Description des montres de poche
C’est ici le lieu de faire connaître la construction de ces machines ingénieuses , devenues aujourd’hui si commuues , qui nous servent à mesurer le temps , et qu on appelle montres de poche. On se rappelle que le principe moteur de ces horloges est un ressort roulé
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sur lui-mèiue , et logé dans un rylindre ou tambour, qu’il fait tourner en se développant , et par le moyen duquel il communique le mouvement à toutes les pièces du rouage. On a expliqué par quelle admirable invention on était parvenu à régulariser le développement de ce ressort. On doit se souvenir que la fusée repose par sa base sur une roue dentée , qui tourne avec elle , et met en mouvement toutes les autres pièces. Les choses sont disposées de manière que le ressort fait faire à la fusée une révolution sur elle-même en quatre heures de temps. Le pignon que mène cette roue , n’ayant que le quart du nombre des dents de la roue, fait donc un tour en une heure. L’axe de ce pignon porte l'aiguille des minutes , qui fait ainsi le tour du cadran dans l’espace d’une heure.
La fusée comme on l’a expliqué plus haut , ne suffisant pas pour donner au développement du ressort toute la régularité nécessaire , on a ajouté un balancier dont les palettes s’engagent alternativement entre les dents obliques d'une roue , qui s'appelle roue de rencontre. Celle-ci a un nombre impair de dents , afin qu’il n’y ait jamais qu’une palette du balancier qui soit engagée à la fois , et quelles soient ainsi poussées successivement , et l’une après l’autre. Le balancier est sans cesse ramené par un petit ressort délié, tourné en spirale , et qui lui fait faire des oscillations continuelles. Le nombre de ces oscillations est ordinairement de 17280 dans une heure.
La roue des minutes fait , comme on a dît , un tour entier dans le temps d'une heure ; et comme c’est la force dont elle est animée , qui doit imprimer le mouvement au balancier , on lui donne à mener plusieurs
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roues et pignons , dont les dents et les ailes sont calculées de manière à produire l’effet désiré. Les pignons sont au nombre de trois, et il y a quatre roues en y comprenant la roue des minutes dont le nombre des dents n’a point encore été déterminé. Or si l’on applique ici la règle établie pour trouver le nombre des tours de la dernière roue pendant que la première en fait un , on voit que les ailes des trois pignons , et les dents des quatre roues doivent être tellement combinées , qu’en divisant le produit des dernières par celui des autres , on trouve pour résultat le nombre 17280. Mais cela peut se faire d’un grand nombre de manières différentes; et l’on serait par conséquent ici dans un assez grand embarras , si l’on ne faisait attention qu’un pignon ne peut guère avoir moins de six ailes , ni une roue plus de cent dents. En donnant donc six ailes à chaque pignon , notre diviseur sera 216 : et en multipliant par là le nombre 17280, on aura 3732480 , qu’il faut décomposer en quatre facteurs tous plus petits que 100. Un court tâtonnement donne pour ces facteurs ou les nombres 48 , 36 , 4 o et 54 > oubien les nombres 34 , 48 , 48 et 3 o. On peut donc donner 48 dents à la roue des minutes , 36 à la roue suivante , 4o à la troisième , et 27 seulement à la roue de rencontre , parce que chaque dent de celle-ci fait faire deux oscillations au balancier. La seconde combinaison de dents serait également bonne. On aurait trouvé d’autres nombres , si l'on avait donné aux pignons un nombre d’ailes différent. Voilà donc déterminé tout ce qu’il faut pour que le balancier fasse en une heure de temps le nombre d’oscillations convenu.
S’il n’y avait dans une montre que les pièces dont on
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vient de parier , la montre ne marquerait que les minutes, ou les sous-divisions de l'heure, sans faire connaître l’heure elle-même. Il fallait donc d’autres roues, dont le mouvement fvtt suffisamment ralenti , pour que la dernière ne fit une révolution entière qu’en douze heures de temps , ou un demi-jour. C’est à quoi l’on est parvenu par le moyen de deux autres roues et de deux pignons cachés sous le cadran. Sur l’axe de la roue des minutes est fixé un premier pignon qui tourne avec cette roue , et qui engrène dans une autre roue située à côté du pignon , et dans le même plan. Celle-ci porte le second pignon , qui mène à son tour la seconde roue placée au-dessus de la roue des minutes , et qui est percée à son centre d’un trou rond , pour laisser passer l’axe de cette dernière roue. Sur le bord de ce trou circulaire, est soudé un cylindre creux, ou canon qui est destiné à porter l’aiguille des heures. Par ce moyen les deux aiguilles sont libres et indépendantes , et elles tournent sur le cadran autour du même centre.
Tout ce qui reste à faire pour achever la construction de notre montre , c’est de déterminer le nombre des dents des deux dernières roues , et celui des ailes des deux pignons, pour que le premier pignon faisant un tour en une heure , la dernière roue n’achève son tour qu’en douze heures de temps. Or il y aurait encore pour cela bien des moyens. Il est vrai qu’ici l’on est assujetti à une condition particulière, c’est que la distance des centres du premier pignon et de la première roue doit être la même que celle du second pignon et de la seconde roue; ce qui fait que les nombres à choisir pour les deux , doivent être peu différens entre eux. Ainsi l’on fera les pignons l’un de dix.
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«îles , et Vautre «le douze : les roues auront , Vune 4o dents , et l’autre 36. Par ce moyen la dernière roue ne fera cpi’ura douzième de révolution dans une heure , c’est-à-dire , quelle achèvera une révolution entière , et «jue l’aiguille quelle porte fera le tour du cadran en douze heures de temps. Telle est la imposition ordinaire des montres , et l’on doit concevoir actuellement comment ces petites machines peuvent servir à donner la durée des différentes parties du temps.