‹ Mécanique physique ou traité expérimental et raisonné du mouvement et de l'équilibre considérés dans les corps solidesChapitre 122 sur 130 · Du frottement sur les plans · texte numérisé non relu

Du frottement sur les plans

Le frottement .sur le plan incliné ne présente aucune difficulté. Lorsqu’il est question de faire monter un corps le long d'un plan de cette espèce , il faut que la' puissance surmonte non-seulement la pesanteur relative du corps , mais encore la résistance du frottement ; et celle-ci est déterminée par la pression que supporte le plan , et elle en est ou le tiers , ou le quart suivant les circonstances. Si donc la puissance agit parallèlement à la longueur du plan , elle devra être égale à la somme de ces deux résistances , pour être sur le point de produire du mouvement.

Si un corps étant posé sur un plan incliné ( fig. g 4 ) » on combine la pesanteur qui le sollicite , avec la résistance du frottement , qu’on peut assimiler à une force active agissant parallèlement à la longueur du plan , et équivalente à une certaine partie de la pesanteur , on trouvera facilement la résultante de ces deux forces dont les grandeurs et les directions sont connues. Si l’on décompose ensuite cette résultante en deux , dont l’une soit parallèle , et l’autre perpendiculaire au plan , l’on aura pour la première , qui est celle à laquelle la puissance doit faire équilibre dans la direction qu’on lui a supposée , la même valeur que ci-dessus.

Considérons encore un plan horizontal ( fig. 92 ). En cherchant de même la résultante du frottement et de la pesanteur , et supposant que la puissance agit (dans une direction perpendiculaire à cette résultante,

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on reconnaîtra que pour faire mouvoir un corps sur tuf plan horizontal , la direction la plus favorable est celle qui fait avec le plan un angle d’environ dix - huit 'degrés : ce qu’il est bon de savoir pour déterminer la ligne de traction dans les voitures qui ont à traîner de gros fardeaux. Cette observation nous apprend aussi que quand il s’agit de faire mouvoir un corps le long d’un plan incliné , la direction parallèle au plan n’est pas la plus avantageuse à la puissance ; mais bien celle qui est perpendiculaire à la résultante de la pression et du frottement.

Si le frottement nuit à la puissance lorsqu’il faut produire du mouvement , il la sert au contraire lorsqu’il s’agit de s’opposer à ce mouvement. Ainsi comme l’observe M.' l’abbé Marie , une simple cheville qui frotte contre l’arbre d’un moulin , suffit pour annuler toute l’impétuosité de l’eau ou du Vent. On sait avec quelle rapidité augmente le frottement d’une corde qui s’enroule sur un cylindre : il suffit de quelques tours t pour que cette résistance soit supérieure aux plus grands efforts. En général lorsqu’il s’agit de l’équilibre , la puissance peut être moindre de toute une quantité égale à la valeur du frottement , sans que l’équilibre Soi| rompu } ou que la résistance l’emporte.

Deuxième Sectiox.

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