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AVANT- PROPOS XXI

naître les premiers résultats qui doivent être publiés prochainement dans les Annales des ponts et chaussées. De cette première partie, il résulte que le coefficient de débit des déversoirs varie dans des limites beaucoup, plus étendues qu'on ne le supposait et que, par suite, les débits que l'on calculait avec un coefficient unique sont souvent fort éloignés de la réalité.

Après quelques exemples d'application des formules établies dans les paragraphes précédents, je continue l'étude des points singuliers des cours d'eau par celle du ressaut superficiel, d'après les travaux de M. Bazin et ceux de M. Boussinesq. La division des cours d'eau en deux catégories, les rivières et les torrents, s'y trouve faite d'après la distinction qui a été établie par ce savant, dans son Essai sur la théorie des eatix courantes. Le Chapitre III se termine par une étude très sommaire des tourbillons liquides d'après M. Boussinesq.

Le chapitre IV est consacré aux tuyaux de conduite. L'étude de l'écoulement dans les tuyaux est relativement simple, elle ne donne lieu à aucune particularité intéressante ; la seule difficulté consiste à choisir une formule qui donne la vitesse moyenne en fonction du diamètreet de la charge. Je cite un grand nombre de celles qui ont été proposées, avec les coefficients correspondants. En France on se sert, presque exclusivement, soit de celle de Prony, soit de celle de Darcy, ou des tables qui en ont été déduites. A l'étranger, au contraire, c'est la formule et les tables de Weisbach qui sont le plus usitées. J'en propose une autre, qui donnera le plus souvent des résultats intermédiaires entre celles-là; elle présente, en apparence, plus de complication, mais son emploi est rendu facile par les tables numériques que j'en ai déduites.

XXII HYDRAULIQUE

La résolution de quelques-uns des problèmes les plus ordinaires auxquels donne lieu rétablissement des tuyaux de conduite forme la partie la plus importante de ce chapitre qui se termine par une étude très sommaire des conditions de l'écoulement, c*csl-à-dire de la répartition des vitesses dans un tuyau circulaire.

L'étude des cours d'eau commence avec le Chapitre V. Elle se divise en deux parties principales, la première s'applique aux canaux découverts ou aux cours d'eau de section transversale et de pente constantes contenus dans un lit de forme invariable. Après y avoir donné les formules du mouvement uniforme, j'y étudie, d'après M. Bazin et M. Cunningham, la loi de la répartition des vitesses aux divers points de la section transversale, et, après quelques applications des formules spéciales, je considère le mouvement permanent varié, ou la théorie des remous d'exhaussement et d'abaissement; j'emprunte à Dupuit une grande partie de ce paragraphe, ainsi que du suivant où sont calculés les effets d'un étranglement ou d'un élargissement du lit.

La seconde partie de l'étude des cours d'eau, consacrée aux cours d'eau naturels, forme le Chapitre VI. Par opposition aux canaux qui font Tobjet du chapitre précédent, je considère alors les cours d'eau à fond mobile et les conditions nouvelles qui résultent de la mobilité du lit. Après avoir rappelé la loi primordiale exprimant l'équilibre des matériaux du fond, déjà énoncée par Guglielmini, je donne une explication sommaire de l'entraînement et de la suspension de ces matériaux, puis une théorie de l'équilibre des rivières à fond de sable d'après M. Lechalas. Abordant ensuite laquestionde l'influence de la forme des rives, je résume les importants

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travaux de M. Fargue sur ce sujet. Je ne pouvais avoir la prétention, dans ce seul paragraphe d'un ouvrage dont le programme comprend tant d'aulres sujets, de traiter d*une manière complète et détaillée l'importante question de l'amélioration des rivières; M. Lechalas a écrit, sur YHydraulique fluviale, un volume tout entier de TEncyclopédie, et M. Guillemain a aussi traité la question dans son Cours de navigation intérieure. Je devais donc, sous peine de reproduire ce qui avait déjà été publié par ces deux savants ingénieurs, me borner à des considérations générales, en quelque sorte théoriques, résumant, autant que possible, les lois applicables à tous les cours d'eau à fond mobile.

J'ai donc simplement constaté que la correction des rivières par l'établissement de digues longitudinales a les conséquences suivantes: l'abaissement des hauts fonds du thalweg; la diminution de la pente et l'abaissement de l'étiage vers l'amont.

Cet abaissement peut produire en amont, ou la chute des rives, si elles ne sont pas suffisamment protégées, ou bien des rapides raccordant l'ancien niveau avec le niveau abaissé. Ces désordres ne peuvent être évités que si Ton établit, dans le lit, des barrages de soutènement, ou seuils résistants, en des points convenablement choisis. La construction de ces seuils, dans le lit, peut d'ailleurs être complétée par l'établissement de hausses ou barrages mobiles augmentant le tirant d'eau et les chutes à racheter par des écluses.

Chacun de ces barrages de soutènement du lit localise en un point l'effet de la diminution de pente produite par le règlement des rives. Quand la pente est faible, on peut arriver à une solution définitive, sans écluses, en main tenant ainsi la pente naturelle dans chaque section de

XXIV HYDRAULIQUE

rivière après avoir régularisé les rives. Si au contraire la pente est forle, on laisse le nouveau tracé des rives produire son effet sur des sections séparées par de véritables barrages créant des chutes où Ton établit des écluses. Mais si, dans un cours d eau à forte pente, on place ces barrages [qui, construits d'ordinaire sur une partie seulement de la largfr^ur et alternativement sur chaque rive, portent alors le nom d*épis-noyés, assez près les uns des autres pour que le fond conserve sa pente générale, on arrive à créer une vitesse moyenne trop grande qui peut rendre le cours d'eau impraticable à la remonte.

A la suite de cet exposé sommaire, je donne, d'après Dupuit, dans un court paragraphe, les lois de l'écoulement souterrain, ou à travers des terrains perméables, et enfin, je termine ce chapitre, consacré aux cours d'eau naturels, par l'indication des méthodes de jaugeage : par l'observation des hauteurs, par déversoirs, par flotteurs simples et doubles, par bâtons lestés, par tube de Pitot ou de Darcy, par moulinet de Woltraann ou de Harlacher.

Le Chapitre suivant est consacré aux crues des cours d'eau, ou plus généralement au mouvement non permanent. Après avoir donné les équations générales de ce mouvement je résume les travaux de M. Kleitz sur les crues, et j'indique les méthodes approximatives qu'il a employées sur le Rhône pour l'étude de ces phénomènes. Je passe ensuite à la prévision des crues et, après avoir rappelé sommairement les travaux de Belgrand, j'indique les méthodes proposées et adoptées par M. Allard et par M. Mazoyer pour la prévision des crues de la Seine et de la Loire. Enfin je donne quelques idées générales sur la question de l'atténuation des effets des crues par des réservoirs, digues submersibles ou insubmersibles.

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