SCÈNE III
MAXWEL, GOULDEN.
MAXWEL, se levant.
Que me veux-tu?... Je vois à l’air de ton visage, que tu sais déjà le nouveau malheur qui me frappe?...
GOULDEN
Celui que je viens l’annoncer est plus grand encore.
MAXWEL.
Dieu!,,, ma fille!
GOULDEN
Non !
MAXWEL.
Eh !... quel autre malheur peut m'atteindre? Va ! va !... j’ai épuisé toutes les angoisses et toutes les amertumes!... Je peux tout entendre!
GOULDEN
Sparck a dû te dire où j’étais cette nuit ?
Chez... mademoiselle Cécilia?
- GOULDEN
Chez Marthe ButllerJ... Tu t’es étonné sans doute, après ce qui s’était passé chez toi, de la voir donner cette fête?
MAXWEL.
Oui... je l’avoue.
COULDEN.
C’est moi qui l'y avais conduite en larmes, et qui avais exigé d’elle le suprême courage d’y sourire et de redevenir infâme ! -
MAXWEL.
Toi?
COULDEN.
J’étais sur les traces de l’assassin du comte d’Asfe^d !
MAXWEL, vivement.
Sur ses traces!...
GOULDEN
Et je l’ai découvert !
MAXWEL.
Dieu!... Je ne mourrai donc pas sans avoir fait justice !. .. ma vie ne sera donc pas inutile!... ah! j’avais tort de désespérer!... Que parles-tu de malheur ? voilà la première joie que Dieu m’ait donnée depuis quinze ans !
MAXWEL
GOl'LDEN, regardant fixement Maxwcl, après un silence.
Malheureux!...
MAXWEL.
Que veux-tu dire?... C’est chez Cécilia... (Après une pause.) Ah !... je frémis de comprendre!... oui!... quand on vole, on peut assassiner, n’est-ce pas?... c’est donc?. ..Oh! Dieu!... (a voix basse.) Le sait-ôu?... (Goulden le regarde.) Non !... ne nie réponds pas!... je suis un lâche!... Dieu le sait! cela suffit !... — Le nom du coupable 11e fût-il connu que de moi seul, c’est moi qui le crierais à la face du monde entier!... (Avec désespoir) Ail!... (il se laisse tomber sur un fauteuil près de la table, la tête enire ses mains. Gouldon va ouvrir la porte de droite. Rciuold entre en scène, suivi de Marthe, vêtue de deuil.)