MECANISME DU SOUTENEMENT DU GRASSET
Le tonus statique des fessiers, extenseurs du fémur, maintient ouvert l'angle fémoro-tibial. :
Les ischio-tibiaux, agissant à la fois sur le fémur et le tibia, empêchent toute bascule du grasset en avant et maintiennent ouvert l'angle fémoro-tibial. Leur action sur le calcanéum produit l'extension du jarret qui, par l'intermédiaire de la corde fémoro-métatarsienne, reliant le fémur et le métatarse, entraîne ipso facto l'extension du grasset.
Le triceps fémoral étend le fémur sur le tibia. Au repos, son tonus statique suffit à maintenir la rotule sur la protubérance interne de la trochlée fémorale. La rotule trouve ainsi un point d'appui fixe, s'ancre en quelque sorte pour résister à la traction des ligaments tibio-rotuliens qui brident le grasset vers l'avant.
Par ce dispositif rotulien, une grosse 4lépense de force musculaire est évitée, Toutefois une légère contraction du triceps doit se produire pour fixer la rotule. En effet, la paralysie du nerf fémoral qui innerve ce muscle entraîne la flexion du grasset, et partant de toutes les articulations. La radiographie montre qu'au repos la rotule repose sur la trochlée fémorale. Mais, comme à partir de cette position de repos. une extension peut encore se produire, il existe certainement un espace libre derrière la rotule.
Le soutènement du grasset demande plus de force que celui du coude, son homologue au membre antérieur. En effet, le grasset n'est pas en équilibre instable comme le coùde. Les deux os qui le constituent sont obliques, et par suite les composantes osseuses de la pression verticale sont réduites. Ce sont les dispositifs statiques qui brident l'angle du grasset qui sont mis
à contribution, On comprend alors le grand déploiement de forces à cet usage. Les muscles travaillent avec de longs bras de force (le tibia par exemple pour les ischio-tibiaux). Les ischio-tibiaux arrivent à peser 13.700 gr., les trois fessiers 8.800 gr. et les extenseurs du triceps 7.500 gr. Au total, la masse musculaire qui affermit le grasset atteint 30 kg.
Malgré ce rassemblement des forces, le besoin de repos se fait sentir, surtout à la suite d'un travail soutenu, ou à cause d’une faiblesse. Si le cheval ne se couche pas, il s'appuie alternativement sur ses postérieurs. Le membre seul à l'appui se fléchit davantage sous l'augmentation de la charge ; et par suite du relachement musculaire concomitant les dispositifs purement tendineux se bandent, épargnant la fatigue musculaire.