PARTIE ESTHÉTIQUE. — DEUXIÈME SÉRIE
>» muscle de la souffrance, on obtient une admirable expres- » sion de compassion, expression des plus sympathiques (1). » La figure 80 est destinée à peindre une scène analogue.— La jeune femme photographiée dans cette figure est représentée visitant une famille pauvre; on reconnaît, à son sourire compatissant (cachez la moitié gauche de la face), ou à son sourire bienveillant (cachez la moitié droite de sa face), qu'elle est touchée de la misère et des souffrances de cette malheureuse famille, et que ce sentiment lui a inspiré un acte de charité.
L'expression de la compassion est l'objet de cette étude ; il importe d'en faire bien connaître ici le mécanisme.
J'ai démontré déjà que, sous l'influence de la contraction du grand zygomalique, on voit la commissure des lèvres se mouvoir obliquement en dehors et en haut, la ligne nasolabiale former une courbe à convexité inférieure et la pommette se gonfler. — Toutes les figures de la partie scientifique de l'album, où le muscle de la joie est montré dans un état de contraction électrique, ont mis ces faits en évidence (voyez les figures 30, 31, 32, 33, 34, 35, 36 et 37). On constate aussi que, du côté gauche de la figure 8'j, le rire naturel a agi de la même manière sur la commissure des lèvres et sur le sillon naso-labial. Telles sont, à tous les âges, les lignes fondamentales expressives de la joie.
(1) Loc. cit., p. 29.
Que L'on veuille maintenant rappeler une des lignes fondamentales développées par le muscle du pleurer (le petit zygomatique), sous l'influence de l'électrisation localisée de ce muscle : la ligne naso-labiale, ai-je dit, décrit une courbe à concavité inférieure.
Eh bien! lorsque, par l'électrisation du grand zygomatique, les lignes fondamentales du sourire s' étant développées, j'ai mis en action le petit zygomatique (muscle du pleurer), j'ai toujours vu le sillon naso-labial devenir concave en bas et se creuser un peu. En même temps, la forme de la lèvre supérieure de ce côté est légèrement relevée ou retroussée, au niveau de l'attache inférieure du petit zygomatique.
Pour obtenir une expression juste et harmonieuse par la combinaison des muscles du pleurer avec le muscle de la joie, il faut, comme dans le sourire mêlé de douleur, que la contraction de ces muscles ne dépasse pas certaines limites, au-delà desquelles l'expression devient grimaçante.
Cette expérience m"a quelquefois réussi complètement. Elle est très difficile, et je n'ai jamais pu maintenir assez longtemps la contraction juste au degré convenable pour la reproduire par la photographie. Le procédé que j'ai employé dans la figure 80 est plus simple. J'ai appelé le sourire bienveillant sur la physionomie de mon modèle en agissant sur son moral (voyez la moitié gauche de la figure 80), et puis j'ai excité modérément, du côté opposé, le muscle du pleurer (voyez la moitié droite de la figure 80). Alors le sillon nasolabial et la forme de la lèvre supérieure se sont modifiés à