‹ Mécanisme de la physionomie humaine; ou Analyse électro-physiologique de l'expression des passionsChapitre 34 sur 70 · MUSCLE DE LA FRAYEUR, DE L'EFFROI · texte numérisé non relu

MUSCLE DE LA FRAYEUR, DE L'EFFROI

cutanés précédents de l'homme, hérisse les poils sous l'influence de la frayeur.

Cette émotion pénible de l'âme paraît produite par l'idée d'un danger, par une apparence, par un jeu de l'imagination abusée. On ne voit pas du moins, sur sa physionomie, que cet individu soit réellement en danger; on sent plutôt qu'il le redoute.

Mais en présence des figures 61, 0-2, 03, le doute n'est plus possible : cet homme est glacé par l'effroi, frappé de stupeur; sa face exprime une crainte mêlée d'horreur, à la vue ou à la nouvelle d'un danger qui met sa vie en péril, ou l'un supplice inévitable. — Avant l'emploi du chloroforme, le premier temps des opérations chirurgicales faisait naître ordinairement cette expression d'effroi et d'horreur.

On voit que, dans toutes ces figures qui peignent si fidèlement l'effroi, l'abaissement de la mâchoire inférieure est combiné avec les autres mouvements qui, dans la figure 00, ont représenté la frayeur. Cette expression d'effroi ne vient en effet parfaitement que par l'association des peauciers et des frontaux avec iesabaisseurs du maxillaire inférieur.

Les figures 50 et 57 ont déjà démontré que la contraction combinée des frontaux et des abaisseurs de la mâchoire inférieure rend parfaitement l'étonnementet rébahissement,sans pouvoir exprimer la frayeur et l'effroi; il est opportun de le rappeler ici, afin que par la comparaison de ces figures avec les figures 00, 01, 02 et 03, on étudie mieux les caractères distinctifs de ces différentes expressions, carac-

lères Lrop souvent méconnus ou confondus clans les mis plastiques.

L'agrandissement de l'ouverture palpébrale et le regard hagard que l'on observe sur la plupart de ces figures ajoutent certainement à l'effet de leur expression. Ou sait d'ailleurs • pie, dans l'effroi, la stupeur est telle, que le globe oculaire paraît chassé hors de l'orbite. — La figure 62 prouve cependant que l'écarlement des paupières n'est pas nécessaire à l'expression de l'effroi. Ou voit, en effet, malgré l'abaissement de la paupière supérieure, la contraction combinée des peauciers, des frontaux et des abaisseurs île la mâchoire inférieure, dépeindre sur cette figure une expression de crainte mêlée d'horreur, l'effroi, avec autant de vérité que sur les figures 61 et 62 Ce regard terrifié et cloué au sol montre seulement d'où vient le danger qui menace cet homme.

Il est prouvé par les figures 64 et 65 que la contraction combinée des peauciers, des abaisseurs delà mâchoire inférieure et des sourciliers, produit une expression d'effroi mêlé de douleur extrême. Les ligures 61, 6-2, 63, nous le montrent, par exemple, terrifié par l'idée, soit d'un danger de mort prochaine, soit d'une torture à laquelle il a été condamné ou qui va lui être appliquée; mais ici, figures 6/i et 65, à l'expression de cette terrible émotion de l'âme s'ajoute celle de la douleur horrible de son supplice. — Cette expression doit être celle du damné.

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