A) LES MAINS
Les mains agissent par l'intermédiaire des rênes prolongées par l'embouchure du mors et du filet.
Les rênes réalisent l'union bouche du cheval-main du cavalier et transmettent les mouvements réciproques de l'une à l'autre.
L'action des mains modifie les incurvations sagittales ou horizontales de l'encolure, avec répercussion sur ceiles du dos-rein. Comme les mouvements du dos-rein ont un effet prédominant dans les ralentissements ou accélérations d'allure, dans les changements de direction, l'action des rênes est proportionnelle à leur emprise sur les incurvations du dos-rein.
Cette emprise est conditionnée par la flexibilité de la tige vertébrale et par la solidarité des mouvements du rachis. L'absence de résistance physique ou morale et la présence de la tension neuro-musculaire permettent cette flexibilité et cette solidarité : le dressage les favorise, l'impulsion les accroît.
L'effet des rênes est amplifié par l'action de l'embouchure qui prsse
sur les barres la langue ou les commissures de lèvres. Suivant la forme de l'embouchure, la pression se répartit inégalement sur ces trois régions. Le filet tire surtout sur les commissures labiales, le mors presse sur les barres beaucoup plus sensibles. L'action du mors s'accomplit au moyen d'un levier interrésistant ; le point d'appui est au montant de la bride, la résistance sur les barres et la force agit aux branches du mors. La gourmette fixe le point d'appui en pressant sur Ja sous barbe : plus elle est serrée, plus sa pression est forte et douloureuse, moins le point d'appui est mobile: l'efficacité du mors en est accrue. La longueur des branches agit dans le même sens. L'eftet utile des rênes sur le mors augmente avec leur direction plus perpendiculaire! sur les branches.
La différence d'action des rênes du mors et du filet tient, l'effet douleur mis à part, dans leurs rapports avec la tige cervicale ; les rênes du filet croit sent l'encolure plus haut que celles du mors. e.
L'action des rênes est facilitée par la pression douloureuse du mors! sur les barres. Toutefois, cette douleur ne peut expliquer les multiples effets des rênes. |
Faire dépendre l’action des rênes de la sensibilité de la bouche ou de la brutalité d'une embouchure est une erreur simpliste. Le mors n'est que l'expression douloureuse des rênes: il force seulement l'obéissance à leur action. La bouche en elle-même na pas l'importance que lui ont accordé les hippiâtres. Sa valeur dans la conduite du cheval ne vient que du jeu de res= sort amortisseur de l'articulation tête-maxillaire inférieur.
La soit disant sensibilité des barres n'est que la manifestation de l'harmonieuse sensibilité de l'équilibre musçulaire du cheval. Cette sensibilité permet la flexibilité du rachis et la solidarité de ses mouvements qu toutes deux conditionnent une action des rênes efficace et légère.
Ces deux qualités s'obtiennent et se développent par le dressage.
Etudier l'action des mains revient en somme à étudier l'intervention des rênes dans les incurvations sagittales et horizontales du rachis.