GÉNÉRALITÉS
i. Floides* — On donne, en général, le nom de fluide à un corps qui n'offre aucune résistance appréciable aux déformations, ou qui prend, de lui-même, la forme des corps solides avec lesquels il est en contact.
Si, à travers un pareil corps, on imagine une surface plane le séparant en deux parties, Teffort nécessaire pour faire glisser Tune de ces deux parties sur Taulre sera extrêmement faible.
On désigne sous le nom de fluide parfait un fluide idéal, dans lequel cet effort serait rigoureusement nul : il n'exisle pas, dans la nalure, de fluides parfaits, pas plus qu'il n'existe de solides indéformables. Il est cependant utile de considérer et d'étudier les lois de l'équilibre et du mouvement de ces corps fictifs, auxquels les corps naturels peuvent être assimilés avec une approximation qui, dans un certain nombre de questions, est suffisante. Il est toutefois à remarquer
â CHAP. I. — HYDROSTATIQUE.
que les fluides naturels diiïèrcnl, du fluide parfait que l*on vient de définir, assez nolablemenl pour que Tassimilation dont il s'agit ne puisse se faire que dans des cas assez restreints. Lorsqu'il s'agit d'en étudier le mouvement, il esl presque toujours indispensable, à moins que l'on n'ait à considérer que des mouvements très lents ou très limités, de faire entrer en ligne de compte Teflort qui serait nécessaire pour faire glisser l'une sur l'autre deux parties séparées par une surface plane fictive, menée à travers le fluide.
t. ^ittcoMllé. — Cet effort est ce que l'on appelle souvent la viscosité du fluide. Il peut être considéré comme une résistance tangentielle^ située dans le plan de glissement, et dirigée en sens inverse du mouvement. Il a donc une grande analogie avec le frottement des corps solides ; cette même dénomination de frottement lui est attribuée en même temps que celle de viscosité, et c'est celle dont nous nous servirons de préférence, bien que le frottement d'un fluide sur lui-même soit différent, à certains égards, de celui des solides.
8. liiqaldcM. ttas. — On sait qu'il y a, dans la nature, au moins deux espèces différentes de fluides : les liquides et les gaz. Les premiers sont caractérisés par l'incompressibilité et la constance du volume, à une température déterminée ; les autres, au contraire, sont compressibles et tendent à occuper toujours un espace plus grand, si Ton diminue la pression qui agit sur eux. On les appelle souvent, pour ce motif, fluides élastiques.
Nous nous occuperons d'abord exclusivement des fluides incompressibles, ou liquides. Un cbapitrc spécial sera consacré aux fluides élastiques.