‹ Maxwel drame en cinq actes et un prologueChapitre 28 sur 115 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

RUTTEN

As-tu l’argent?

WALDECK

Sur moi?... Diantre! je n’ai pas coutume de sortir avec de pareilles sommes 1

RETTEN.

Je t’avais pourtant recommandé...

WALDECK

Savais-je à qui j’avais affaire?... Quel inconvénient voyezvous à venir chez moi ?

RUTTEN

Tu es naïf! on peut m’y voir entrer?

WALDECK

Eli bien ! ne craignez-vous pas que vos Américains ne vous y relancent !... vous êtes devenu bien timide en Amérique! (Tirant un papier de sa poche.) Tenez! voici une traite tirée sur moi, de Francfort ; cela peut répondre à tout; vous n’aurez qu à changer la date, (il donne le papier àRutten.) Rien ne vous force d’ailleurs de venir ce soir.

llETTEN.

Eh ! ce soir !... je complais être loin de Munich !

WALDECK

Comment! déjà? pourquoi donc y êtes-vous revenu?

RETTEN.

Mais, tu le vois, pour en repartir.

WALDECK

Sans embrasser votre frère, votre nièce, votre neveu!...

RUTTEN

Quel neveu ?...

WALDECK

Le fils de votre sœur, je suppose.

RETTEN.

Que me contes-lu là? ma sœur est morte à Vienne, sans enfants.

WALDECK

Ma foi ! vous devez le savoir mieux que moi; mais ce que je sais, c’est que M. Maxwel a publiquement avoué l’enfant pour son neveu et l’a élevé comme tel.

RUTTEN, se rasseyant.

Tiens 1 tiens! voilà qui devient intéressant! et ce beau neveu se nomme?...

WALDECK

Du nom de votre sœur, Reinold Lehmann!

RETTEN.

Waldeek!... est-ce que mon frère aurait cache là-dessous quelque peccadille de sa vertueuse jeunesse?

MAXWIiL

WALDECK

Oh !...

RUTTEN

Pourquoi pas !... la chair est faible !... s’il eût recueilli un orphelin, un enfant abandonné, quel intérêt avait-il à le faire passer pour son neveu ?... Rb ! eh ! le point serait bon à éclaircir et pourrait bien changer mes résolutions.

WALDECK

Il est certain que si vous trouviez là un petit secret de famille à faire prospérer...

RUTTEN

Nonl... toute réflexion faite, il ne faut pas tenter le diable!... hier c’était possible, il est trop tard aujourd’hui; je partirai. Ainsi, c’est entendu? cinq mille florins?

WALDECK

Donnant, donnant !.... voici les... je veux dire votre tabatière.

RUTTEN

lit que veux-tu que j’en fasse? elle est mieux dans tes mains que dans les miennes.

WALDECK

Vous me la laissez?

RUTTEN

Tu sais bien que j’ai confiance en toi, vieux coquin !

WALDECK, mettant la tabatière dans sa poche.

C’est trop d’honneur que vous me faites !... (Sparck rentre en scène et glisse plutôt qu’il ne marche vers Rutton et Wahieck, sans en être aperçu.)

• RUTTEN

Tu demeures toujours sur la place du Vieux-Marché?

WALDECK

Toujours...

Comment entre-t-on chez toi ?

WALDECK

Vous frapperez trdis coups à la porte ; je saurai que c’est vous...

RUTTEN

A ce soir donc et prépare l’argent.

WALDECK

H sera prêt!

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