PARTIE ESTHÉTIQUE. — DEUXIÈME SÉRIE
ressemblance entre le roi Duncan et son père endormi, n'ose le frapper et tombe en s' affaissant sur un siège. (Cette scène n'a pas été rendue par Shakspeare.)
En somme, un enseignement important, au point de \ ne de l'influence défavorable exercée par la contraction plus ou moins forte du pyramidal du nez sur la beauté des traits, ressort du rapprochement comparatif des fig. 81, 82 et 83.
Tous les sujets ne conviennent pas également à l'étude électro-physiologique des lignes expressives produites par les passions agressives; en d'autres termes, le principal muscle expressif qui est mis en action par ces mauvaises passions n'exerce pas toujours le même degré de puissance sur le sourcil.
Ce fait a été démontré expérimentalement dans la partie scientifique de cet album. On se rappelle, en effet, qu'après avoir peint sur la face d'un vieillard débonnaire (voyez son portrait, fig. 3) une expression de méchanceté et même de cruauté (voyez fig. 8), par la contraction du pyramidal du nez, j'ai trouvé ce muscle si faible ou si peu développé chez un homme jeune (voyez son portrait, fig. 4), que j'ai pu à peine, malgré une forte excitation de ce muscle, abaisser la tête de son sourcil (voyez la fig. 9). La physionomie de ce dernier sujet prit alors, il est vrai, une expression de dureté ; mais il m'eût été certainement impossible de tracer sur sa face les traits cruels d'un assassin.
Tel n'est pas l'état dynamique des muscles moteurs du
sourcil, chez la jeune fille que j'ai choisie pour modèle clans les études delà partie esthétique de l'album. Les abaisseurs de son sourcil (le pyramidal du nez et l'orbiculaire supérieur, P et B, fig. 1) l'emportent sur les élévateurs, le frontal et le sourcilier (À et 0, fig. 1). Ce dernier muscle est môme si faible, que pour le mettre en action, dans les figures 75 et 76 (partie scientifique), j'ai dû employer un courant intense, tandis qu'une excitation comparativement beaucoup plus faible du pyramidal du nez a pu donner à cette jeune fille les traits d'une furie.
Pour compléter l'expression des passions agressives, il faut associer à l'abaissement de la tète du sourcil rabaissement des commissures labiales. — Ces mouvements s'obtiennent électro-physiologiqueinent. par la contraction combinée du pyramidal du nez et du triangulaire des lèvres. —Or, comme chez mon modèle, les coins de la bouche sont abaissés naturellement (voyez son portrait, fig. Ih I, il m'a suffi, pour produire les expériences photographiées dans les figures 81, 82 et 83, de faire contracter son muscle pyramidal du nez. (On appréciera bien sur ces figures l'influence réciproque de la bouche et de l'œil, en cachant alternativement l'une ou l'autre de ces parties de la face.)
De tout temps le trait physiognomonique fondamental de la méchanceté et des instincts cruels (la direction oblique du sourcil de dehors en dedans et de haut en bas. par le fait de l'abaissement de la lète du sourcil) a été parfaite-