Résistanee aa moaTement des corps flottants
— Tout ce qui précède s'applique exclusivement à des corps solides entièrement immergés dans un fluide indéfini qui les environne de toutes parts. La question de la résistance au mouvement des corps flottants à la surface de Teau, bien qu'elle s'y rattache assez étroitement, en difïère toutefois assez pour que les coefficients numériques trouvés dans le premier cas ne soient pas applicables au second. Les conditions du mouvement relatif ne sont pas, en effet, exactement les mêmes. Si l'on suppose, par exemple, une plaque mince placée en travers et à la surface d*un courant, il se produira en amont de cette plaque un bourrelet liquide, en aval, surtout vers les angles, une dépression qui mettront en évidence la pression vive et la non-pression ; mais les trajectoires des molécules superficielles sont alors très différentes de ce que seraient celles des molécules déviées par la plaque si celle-ci était entièrement immergée.
Les données expérimentales manquent tout autant, sinon davantage, pour les corps flottants que pour les corps immergés ; en laissant de côté, toutefois, les très nombreuses observations faites sur les navires de mer, pour des formes tout-àfait spéciales.
973. Inflaeiiee de la lari^ear do eanal. — Un élémeut important de la résistance est le rapport de la section transversale A du corps flottant, à celle du courant, lorsque celleci ne peut être considérée comme indéfinie. Il a été montré par Du Buat que la résistance au mouvement d'un corps flottant augmente lorsque diminue la section transversale du canal, rempli d'eau en repos, sur lequel il flotte. Si Ton appelle û cette section transversale, A étant toujours celle du corps flottant, mesurée, bien entendu, au-dessous de la flottaison, le coefficient do résistance K du corps flottant sur le canal serait
lié à celui K^ du mémo corps sur un liquide indéfini par la relation
Si Ton suppose que la section transversale û du canal soit égale à 6,46 fois celle A de la section mouillée du corps flottant, la formule donne K = Kj : la résistance est la môme que sur un fluide indéfini ; elle ne diminue pas, bien entendu, audelà de cette limite, c'est à dire que celte formule ne s'applique qu'à des valeurs de û inférieures ou au plus égales à 6,46 A.
Si Ton suppose, au contraire, û égal à A ou à peine plus
grand que A, la formule donne, pour 7=^1
ce qui veut dire que pour faire mouvoir un corps solide dans un canal qu'il remplirait entièrement, il faudrait un effort 2,82 fois plus grand que pour le mouvoir avec la même vitesse dans un fluide indéfini. Sans aller jusqu'à celte limite extrême
une expérience de Du Buat où le rapport - est descendu jus-
qu'à 1,50 a donné un résultat très sensiblement d'accord avec la formule.
Les variations des coefficients de résistance ne sont pas d'ailleurs les mêmes dans un canal étroit ou sur un fluide indéfini: une proue effilée, ajoutée à un bateau prismatique, diminue d'autant moins sa résistance que le canal est plus étroit. « En eAVït, quand le corps en occupe toute la capacité, la résistance se réduit à refouler le fluide en avant ; cl dans ce cas, la forme de la partie antérieure est absolument indifférente à cet effet.* » Ne serait-ce pas à l'observation peut-être instinctive de ce fait que l'on pourrait attribuer l'adoption, pour la