SYNERGIE OÙ ANTAGONISME MUSCULAIRE
Tous les muscles concourent à la locomotion et s'aident réciproquement pour l'obtention du mouvement, si bien qu'il est impossible de parler de rôle antagoniste dans la locomotion.
Une action musculaire qui se développe déclenche la nain de muscles congénères pour renforcer le mouvement, celle de muscles antagonistes pour s opposer à la production de mouvements parasites ou fournir une insertion fixe en stabilisant un levier osseux. 6
Deux muscles sont congénères lorsque leur contraction simultanée peut provoquer le même mouvement. Les muscles pairs de l'économie sont congénères quand ils se contractent simultanément. |
On appelle muscles antagonistes d'un mouvement ceux qui sont suscep-= tibles par leur contraction de produire le mouvement inverse. Deux muscles peuvent être antagonistes das un mouvement, mais devenir congénéres dans un autre.
Ainsi le mastoïdo-huméral droit fléchit l'encolure et l'incurve à droite ; le splénius droit étend l'encolure et la fléchit à droite ; ces muscles sont antagonistes dans un mouvement longitudinal de flexion ou d'extension, mais congénéres dans un mouvement latéral d'incurvation,
On peut étudier le rôle des antagonistes par différents procédés, entre autres : par examen direct et palpation, photographie.
Dans le mouvement, le rôle des antagonistes est très important Ils interviennet pour immobiliser solidement les segments osseux qui doivent être insertions fixes d'autres muscles, en bloquant les articulations sollicitées à se mouvoir. Dans les mouvements lents, les antagonistes se contractent en même temps que lès muscles moteurs proprement dits pour assurer l'uniformité et la
précision du mouvement.
S'il s'agit de mouvements à vitesse variable, les antagonistes agissent comme modérateurs de la vitesse. Leur contraction est d'autant plus faible que la vitesse est plus grande. |
Dans les mouvements très rapides, les muscles moteurs se contractent brusquement pour donner l'impulsion puis se relachent, pendant que le mouvement se poursuit en vertu de l'énergie cinétique. Les antagonistes relachés dans la première phase du mouvement se contractent brusquement à la fin de celui-ci pour le freiner et l'arrêter, évitant*ainsi le choc douloureux des os ou: la distension brusque de l'articulation.
Toutefois, si le mouvement est arrêté par un obstacle extérieur, les antagonistes n'interviennent pas et la détente musculaire conserve jusqu'au bout son intensité. Ceci explique la violence des coups portés secs et la douleur moindre provoquée par les coups appuyés. On comprend aussi comment des lésions, articulaires peuvent se produire dans une détente trop brusque, les antagonistes ne freinant pas la fin du mouvement.
Dans les mouvements alternatifs rapides, les antagonistes contractés à la fin d'un mouvement deviennent les muscles moteürs du mouvement suivant et vice-versa. La mise en tension nécessitée par le rôle freinateur d'un groupe musculaire est donc utilisée directement pour donner l'impulsion au mouvement suivant. Elle est donc favorable à la vitesse de répétition du mouvement, et à son intensité. L'intensité de mise en tension est proportionnelle à sa durée, c'est-à-dire à l'élongation correspondante du muscle provoquée par la contraction de l'autre. On voit par là que pour obtenir un mouvement rapide et puissant, il suffira d'allonger le muscle moteur au préalable, directement par la contraction du muscle antagoniste ou indirectement par tout autre moyen extérieur.
Le rôle des muscles antagonistes n'est qu'un cas particulier du principe universel de l'action et de la réaction, si exploité dans la conduite et surtout le dressage du cheval.
Tout mouvement obtenu par l'effet des aides provoque la mise en ‘tension des antagonistes de ce mouvement dont ja contraction ultérieure ainsi suscitée se trouve à l'état potentiel. Par une synergie de contraction musculaire antagoniste qui affecte un groupe de muscles plus ou moins étendu, le cheval pourra répondre aux aides du cavalier, Suivant que le cavalier aura voulu cet effet antagoniste où non, le cheval obéira ou résistera.
La locomotion du cheval, on l’a vu, met en jeu le fonctionnement de muscles antagonistes divers dans le but final de l'impulsion. Si bien que l'on ne peut guère parler d'effet antagoniste dans le cadre général de la locomotion du cheval libre. Par contre, chez le cheval monté et non adapté à sa fonction, tous les muscles ne concourrent pas harmonieusement au mouvement sous le cavalier. Certains sont défaillants, d'autres même s'opposent directement au mouvement. La cessation de cet antagonisme d'opposition ou de défaillance marque le but premier du dressage : rétablir l'équilibre physiologique détruit.
Le Travail du Muscle diffère suivant le mode de contraction. On distingue des contractions statiques, des contractions avec raccourcissement et des contractions freinatrices.