‹ Mécanisme de la physionomie humaine; ou Analyse électro-physiologique de l'expression des passionsChapitre 55 sur 70 · PARTIE ESTHÉTIQUE. — DEUXIÈME SÉRIE · texte numérisé non relu

PARTIE ESTHÉTIQUE. — DEUXIÈME SÉRIE

ment senti. C'est en effet avec cette 'obliquité du sourcil, et en l'exagérant, que l'on a représenté le génie du mal, le démon.

Ce signe de la méchanceté se reconnaît aussi sur la physionomie des hommes qui instinctivement font le mal pour le mal, qu'ils s'arment de la plume ou du poignard; les tyrans dont la vie n'a été qu'une longue suite de cruauté en portent généralement le stigmate ineffaçable. Voyez, par exemple, le portrait de Néron : la physionomie est au repos; les traits de la méchanceté ou de la cruauté qui la distinguent, y sont dus à la prédominance de force tonique du pyramidal du nez, développée par l'exercice fréquent de ces mauvaises passions.

L'expression des passions agressives et cruelles en mouvement a presque toujours été également bien sentie. J'en ai admiré un exemple remarquable dans la Conjuration de Catilina par Salvator Rusa (Florence, palais Pitti). Les conjurés, que leur physionomie soit au repos ou en mouvement, ont une expression de méchanceté et de férocité parfaitement caractérisée, à des degrés divers, par l'abaissement et le gonflement de la tête du sourcil, par le plissement transversal et cutané de la racine du nez, enfin par la direction oblique du sourcil de dehors en dedans et de haut en bas. Salvator Rosa avait, sans aucun doute, choisi ses modèles parmi les bandits dont il faisait ses compagnons habituels; il a montré, dans son tableau, des types que Ton trouve en grand nombre clans les basmes.

11 est arrivé cependant que, s'écartaut de la nature, les artistes ont commis des erreurs de détail, nuisibles à l'effet de l'expression, erreurs qu'ils auraient certainement évitées, s'ils avaient connu le mécanisme de l'action propre du pyramidal du nez.

Bien que ce mécanisme ait été exposé déjà dans la partie scientifique de l'album , il me paraît utile de le rappeler sommairement de nouveau. J'ai démontré que le point fixe de ce muscle est toujours en bas, et conséquemment que sa terminaison supérieure étant mobile et se faisant à la peau, dans l'espace intersourcilier, au niveau de la tête des sourcils, sa contraction doit nécessairement tirer la peau de haut en bas, de telle sorte qu'elle la plisse plus ou moins, surtout à un certain âge, sur la racine du nez, tandis qu'elle la (end sur la partie médiane du front. Ces faits ressorlent des expériences représentées sur les figures 81, 82 et 83, comme ils avaient été démontrés dans la partie scientifique (voyez les fig. 19, 20, 21, '22, 23, 24 et 25).

Une observation longue et attentive m'a convaincu que, sur tous ces faits, la nature est en parfait accord avec l'expérimentation; trop souvent cependant ils ont été' méconnus dans la pratique de l'art. — Je regrette d'avoir à constater, par exemple, que l'un des maîtres les plus illustres de l'art, contemporain, Paul Delaroche, a commis une faute grave dans son tableau de Y Assassinat du président Duranti, et qu'il s'est écarté des principes qui découlent nécessairement des observations que je viens d'exposer. — Avant

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