RATURES
Stalles d'orchestre. 2e
rang.
à l'extérieur. ..
Pendant les actes un courant d'air
1er acte
froid très-vif s'établit de la scène vers la salle. Il est assez sensible pour
1er entr'acte.. .
agiter les plumes des chapeaux des
2e acte
dames.
2e entr'acte
La fumée de la poudre se répand
3e acte
dans toute la salle et provoque une
3e entr'acte
toux presque générale.
4e acte
A l'amphithéâtre supé
rieur.
à l'extérieur ... ! 6h 45'
La fumée se répand dans toute la
salle.
1er acte | 7 35
Entr'acte | 8 5
2eacte \ 8 55
Entr'acte | 9 0
3eacte J g55
Entr'acte \ 10 10
4eacte j 11 10
Entracte....,.! 11 20
5e acte J 11 45
Au fond du parler]
à l'extérieur . .
Les spectateurs placés au fond du
avant le lever
parterre sont incommodés par l'arri-
du rideau. . ..
vée d'un courant d'air froid au-dessus
1er acte
de leur tête.
Entr'acte | 8 5
ii'. m i 8 25
2eacte J 8 4Q
Entr'acte j 8 55
3eacte j 9 4Q
Entr'acte \ 9 55
4e acte 10 20
Entr'acte 11 10
5e acte H 45
i>85. Conséquences des observations précédentes. — Ces observations de température présentent des résultais assez remarquables et qui mettent bien en évidence le vice des dispositions adoptées pour ce théâtre.
Celles du 2 mars, faites par un spectateur placé au second rang des stalles d'orchestre, montrent d'une manière très-nette que l'alimentation d'air nouveau se fait à ce théâtre, pour la plus grande partie, par la scène. Un courant gênant, froid et assez vif pour agiter les chapeaux des dames assises à ces places se produisait pendant les actes et maintenait alors à cet endroit la température à 18 ou 19°.
Pendant les entr'actes, au contraire, la toile étant baissée et l'arrivée d'air de la scèn« interrompue ou gênée, malgré la sortie d'une partie du public et l'ouverture des passages, la température montait immédiatement à 21 et 22°.
Les observations faites le 3 mars à l'amphithéâtre supérieur, et le 5 mars au fond du parterre, signalent des inconvénients différents. A partir de 9 heures, la température au parterre et à l'amphithéâtre s'est élevée à 28, 29 et même 30°, tandis qu'à l'extérieur elle était de 15° à 15°,5, ce qui correspond à une augmentation de 13 à 14°. Il est donc à craindre que l'été, lorsqu'à l'extérieur l'air sera le soir à 20°, la température intérieure n'atteigne 35°.
Malgré l'élévation de la température au fond du parterre, les spectateurs sont incommodés par l'arrivée de l'air qui afflue par les orifices ouverts dans la paroi du fond ; ce qui confirme l'opinion que nous avions émise au sujet des arrivées d'air nouveau par le fond des loges (nos 506 et suiv.).
L'on remarquera que, pendant les entr'actes, une grande partie des spectateurs sortant, et, les portes des loges et des couloirs restant ouvertes, il se produit chaque fois au fond du parterre et à l'amphithéâtre un abaissement de température de 4 à 5°, mais qu'aussitôt la renlrée du public, le thermomètre recommence à monter dans ces parties de la salle, tandis qu'il baisse à l'orchestre par suite de l'affluence de l'air venant de la scène.
584. Inconvénients et conséquences de V insuffisance des passages de l'air nouveau. — Tous ces effets montrent que , dans ce théâtre, l'entrée de l'air nouveau ne pouvant pas se faire en quantité suffisante par des orifices convenablement disposés et le versant dans la salle à une température proportionnée à celle de l'air extérieur, tandis qu'au contraire l'appel de l'air vicié conserve encore une énergie notable, malgré la restriction énorme apportée à la consommation du gaz dans la coupole, il se produit de la scène vers la salle un courant d'air froid très-désagréable. Ce courant est d'autant plus intense, que le fond de la scène est en communication directe avec une cour inférieure ouvrant dans la rue. Malgré l'interposition d'un immense panneau à coulisse, destiné à masquer cette communication, il arrive sur la scène un volume considérable d'air froid qui l'aurait transformée en une véritable glacière si l'hiver avait été plus rigoureux. Il serait nécessaire de fermer et de couvrir complètement cette cour, dont il n'avait été donné nulle indication à la Commission lors de la discussion du projet. Si elle ne peut être couverte, il faudrait la munir de doubles portes et la chauffer énergiquement. Sans cette précaution, le séjour aux places d'orchestre et d'avant-scène ne sera pas supportable pendant un hiver rigoureux.
585. Effet de l'omission d'une cheminée d'évacuation spéciale pour la scène. — Enfin le projet approuvé par la Commission comprenait page 56, art. 11 et le dessin joint à notre rapport représente une cheminée d'évacuation spéciale à la scène et qui devait servir pour le cas des combats simulés, où l'on brûle parfois beaucoup de poudre. Des becs de gaz devaient y être allumés au moment convenable, afin d'y déterminer un appel assez énergique pour produire l'évacuation de la fumée.
Cette cheminée n'a pas été construite, et dès lors, ainsi que cela était facile à prévoir, l'appel qui se fait de la scène vers la salle a tous les inconvénients que nous avions voulu éviter.
La nouvelle pièce que l'on joue depuis quelques jours en fournit un exemple des plus désagréables pour les spectateurs : au moment des combats figurés, la fumée se répand dans toute la salle et y devient vraiment intolérable.
Si l'on avait suivi les indications que nous avions données, après de longues discussions, on aurait assuré par les entrevoux des divers étages de loges, par les orifices ménagés autour du cadre du rideau, une abondante alimentation d'air pour l'intérieur de la salle, dans laquelle il ne serait alors arrivé que peu d'air venant de la scène. D'une autre part, l'action de la cheminée spéciale de ventilation de la scène, mise en jeu un peu avant le moment des grandes combustions de poudre, aurait déterminé dans cette partie un mouvement ascendant préalable, auquel les gaz auraient obéi dès leur développement, et l'inconvénient de la fumée aurait été très-atlénué, s'il n'avait pas même été tout à fait évité.
L'économie que l'administration de la ville de Paris a cru devoir réaliser en adoptant des dispositions incomplètes pour le théâtre du Cirque, où les difficultés étaient les plus grandes, n'a donc abouti qu'à rendre bien peu profitables, si ce n'est à peu près inutiles, les dépenses encore très-considérables qui ont été faites; car, malgré l'énergie de l'appel que pourrait produire l'éclairage splendide qu'on y a installé, le volume d'air nouveau admis et le volume d'air vicié extrait sont insuffisants pour empêcher la température de s'élever au fond de la salle en hiver à 29 et à 30°, et la fumée des combats figurés infecte la salle.
En même temps qu'une partie des spectateurs éprouve ces inconvénients, d'autres, aux places d'orchestre ou au fond du parterre, ressentent d'une manière désagréable l'arrivée d'un air trop frais.
D'une autre part, les modifications que le directeur de ce théâtre s'est permis d'introduire de son autorité privée ont contribué pour beaucoup à altérer encore l'effet des dispositions déjà incomplètes qui ont été prises.
S86. Observations sur l'éclairage. — Enfin, en faisant installer à grands frais dans ce théâtre des appareils puissants d'éclairage, l'on s'était proposé de le doter d'une grande abondance de lumière propre à rehausser l'éclat du spectacle! Le nombre des becs consacrés à la salle seule était de
608 becs pouvant consommer 0m> 868 — — 0
c,100 à l'heure, ou ensemble 60m-< ,150 — — 190
Total par heure... 255m,<
1506 becs.
Par des réductions successives, le directeur de ce théâtre a diminué la consommation, et par des relevés faits du 1er août au 20 décembre 1862, il a été reconnu que le volume de gaz dépensé ne s'est élevé, pour 142 soirées, qu'à 42 692 mètres cubes; soit par soirée de 5 heures, 307ra-c,697, ou par heure, 61m,c,539, ou 0,24 de la consommation primitive.
D'après un autre relevé authentique fourni par la compagnie générale d'éclairage au gaz de Paris, la consommation pendant les mois de janvier et de février 1863 n'a été pour la coupole que de 17 044 mètres cubes en 59 jours, ou de 288 mètres carrés par jour; soit 57m,c,06 par heure, ou 0,226 de la consommation primitive.
Tout en blâmant l'économie exagérée que la direction du théâtre a apportée à la dépense de gaz, on peut se demander si, pour obtenir la lumière que produit la consommation de 60 mètres cubes de gaz, en passant à travers un plafond de verre dépoli, qui absorbe au moins 0,30 de celle qui est développée, et avec des appareils placés à une distance qui est au moins une fois et demie celle à laquelle aurait pu être établi un lustre ordinaire de 200 à 250 becs, consommant 40 à 50 mètres cubes de gaz par heure, il est avantageux pour la ville d'avoir fait la dépense d'une semblable installation. Cela me semble douteux, et le seul résultat réellement utile de la grande consommation de gaz, qui devrait être faite normalement, me paraît se réduire à l'activité qu'elle donne à la ventilation. Mais cette même activité pourrait être, je crois, obtenue par des moyens plus économiques.
C'est dans ce sens que, pour les constructions futures, je crois devoir appeler l'attention de l'administration sur cette partie de la question, en ajoutant que, pour l'éclairage comme pour le chauffage et la ventilation, un contrôle régulier de la marche des appareils est également nécessaire. Les libertés grandes que prennent MM. les directeurs de théâtre démontrent surabondamment que ce n'est pas à eux que ces branches du service doivent être confiées.
587. Conséquences générales des expériences sur la ventilation des nouveaux théâtres. — Des expériences que nous venons de rapporter, et que des circonstances indépendantes de notre volonté ne nous ont pas permis jusqu'ici de multiplier autant que nous l'aurions voulu, Ton peut conclure :
1° Que l'ensemble des dispositions prises dans ces théâtres pour l'évacuation de l'air vicié fonctionne comme l'avait espéré la Commission ;
2° Que les arrivées d'air nouveau par les orifices concentriques à la rampe, à fleur du plancher de la salle, ne sont pas acceptables ;
3° Que l'arrivée de l'air par les entrevoux d'une hauteur convenable, ayant pour l'été des communications faciles avec l'air extérieur, est un moyen certain d'y faire affluer le volume d'air nécessaire selon les saisons;
4° Que l'introduction de l'air nouveau par le cadre du rideau et par le tympan qui le recouvre peut être aussi très-utile, en ayant soin de ne disposer les orifices du cadre qu'à 6 ou 7 mètres au-dessus du sol de la scène;
5° Que la manœuvre des appareils pour proportionner l'activité de la ventilation, selon les saisons et le nombre des spectateurs, ne présente aucune difficulté qu'un chauffeur attentif ne puisse surmonter.
Mais, en même temps, il résulte aussi des faits signalés que
le service de ces appareils ne doit, dans aucun cas, être soumis à l'action des directeurs de théâtre, et qu'il doit être fait en régie ou par abonnement, au compte de la ville, sous la surveillance d'un contrôle continu qui constate si les conditions du service sont remplies. Ce n'est qu'à cette condition que l'on pourra être assuré que les sacrifices considérables faits par la ville pour l'amélioration de ces théâtres ne l'auront pas été en pure perte.
L'administration de la ville de Paris, éclairée par l'expérience de la saison d'hiver de 1862—63, prendra sans doute les mesures nécessaires pour mettre un terme à l'abus que MM. les directeurs des théâtres faisaient de la trop grande latitude qui leur avait été laissée. Un contrôle spécial, indépendant de la direction des théâtres, a été tout récemment organisé et servira à connaître les résultats obtenus et les améliorations à introduire. Il sera sans doute suivi de mesures plus efficaces.
588. Observation sur les consommations de gaz réellement faites dans les nouveaux théâtres. — Après avoir cherché à me procurer des renseignements aussi exacts que possible sur les consommations de gaz faites dans les coupoles de ces théâtres, et dont la chaleur est en partie utilisée pour produire l'appel, j'ai eu recours à la Compagnie générale d'éclairage de la ville, qui seule pouvait me fournir des chiffres authentiques à l'abri de toute contestation. Les résultats qui m'ont été transmis sont consignés dans le tableau suivant, et j'y ai ajouté en regard les consommations qui devaient résulter des nombres et des proportions des becs établis, ainsi que le rapport des consommations réelles aux consommations maxiina.
consommation de gaz d'eclairage faite dans les nouveaux théâtres de paris pour l'éclairage de la coupole.
DESIGNATION
des théâtres.
Lyrique.
Du Cirque. ., De la Gaîté.
NOMBRE