Du Cric
Il y a beaucoup de machines dans la composition desquelles entrent les roues dentées. Une des plus communes et des plus utiles c’est le cric. Celle-ci se Compose d'une lame de fer armée de dents comme un rateau. Un pignon engrène entre ces dents , et se meut au moyen d’une manivelle. Le fardeau qu’il faut ‘ soutenir ou élever , est supporté par la tête de la barre de fer , ou par un talon dont elle est garnie à sa partie inférieure. La puissance étant ici appliquée à la poignée de la manivelle , et la résistance se faisant sentir contre les ailes du pignon qui engrène le rateau , on a donc pour l’équilibre ; la puissance est à la résistance , compte
4oo Deuxième Section. Chapitre XI.
le rayon du pignon est au rayon de la manivelle. S» ces rayons sont dans le rapport d’u» à dix , un effort
de dix livres soutiendra un poids de cent livres. Mais comme le fardeau doit ordinairement être soutenu à une certaine hauteur pendant un temps plus ou moins long , et que la force de l'homme s’épuise assez promptement , on empêche le rateau de rétrograder , au moyen d’un cliquet qui s’engage dans les entailles d’une espèce de roue qui est portée par l’axe du pignon.
Lorsqu’on veut avoir un cric plus puissant, on ajoute une roue dentée et un second pignon ; et alors la puissance est à la résistance, comme le produit des rayons des deux pignons est au produit du rayon de la roue par le rayon de la manivelle. Dans ce cas le fardeau s’élève avec plus de lenteur.
L’avantage que la puissance peut tirer des roues dentées , paraît être illimité. Mais il fout observer qu’outre l’obstacle qu'oppose le frottement qui va croissant avec le nombre des roues , l’extrême lenteur avec laquelle on obtient par ce moyen l’effet désiré , est un motif suffisant pour ne pas multiplier cette sorte de roues au-delà d’un certain nombre , au moins lorsqu elles sont employées pour mettre en mouvement une résistance donnée.
Deuxième Section.
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