CHAPITRE XXWm
les prix se fait inévitablernenl. L’inventaire général c|iii ne change pas n’est plus évalue 500,000, mais 600,000.
Rien n’est changé, c’est vrai, sur la face de la terre , mais un grand déplacement s’est opéré dans l’appropriation de l’inventaire général.
11 y avait 500,0(M) de hiens qui a|>partenaient dans des proportions différentes à un grand nombre de personnes ; mais dans ces 500,000 la banque d’émission ne possédait rien, si ce n’est son ca[>ital de fondation.
Les mêmes biens ont maintenant monté de prix, ils sont à 600,000, et la banque d’émission en possède 1 ,000, qu’elle ajoute à son capital de fondation. Un n’a pas augmenté d’un atome le capital général, mais la répartition en est changée. La banque d’émission s’est approprié un sixième de la monnaie, c’està-dire un sixcentième du capital général.
Et l’appropriation est complète. C’est plus qu’une acquisition, c’est une conquête. L’or supposé est aussi stérile que l’or vrai; il ne rapporte rien tant qu’on le garde. Pour avoir des profits, des intérêts, des plus-values, il faut s’en défaire, entrer rlans un
i;OR SUPPOSÉ ET I.’OR Al.TÉRfi
autre bien. Et, en effet, c’est ainsi qu’on procède, on agit avec l’or supposé comme avec l’or vrai, et la banque d’émission ne fait pas autre chose. Elle donne des billets, de la monnaie qui ne lui rapporterait rien et qui ne lui coûte rien, et elle reçoit, par contre, des lettres de change, des effets à ordre qui lui rapportent sur l’heure des intérêts qu’elle retient. Tous les jours elle perçoit des rentes, et des rentes anticipées sur un capital qui ne lui appartenait pas et qu’on n’a pas eu l’intention de lui céder.
La loi agraire partageait les biens pris sur l’ennemi. Les émetteurs d’or altéré et les émetteurs d’or supposé ne partagent pas les biens qu’ils prennent, et ils ne les prennent point sur l’ennemi.
Il a fallu des siècles pour qu’on cessât d’altérer la monnaie. En faudra-t-il pour qu’on renonce à l’or .supposé? La réforme sera plus difficile, car on ne croyait pas à l’or altéré, et on veut croire à l’or supposé. C’est une religion.