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SUPPRESSION DE L'INTÉRÊT

coite à faire vaut dès à présent autant que la récolte déjà faite.

Supprimer l'intérêt, c’est abolir tous les prêts, car qui voudrait donner 100 actuels pour ne recevoir que 100 dans l’avenir?

Supprimer l’intérêt , c’est proscrire toutes les ventes sous condition de rachat. On ne pourra plus acquérir seulement trois, dix, trente ans d’un capital ou d’un immeuble, il faudra toujours en acheter la perpétuité ou ne rien acheter.

Supprimer l’intérêt , c’est interdire l’échange du bien présent contre le bien futur, c’est arracher aux hommes toutes les espérances, toute l’énergie que leur donne un regard confiant jeté dans l’avenir !

L’intérêt n’est pas un attribut ni un priiilége du capital, c’est une différence entre deux capitaux, entre ce qui est plus grand, le présent, et ce qui est plus petit, le futur. Dépouiller le capital présent de la plus-value que lui donne l’actualité, relever le capital futur de la moindre value que lui donne l’attente est chose impossible. On peut détruire tous les capitaux le monde peut s’abîmer dans un chaos général, la pensée peut, a la rigueur, concevoir la

CHAPITRI- XIV

üuppression de toute propriété individuelle par la substitution d’un seul propriétaire; mais elle ne peut concevoir la suppression de l’intérêt, la confusion préméditée entre le jour d’aujourd’hui et celui de demain.

Lors même que la société humaine durerait des pluralités d’éternités, jamais on ne fera perdre au bien qu’on possède l’avance qu’il a sur le bien qu’on ne possède pas encore.

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