CHAPITRE XXXIX
L’OR SUPPOSK KT LA HAUSSE ItES PRIX
L’augmentation de la masse monétaire par l’or vrai nouvellement découvert, par l’or altéré, ou par l’or supposé, provoque la hausse de tous les prix.
Par elle-même, la hausse des prix n’a aucune importance. Tout augmente en proportion, donc rien n’augmente. Après un certain temps, il n’y parait plus, on s’habitue à des prix différents, on s’habitue à la monnaie dépréciée.
Oui, mais l’évolution ne s’accomplit que peu à peu, surtout pour certains prix. Il y a des prix en chiffres ronds consacrés par l’habitude qu’on a de
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la peine à modifier. Le prix du travail, que ce soit à la journée , à la semaine , au mois ou à l’année, est le dernier à hausser. On continue à toucher la même quantité de monnaie, mais cette monnaie est faible, dépréciée, elle paye peu ; il en faut plus qu’il n’en fallait pour vivre. On trouve que tout a renchéri, et cette fois on a raison.
Journaliers, fonctionnaires, commis, magistrats, tous ceux qui perçoivent des honoraires fixes, sont donc intéressés à ce qu’on ne découvre pas d’or nouveau, à ce qu’on n’altère pas la monnaie, à ce qu’on cesse de frapper de l’or supposé.