B) PERIODE DE SOUTIEN
La période de soutien se décompose en deux phases distinctes ; phases de raccourcissement et d'allongement.
a) Raccourcissement :
Il résulte : ?
1° d’une flexion maxima des phalanges sur le métatarse (l'angle postérieur du boulet se ferme);
2° d'une légère flexion du canon et du fémur entrainant la fermeture simultanée du jarret et du grasset et celle de la hanche (de 0 à 1).
De 1 à 2, le fémur et le canon se fléchissent fortement, entraînant la fermeture consécutive de tous les angles articulaires, sauf celui du boulet qui
commence à s'ouvrir par extension des phalanges.
b) Allongement :
Commencé par l'ouverture du boulet, il se poursuit par celle du jarret et du grasset, sous la seule influence de l'extension du tibia (2 à 4).
L'angle coxo-fémoral par contre en est encore au maximum de fermeture,
Au moment du poser, les jointures du boulet, du jarret, du grasset en sont à leur limite d'ouverture par le seul fait de l'extension du tibia et des phalanges. d
Le rayon digité tend même à devenir horizontal pour porter le sabot loin en avant.
c) INTERPRETATION
De l'étude de ces décalques, il est possible d'indiquer le rôle et le moment d'action des muscles.
Dans l'amortissement, les angles articulaires tendent à se fermere et les muscles opèrent par contraction freinatrice. La fermeture des articulations gagne de proche en proche, de haut en bas.
Au boulet, les tendons suspenseurs et fléchisseurs (le perforé plus que le perforant) se tendent et bloquent l'affaissement. Le suspenseur agit passi-
vement : les tendons fléchisseurs de même, grâce à leurs brides ligamenteuse: tarsienne et calcanéenne. La bascule du pâturon sur le sabot faisant appa raître un angle à sinus postérieur relâche le perforant. La détension des ten dons suspenseurs du boulet le fait remonter en haut et en avant.
La tension du perforé et des jumeaux s'oppose à l'affaissement du jarre en maintenant le métatarse étendu sur le tibia. La contraction des ischio tibiaux par le moyen de la corde du jarret aide au maintien de l'ouverture d cet angle.
La contraction du triceps crural gêne la fermeture du grasset en limi tant la flexion du tibia sur le fémur. La tension de la corde fémoro-métatar sienne fixée au grasset empêche également cette flexion du tibia.
La fermeture de l'articulation coxo-fémorale par plus grande obliquit du fémur et abaissement de l'ilium allonge les fessiers dont la contractio: s'oppose à cette fermeture. |
De même, les ischic-tibiaux fournissent un travail résistant en opéran une traction sur le fémur et le tibia pour bander l'angle du grasset, en tiran la pointe de l'ischium vers le bas pour freiner la descente de l'ilium.
L'obliquité accrue de l'ilium et sa descente résultent de la cessatio de contraction des psoas et des abdominaux, qui dans le soutien avaient fléct le fémur en voussant les lombes par redressement de l'ilium. L'action de extenseurs du rachis viendra ajouter à ce mouvement de l'ilium l'extension de lombes,
Ainsi, durant l'amortissement, tous les angles articulaires se fermen sous l'action de la pesanteur et de la force vive. L'action des muscles pre pulsifs ne peut se concevoir par une détente des articulations ; elle doit s réduire à une action de levier. Les muscles intrinsèques du membre ont un quement un effet amortisseur ; les muscles extrinsèques agissent à la fois comm amortisseurs et propulseurs.
Les ischio-tibiaux poussent l'ischium en avant ; «cette poussée se com pose avec l'énergie cinétique pour donner une résultante qui attire l'iliu en avant et en bas.
Les adducteurs agissent comme les ischio-tibiaux. Les fessiers étenden non pas le fémur, mais tout le membre qui oscille autour du sabot. La cavit cotyloïde du coxal soumise à la poussée du fémur vers l'avant et à la fort vive se déplace dans la direction de la résultante de ces deux forces. De : flexion du fémur, on ne peut donc conclure à l'inactivité motrice des fessier Pour éliminer toute influence étrangère, autre que la contraction musculaire, faudrait pouvoir fixer les mouvements des rayons osseux à partir de la static rassemblée. À ce moment peut-être, la force vive et son effet fléchisseur éta supprimés, verrait-on le fémur s'étendre.
L'appareil imaginé par Le Hello semble confirmer cette manière de vo: Cet appareil est composé de tiges articulées figurant les rayons osseux actionnées par des ressorts simulant les ischio-tibiaux et les fessiers. La mi en tension des ressorts par l'obliquité de la tige-postérieur vers l'avant décle: che l'oscillation de la tige et propulse l'appareil. Le mouvement est comparab au pivotement du postérieur du cheval.
| Une autre preuve de l’action motrice. des fessiers et ischio-tibiaux est ournie par la comparaison des chronophotographies du pas et du trot. Au as l'amortissement est moindre et le fémur s'étend beaucoup plus tôt qu'il 1e le fait au trot.
En résumé : dans la phase d'amortissement, la propulsion s'opère par oscillation du membre à l'appui sous l'action. de muscles extrinsèques et de énergie cinétique.
Au trot l'amortissement empiète sur la phase de rotation, La rotation st à la fois passive et active : passive sous l'influence de l'énergie cinétique, ictive par redressement des rayons osseux aptes à porter le corps en avant.
La détente des tendons suspenseurs du boulêt restitue l'énergie cinétique mmagasinée, élève le boulet et fait pivoter le rayon digité. Les ischio-tibiaux t les fessiers poursuivent leur action de levier ; les adducteurs, moins bien lirigés, voient leur effet propulsif diminuer.
Le triceps crural peut sans doute contribuer au redressement du fémur ur le tibia.
La détente $e produit plus ou moins tardivement et dure plus ou moins, suivant l'allure et la vitesse. Presque tous les muscles propulsifs entrent en eu. > La contraction des fléchisseurs du pied élève le boulet, le porte en ivant. Àu moment du lever, elle produit la bascule du sabot sur la pince et ‘élévation des talons. Ce mouvement ancre la pince au sol et développe un ffet de détente et de rotation appréciable. Le tendon perforant s'en trouve urchargé. Dans les efforts de tirage, le sabot garde longtemps cette position ; a contraction du perforant étant énergique et durable peut conduire à un ‘laquage du tendon, claquage dit d'impulsion.
Les jumeaux ouvrent le jarret, aidés par la traction des ischio-tibiaux ur la corde du jarret. La contraction des jumeaux porte en outre le jarret np avant par une action de levier. Indirectement, la corde fémoro-métatarsienne endue par l'ouverture de cet angle opère l'extension du fémur.
Les ischio-tibiaux étendent le grasset en redressant le fémur et le tibia ‘un sur l'autre, et poussent toujours l'ischium en avant: les fessiers ouvrent ‘angle coxo-fémoral, aidés en cela par les ischio-tibiaux. Le triceps crural (les deux vastes) étend le grasset. ,
L'extension du grasset se répercute dans le jarret (voir corde du jaret).
Ainsi, la phase de détente rassemblant toutes les forces propulsives du nembre est de beaucoup la plus importante de l'appui,
Au soutien, les fléchisseurs des phalanges fléchissent fortement les halanges sur le boulet : le degré de flexion peut être tel que la face inférieure lu sabot regarde en arrière ou même en haut. Cette flexion outrée du rayon ligité économise la dépense musculaire qui serait nécessaire à la flexion des utres articulations pour produire un égal raccourcissement du membre. Touteois, par une forte flexion des articulations supérieures, suivie d'une extension apide qui jette le membre en avant, le cheval utilise la force vive ainsi emmajasinée à la production d'une longue enjambée. Ce, mouvement est très net
chez les trotteurs ; les poids placés sur les sabots antérieurs n'ont pas d'autre but qu'augmenter la force vive, étendre et tirer le membre en avant, allonget la foulée.
Le tibial antérieur fléchit le canon. Les ischio-tibiaux, le poplité remontent le tibia en fermant le grasset. La fermeture du grasset accentue celle du jarret (corde fémoro-métatarsienne).
Les psoas et le fessier superficiel fléchissent le fémur sur l'ilium.
L'allongement débute par l'ouverture du boulet sous l'action des extenseurs des phalanges qui étendent le rayon digité.
Le triceps crural, aidé par le tenseur du fascia-lata, fléchit le fémur er étendant le grasset. Le mouvement d'extension gagne le jarret. L'extenseu antérieur des phalanges ouvre également l'angle tibio-métatarsien. Les adduc teurs fléchissent ie fémur avec l'aide des psoas et du droit antérieur de |: cuisse. L'angle coxo-fémoral re s'ouvre qu'au moment du poser par relâche ment de la contraction de ces muscles.