‹ Mazarin et ColbertChapitre 2 sur 56 · MAZARIN A L EVEQUE D ORANGE · texte numérisé non relu

MAZARIN A L EVEQUE D ORANGE

.■ De Paris, '20'^ raay 105G.

" Je vois par votre dernière lettre qu'enGn l'affaire des pierreries est achevée et qu'elles sont maintenant entre vos mains, à quoi je n'ai rien à répliquer, sinon que quand vous me les pourrez envoyer par quelque commodité assurée, bien empaquetées et cachetées, je serai bien aise de les avoir; quant à ce qui est du reçu, il s'en faut contenter comme il est.

« Le Roi vous a choisi pour aller en Catalogne exercer la charge de visiteur, et il faut que vous vous prépariez à partir au plus tôt. Vous aurez durant cet emploi mille livres par mois d'appointements qui vous seront payées ponctuellement , et je vous ferai donner outre cela un advisto di coslà pour votre voyage. »

.. De Compiègne, 2^" juin 1656.

'• J'ai reçu votre lettre du 28 de mai; quand vous aurez l'occasion de m'envoyer sûrement les pierreries, je serai bien aise de les avoir. »

u De La Fère, 6'' juin 1656.

« Ces lignes ne sont que pour accompagner le sieur Gravier, qui s'en va k Toulon pour avoir soin des galères et du tiers des prises et des armes, munitions et autres choses qui m'appartiennent et que le frère du sieur Colbert a laissées. Il agira sous vous pendant le peu de temps que vous avez à rester en Provence, et, après votre départ, il prendra la direction de toutes ces affaires-ltà. Je vous prie de le bien instruire et de lui faciliter, en tout ce qui pourra dépendre de vous, les moyens de bien servir. »

(1) Ces cinq cents hommes étaient des recrues pour le réjjimcut italien du cardinal.

:\lAZARliV ET COLBERT. 31

l'évèquk d'orangk a mazarim.

A Toulon, G" juin 1G56.

« Monseigneur,

« J'attends avec impatience quelque commodité assurée pour envoyer les pierreries à Votre Eminence, souhaitant fort de m'en décharger ; mais comme je ne dois pas les remettre, quoique bien empaquetées, à des personnes seules, à moins d'un ordre exprès de Votre Eminence à raison du péril qui se peut rencontrer dans le chemin, je suis dans l'attente de quelque main qui puisse les porter avec plus de sûreté et sans crainte d'aucun danger. i>

MA ZABI M A l/ÉVÈQUl'; d'oRAXGK.

» De La Fèrc, le 22«juin 1G56.

" 11 ne faut rien précipiter pour ce qui est des pierreries. 11 suffira de les envoyer lorsque vous trouverez quelque commodité bien asseurée, et vous vous souviendrez, s'il vous plaît, de les faire bien empaqueter et cacheter.

" Je dépêcherai au premier jour la personne que je destine pour aller à Toulon et vous manderai par le même moyen quand vous devrez partir pour aller en Catalogne. "

L' lî V È Q U K D ' 0 U A \ G K A M A Z A Kl \ .

.. A Toulon, S'' juillet 1656,

" Pour les pierreries, j'attendrai quelque commodité assurée, et je ne manquerai pas de les envoyer à Votre Eminence bien cachetées et empaquetées en forme de lettre. «

MAZARIN A l'ÉVÉQUK d'orAXGK.

. A La Fère, G'" juillet 1G56.

u Le sieur Gravier est parti, et je vous prie de le bien instruire avant votre départ pour aller en Catalogne. "

32 MAZARIX ET COLBERT.

l' É V" É Q U IC D ' 0 II A N G V. A M A Z A lî I \ .

« A Toulon, le 25" juillet 1G56.

a Monseigneur,

u J'ay trouvé tant de bonne volonté à M. le chevalier Paul pour effectuer les ordres de Votre Eminence, qu'il m'a promis de me remettre en main trois mille livres par le sieur Valpergues, bien qu'il n'ait pas encore touché la rançon des prisonniers siciliens. Je les retirerai de lui avant de partir pour Catalogne, et, suivant ce qu'il plaît à Voire Eminence m'ordonner, je les consignerai à part à M. le premier président (1), comme aussy tout l'argent qui me restera du particulier de Votre Eminence. Je lui remettrai aussi les pierreries; mais Votre Eminence me chargeant de lui montrer l'article de ma lettre par laquelle elle me le commande, il faut par conséquent qu'elle trouve bon que je lui fasse voir les pierreries et que j'en retire un reçu en bonne forme, et qu'après je les empaquette et les cachette en sa présence pour les lui laisser jusqu'à nouvel ordre de Votre Eminence; car, d'autre façon, mondit sieur voyant dans la lettre de Votre Eminence que je lui dois remettre les pierreries, ne voudroit pas s'en charger sans les avoir vues auparavant. D'ailleurs, nous sommes touts mortels, et, en cas d'accident, ceux qui viendroient après lui ou après moi pourroient dire que je ne lui ai livré que des paquets ou des papiers sans pierreries, ni rien, de manière qu'il est tousjours bon d'user de précaution, »

■^ A Toulon, 1'"'' aoust 1656.

« Sur l'avis que M. le premier président d'Oppède m'a donné qu'il avoit ordre de remettre les sept diamants à M. de Lesseins, comme j'ai su qu'il étoit allé à Marseille faire compliment à la reine de Suède, je les lui ai envoyés exprès en diligence bien empaquetés et bien cachetés par une personne confidente qui les lui a consignés et m'en a apporté un reçu que je garde vers moi.

(1) Henri de I-'orLiu d'Oppède.

AIAZARIM ET COLBERT. 33

Mondit sieur d'Oppède, après qu'il a ouvert le paquet et qu'il a vu les pierreries, ne les a pas voulu empaqueter de nouveau et cacheter, comme j'avois donné ordre à mon homme, parce qu'il prétend les faire voir à M. de Lesseins en les lui consignant; sur quoi je me persuade qu'il suivra les ordres qu'il a de Votre Eminence. »

MAZARIX A l'ÉVÊQUE d'oRAXGE.

« De La Fère, 3" aoust 1656.

u Je vous convie de nouveau de partir incontinent, la présente reçue; les dettes que vous pouvez avoir contractées à Toulon pour le pain des galères ne vous retiendront pas, puisque M. le premier président s'en rendra caution; et je vous réponds qu'en arrivant en Roussillon, vous recevrez d'ahord trois mille livres à'ajuto di costa et serez payé ponctuellement de vos appointements à raison de mille livres tournois par mois, suivant la lettre que j'écris pour cet effet au sieur Gombaud, laquelle vous trouverez ci-jointe.

u. Au surplus, il doit vous suffire que je sais vos services et ce que vous méritez, car vous connoîterez par les effets que je ne vous oublie pas et que je suis très véritablement, Monsieur, votre "

M. DE LESSEIXS A MAZARIN.

« A Avignon, le 7 aoust 1656.

« M. d'Oppède m'a donné un paquet que je porterai soigneusement à Votre Eminence. «

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