‹ Mécanique physique ou traité expérimental et raisonné du mouvement et de l'équilibre considérés dans les corps solidesChapitre 31 sur 130 · Des aérolithes · texte numérisé non relu

Des aérolithes

ta résistance des milieux étant proportionnelle au quarrc de la vitesse, il suit , que quelle que soit la force qui pousse un corps de bas en haut , il- est tout-à-fait impossible que ce corps s’éloigne de la terre au-delà d’une certaine limite toujours peu distante de la surface du globe , vers lequel il est ensuite ramené par la force triomphante de la pesanteur. Pour qu'un corps pût échapper à l’attraction terrestre , il faudrait qu il fût poussé avec une vitesse bien supérieure à celle que peuvent communiquer les agens que nous connaissons ; et lors même qu’une cause quelconque lui aurait im-

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■primé cette extrême vitesse , la résistance de l’air serait alors si grande, que cet obstacle aurait bientôt affaibli , ot même totalement détruit l’effet de cette impulsion.

Les corps qui sont dépendans de notre terre , ne cessent donc jamais de lui être soumis ; et elle ne peut rien perdre de? ce qui lui appartient. Il parait qu’il n’en est pas de même de la planète de la lune , s’il est vrai qu’il faille reconnaître comme lui ayant appartenu , les pierres qui tombent parfois sur la terre. Ce phénomène météorologique ou, si l’on veut, astronomique semble • aujourd’hui parfaitement constaté. Des pierres de différente grosseur , et dont quelques-unes se sont trouvées peser plus de cent livres , sont tombées au travers de notre atmosphère en des temps et en des lieux différens. Toutes ces pierres comparées entre elles ont paru de même nature , et contenir les mêmes principes. Leur composition est étrangère à notre globe ; et l’on assure qu’il ne s’en trouve pas de pareilles , ni à la surface ,

- ni dans l’intérieur de la terre , quoique les principes dont elles sont formées , nous soient parfaitement connus , et soient répandus indistinctement sur notre planète. Ces pierres en outre paraissent avoir éprouvé l’action du feu : au moins leur surface est noircie , et comme calcinée.

On a imaginé divers systèmes pour rendre raison d’un phénomène aussi extraordinaire , et long-temps regardé comme un erreur populaire. Parmi ces systèmes il en est un qui établit que ces pierres sont d’origine lunaire. Les astronomes pensent depuis quelque temps qu’il existe des volcans dans la lune ; et il y a en effet quelques observations qui semblent en prouver l’existence. Cela étant , l’on suppose que ces volcans peuvent

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lancer des corps avec une vitesse assez grande , pour les soustraire au pouvoir de La lune et les faire passer sous l’empire de la terré.-

Il est certain que les corps qui sont à la surface de la lune , lui sont soumis par une force semblable à celle qui soumet à la terre les corps qui sorit à sa surface. Il y a une pesanteur lunaire , comme il y a une pesanteur terrestre : les corps qu’une force quelconque pousse loin du centre de la lune , y sont sans cesse rappelés • *p.1r cette puissance. Mais la pesanteur étant le résultat de l'attraction, et celle-ci dépendant de la masse attirante , il suit que la force de la pesanteur est moindre sur la lune que sur la terre , parce que la masse de la lune est beaucoup plus petite que celle du globe terrestre. En second lieu , il est reconnu que l’atmosphère de notre satellite est beacoup plus rare que notre air, et quelle s’élève au plus à quelques centaines de pieds ; tandis~que l’atmosphère de la terre a une hauteur de quinze à dix-huit lieues.

On conçoit donc d’après ces considérations , qu’il est possible qu’un corps lunaire soit lancé par un volcan avec une vitesse assez grande , pour arriver , malgré le retardement que sa pesanteur lui fait éprouver , au-delà du point où les attractions de la lune et de la terre sont égales. Alors c’est notre globe qui s’emparera de ce corps, et qui l’amenera vers nous avec une vitesse toujours croissante , mais que ralentira ensuite la résistance de notre atmosphère. En arrivant près de la terre ces corps pourront paraître lumineux et incandescens , comme on l’a observé quelquefois , à cause de leur extrême vitesse , et du frottement violent qu’ils «prouvent dans notre air. On la calculé , que pour

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qu’un corps fut ainsi perdu sans retour pour le globe «le la lune, il suffisait que sa vitesse initiale fût le <]ua r druple de celle que la poudre à canon peut imprimer aux corps terrestres : ce qui ne paraît pas hors de vraisemblance.

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