est qu'un qui soit juste et véritable : on ne doit jamais s'en départir. Les redites sont du style de rÉcriture. L'Esprit saint s'en est servi pour inculquer les vérités.

Le pasteur qui auroit composé trois cours d'instructions, pour trois années, pourroit se borner là et les rendre périodiques. Il ne doit pas craindre que l'auditeur les rappelle , et s'en dégoûte. Luimême a besoin de temps pour les apprendre de nouveau. Ces discours par la

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suite deviennent plus forts ; et étant mieux appris , ils ont plus de grâce , et font plus d'impression.

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