‹ Maxwel drame en cinq actes et un prologueChapitre 10 sur 115 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

MAXWEL, puis GOULDEN.

MAXWEL, mettant sa main sur ses yeux.

O Rutten!... toi dont j’ai soutenu les premiers pas! toi, l’enfant aux cheveux blonds dont je fus le premier maître et le premier ami, quand, jeune homme déjà, je t’apprenais à épeler dans un 'vieux livre!... toi à qui j’avais voué l’amour d’un père!... (Pleurant.) O Rutten!... mon cher Rutten!...

GOULDEN, entrant en scène.

Qu’a donc ton frère?... Il sort d’ici chancelant... égaré...

MAXWEL, se remettant.

Oui !... par cette fenêtre... il a vu...

GOULDEN

Ah!... je ne le croyais pas capable d’une telle émotion.

MAXWEL.

Son cœur a tressailli, Goulden!... H rompt avec sa vie passée! il part pour l’Amérique!

GOULDEN

Lui!...

MAXWEL.

Puisse-t-il y recommencer une vie nouvelle!

Tout est possible!...

Il s’assied devant la cheminée et tisonne ; Maxvel se promène de long en large; lo bruit lointain de la foule se fait entendre. Maxvel va fermer la fenêtre.

MAXWEL.

Entends-tu cette foule? .

GOULDEN

Oui.

Nouveau silence.

MAXWEL.

Eh bien! tu as vu cette malheureuse? où est-elle?

GOULDEN

Elle deviendra folle !... Elle est partie sans vouloir accepter ce que je lui offrais.

MAXWEL.

Et ses enfants ?

GOULDEN

Le petit garçon est trop jeune pour comprendre ce qui se passe autour de lui; il pleure parce qu’il voit pleurer sa mère; la petite-fille est plus âgée ; elle ne pleure pas, elle; mais son regard m’a fait mal.

MAXWEL. .

Et tu ne comprends pas qu’un sursis n’aurait fait que prolonger leur supplice a tous? (Goulden no répond pas.) J’ai le cœur dans uu ctau, Goulden!

GOULDEN

Pourquoi?... tu as obéi à ta conscience! peut-être qu’après tout mes doutes ne sont que rêveries!... oublie-les !...

MAXWEL.

Tu verras, lu verras qu’avant de mourir il fera l’aveu de son crime !

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