AVANT-PROPOS XXVII
qu'il s'agilau contraire d'un solide soumis à l'action d'un courant indéfini, elle ne peut plus donner que des aperçus qui doivent être complétés ou rectifiés par l'observation des faits. J'indique les tentatives théoriques de Poncelet et de Saint-Venant; puis j'emprunte à Du Buat des renseignements expérimentaux et en môme temps des vues qui, pour avoir été négligées pendant un siècle, ne me paraissent pas moins devoir conduire à la route sur laquelle on aura le plus de chances de trouver une solution satisfaisante. De nouvelles expériences, entreprises sous la direction de M. de Mas, permettront sans doute de faire un progrès marqué dans la connaissance des efiforts mutuels des liquides et des solides en mouvement relatif.
On voit, d'après ces indications sommaires, que la plupart des problèmes que Du Buat proposait dans son discours prélimînaire se trouvent aujourd'hui, sinon définitivement résolus, au moins pourvus d'une solution à peu près suffisante pour les besoins de la pratique. Toutefois, dans bien des cas encore, les formules ne sont guère qu'un masque qui recouvre notre ignorance ; il faut donc éviter de les employer sans discernement, ce qui n'a pas toujours eu lieu, et l'on pourrait peut-être, en paraphrasant la dernière proposition de Du Buat, dire aujourd'hui : « Tout le monde applique les formules de l'hydraulique, « mais bien peu de personnes les entendent. »
Le présent ouvrage est destiné aux ingénieurs, et l'un des problèmes les plus délicats qu'ils aient à résoudre est celui du règlement des retenues d'eau. J ai cru devoir donner, comme annexes, les lois, arrêtés, circulaires et instructions ministérielles relatives à cette question. J'y ai ajouté quelques considérations générales sur l'interprétation qui pouvait leur être donnée, et j'ai cherché à réagir contre la tendance naturelle que l'on peut avoir à
XXVIII HYDKAULIOUE
s'en tenir strictement à la lettre de ces recommandations administratives. Enfin j'ai pu, grâce surtout à des renseignements qui m'ont été obligeamment fournis par M. Sorel, donner quelques exemples d'ouvrages destinés au partage des eaux d'irrigation.
Un ouvrage d'hydraulique doit nécessairement être complété par des tables numériques ; les formules, si exactes qu'elles soient, sont presque toujours trop compliquées pour les besoins de la pratique; leur emplof donne souvent lieu à des tâtonnements ou à des pertes de temps par suite desquels elles sont abandonnées dès qu'elles ne sont pas très simples. Les tables calculées à l'avance, fournissant immédiatement, sans travail et surtout sans erreur, les solutions dont on a besoin, sont la seule forme sous laquelle les formules un peu compliquées puissent se faire accepter.
Je ne donne pas moins de 18 tables numériques, dont quelques-unes sont entièrement nouvelles. Môme dans celles dont les chiffres ont été empruntés à d'autres ouvrages, on trouvera des dispositions qui m'ont paru plus commodes, et qui sont destinées à en rendre l'emploi plus facile et plus expéditif ; j'espère qu'elles seront bien accueillies.
Je dois en terminant, exprimer mes rcmerciments à tous les ingénieurs qui ont bien voulu me fournir des documents et dont les noms se trouvent cités dans le cours de l'ouvrage. Mais je dois en outre un témoignage de reconnaissance tout spécial à M. Lechalas dont la collaboration m'a été précieuse. Sa connaissance approfondie des questions d'hydraulique fluviale, dont il m'a obligeamment fait profiter, m'a été de la plus grande utilité, ainsi que les renseignements bibliographiques nombreux et détaillés qu'il a bien voulu me fournir. Grâce à lui j'ai pu,