VOLUMES D'AIR. VICIÉ
VOLUMES
évacues
NOMBRE
d'air vicié
de
évacues
par
par
spectateurs
par heure.
place
spectateur présent.
présents.
23 mai 1863..
Effets comparatifs des cheminées latérales d'appel et de la cheminée de la coupole. — Si l'on relève séparément dans le tableau précédent les volumes d'air évacués par les deux cheminées latérales chauffées à la houille, qui produisent l'appel de l'air vicié au parterre qui vient déboucher par la cheminée de la coupole, on peut en former le tableau suivant :
KOTES.
VENTILATION
de l'orchestre et du parterre.
VENTILATION
du i" 2e 3e et 4e étage.
DATES
Volumes
d'air évacués.
Consommation
de
houille.
Volumes
évacués.
Consommation de gaz
kil.
23 mai 1863...
Moyennes
L'on remarquera d'abord que la direction du théâtre ayant complètement fait fermer les cheminées d'appel de l'orchestre et du parterre, supprimé les feux dans ces cheminées, cette partie du public a été privée des effets de la ventilation qui, pour toute la salle, ne s'élevait plus en moyenne qu'à 38 547 mètres cubes par heure, au lieu des 51 000 mètres cubes demandés, et encore aurait-il fallu pour obtenir ce résultat exercer une surveillance qui empêchât d'ouvrir les portes de la coupole.
Quoique la ventilation de l'orchestre, parles cheminées qui lui sont destinées, soit en grande partie l'effet de l'action naturelle des différences des températures extérieure et intérieure, l'on n'en voit pas moins qu'une très-faible consommation de charbon, de 300 kilogr. au plus et de 200^,71 en moyenne par soirée, peut suffire pour lui donner une grande énergie, même dans des soirées très-chaudes, et bien que les cheminées et leurs foyers paraissent avoir des dimensions trop restreintes. L'on a peine à comprendre que, pour réaliser une si mince économie, un directeur de spectacle prive le public d'un renouvellement d'air qui peut s'élever à environ 40 mètres cubes par heure et par place de l'orchestre et du parterre.
L'on remarquera enfin que le chiffre maximum de 300 kil. de houille à consommer par heure dans les cheminées du
parterre est précisément celui que nous avions indiqué dans le marché passé avec le constructeur.
Quant à la ventilation des premier, deuxième, troisième et quatrième étages, qui est due en très-grande partie à la chaleur développée par le gaz d'éclairage, si les 390 mètres cuhes de ce gaz, qui sont consommés par soirée, ne servaient qu'à la ventilation, comme ils coûteraient, à 0f,15 le mètre cube, 58f;50 par soirée, on conçoit que ce serait une ventilation un peu trop chère. Mais l'on pourrait, je crois, par de meilleures dispositions et en entourant les appareils d'éclairage d'enveloppes mieux closes, moins vastes et surtout beaucoup moins conductrices, obtenir des effets égaux, avec une dépense considérablement moindre.
Il convient d'ailleurs de faire remarquer, comme je l'ai indiqué au n° 522, qu'il y aurait, dans tous les cas, économie et grand avantage à faire aussi affluer dans les deux cheminées latérales, chauffées à la houille, l'air vicié des baignoires de la première galerie et des premières loges. Outre la diminution de dépenses qui résulterait de l'emploi de la houille, l'on y trouverait la facilité de donner au besoin, dans la saison des chaleurs, une plus grande activité à celte partie des appels, tandis que celle qui dépend de l'éclairage est à peu près constante ou ne peut être accrue que d'une manière dispendieuse. A cet effet, il serait nécessaire de donner à ces cheminées et à leurs foyers des dimensions supérieures à celles que nécessiterait le service d'hiver.
Influence des grilles qui offrent des passages trop restreints. — L'augmentation que l'on remarque dans le volume d'air vicié évacué le 30 mai, par rapport aux autres soirées, provient en partie de la suppression momentanée d'une partie des grilles, qui sont placées au bas des conduits d'évacuation de l'air du quatrième étage.
Ces grilles, qui offrent beaucoup trop de parties pleines et ne laissent qu'un passage libre très-inférieur à la section des conduits correspondants, nuisent beaucoup à l'évacuation.
Pour les expériences du 30 mai, j'ai fait enlever la moitié seulement de ces grilles, et les volumes d'air évacué par les conduits correspondants ont été, par cette simple modification , accrus immédiatement dans le rapport de 1 à 1,75 et à 1,80, sans qu'il en soit résulté aucune dépense. L'on voit, par cet exemple, combien il importe de disposer les grilles, qui terminent tous les conduits, de manière qu'elles laissent, toutes les fois que cela sera possible, un passage libre égal ou même supérieur, à cause de la contraction, à la section de ces conduits ou qu'au moins ce passage ne soit pas inférieur aux 0,75 de cette section.
Vitesses d'évacuation de l'air vicié dans les conduits. — Dans le rapport de la Commission, nous n'avions compté pour ces conduits que sur une vitesse de 0m,90 à lm,00, et les valeurs des vitesses observées, pendant les expériences de la fin de mai dernier, montrent que cette estimation a presque toujours été très-notablement dépassée, puisque, même pendant les actes, où la consommation du gaz est excessivement res-^ treinte et ne s'élève parfois qu'à 51mc,8l par heure, au lieu de 167rae,55 qu'elle est pendant les entr'actes, la moyenne des vitesses d'évacuation observées a été :
Au 1" étage 1-,31
Au 2= étage 1 ,37
Au 3e étage 1 ,32
Au 4e étage 0 ,95
Variations d'intensité de V éclairage pendant les actes et pendant les entr'actes. — Les effets scéniques exigent souvent que, pendant les actes, l'éclairage delà salle soit considérablement restreint, et l'économie engage encore plus les directeurs à exagérer cette réduction. Pendant les entr'actes, au contraire, l'une des distractions du public étant d'examiner l'intérieur de la salle, l'on donne à la lumière beaucoup plus d'éclat.
Ces différences très-sensibles étant produites par une consommation plus ou moins grande de gaz, j'ai dû chercher à en constater les effets sur l'activité de la ventilation, et d'abord
j'ai fait reconnaître les proportions des consommations de gaz pendant les actes et les entr'actes.
Les résultats de ces observations sont consignés dans le tableau suivant :
observations sur les consommations du gaz d'éclairage dans la coupole du théâtre-lyrique pendant les actes et pendant les entr'actes.
NUMÉROS des
actes.
VOLUMES
de gaz consommés par heure.
NUMEROS
des entr'actes.
VOLUMES
de gaz consommés par heure.
Pièce jouée : Oberoii m.c.
Moyennes.
Rapport des consommations des entr'actes à celles des actes, 166,92 -40T-3'76
Pièce jouée : Faust.
30 mai.
Moyennes.
Rapport des consommations des entr'actes à celles des actes,
L'on voit par ces résultats que la consommation de gaz, pendant les entr'actes, excède celle qui se fait pendant les actes dans les rapports de 3,00 et de 3,75 à 1,00.
J'ajouterai que les mêmes observations ont montré que la consommation moyenne de gaz faite dans la coupole par heure avait été :
Le 27 mai de 8omc,17
Le 28 79 ,91
Le 29 90 ,58
Le 30 77 ,72
Moyenne 83-c,34
D'une autre part, des relevés qui m'ont été communiqués par la Compagnie générale d'éclairage de Paris constatent que du 1er au 26 mai, la consommation totale de gaz faite pour la coupole s'était élevée à 490 mètres cubes par jour ou 80 mètres à 90 cubes par heure, selon que l'allumage durait six ou cinq heures, ce qui se rapproche beaucoup de l'estimation précédente et de celle que j'ai admise au n° 598, et montre de nouveau que ladirectionde ce théâtre réduit la consommation de gaz à 0,30 environ de ce que peuvent fournir les appareils établis par la ville de Paris.
Influence des variations précédentes sur la ventilation. — L'on comprend facilement que des différences aussi considérables dans les consommations de gaz faites dans la coupole de ce théâtre doivent apporter dans la température qui s'y établit, et par suite dans l'énergie des appels exercés pour produire l'assainissement de la salle des divergences très-sensibles et nuisibles à la régularité des effets à obtenir.
C'est ce que constatent deux genres d'observations différents.
Pendant les expériences sur les volumes d'air évacués, nous avons à diverses reprises, pendant les actes et les entractes, observé la température qui s'établissait dans la cheminée d'évacuation et à laquelle l'énergie de l'appel était liée.