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Fig. 184.— Trois manières d'enlever un gros haltère

ivaul ; ~— 2, par arr d'eileasion au bras.

1, avec balaDcement d'arrière en avaut ; '^- 3, par arracLemcnl vertical : — 8, par effort " • làul

mouvements simples. Ils seront toujours trop lourds si on ne peut exécuter facilement les mouvements à bras étendus.

Nous renvoyons le lecteur à ce que nous avons dit relativement à la recherche du développement musculaire excessif et à ses inconvénients (iig. 183).

Mouvements exécutes avec des haltères lourds. — Beaucoup se complaisent dans le maniement des gros haltères pesants et ne s'arrêtent qu'à la limite de leurs forces.

Enlever un haltère, d'après l'expression consacrée, consiste à saisir avec la main cet haltère posé sur le sol et finalement, par un effort musculaire, à l'élever et à le maintenir en équilibre à Textrémité du bras allongé verticalement.

L'haltère peut être enlevé de 3 manières principales (fig.

1*^ Manière, — Élévation en 3 temps avec balancement:

L'haltère posé sur le sol, on se place un peu en arrière, les jaoïbes légèrement écartées, la poignée située dans le plan médian :

(1^' temps). On fléchit les jambes et le tronc, puis Ton saisit la poignée de Thaltère.

(2« temps). On fait effort des extenseurs du tronc pour détacher Thaltère du sol et lui permettre d*osciller d*avant en arrière dans le plan médian.

On aide à ce mouvement par les abducteurs du bras, puis, au moment où l'oscillation commence d'arrière en avant, on fait (3* temps) un violent effort simultané des extenseurs et des membres inférieurs, des fessiers, des extenseurs de la colonne et des abducteurs du bras (partie antérieure du deltoïde).

Sollicité verticalement par l'extension des jambes et suivant deux arcs de cercle dont l'un décrit par l'épaule, a son centre sur la ligne des tètes fémorales, et l'autre décrit par la main, a pour centre l'articulation scap^lo-humérale, l'haltère est suivant une trajectoire plus ou moins complexe, amené verticalement à l'extrémité du bras tendu.

2* Manière, — Élévation en deux temps :

L'haltère étant placé transversalement un peu en avant des pieds, on le saisit (!•' temps) la main en pronation en s'accroupissant sur les extrémités inférieures légèrement écartées ; et (2« temps), par la détente violente des membres inférieurs exécutée simultanément avec l'extension du tronc, l'haltère est arraché violemment du sol. On continue à le suivre dans son ascension verticale en fléchissant le bras et en élevant le coude. L'effort musculaire actif va ainsi en diminuant, mais, si l'élan donné est suffisant pour lui faire dépasser la hauteur de Tépaule, on substitue à la flexion, du bras l'extension subite et ainsi l'haltère est amené directement, suivant la verticale, à l'extrémité du bras tendu.

3* Manière. — Élévation en 3 temps sans élan :

La jambe gauche fléchie étant placée en avant, la jambe droite

tendue en arrière, l'haltère situé au-devant du pied droit, l'axe

antéro-postérieur.

On fléchit (!*' temps) fortement le tronc de façon à saisir la

Idâ MÉCANISME ET ÉDUCATION DES MOUVEMENTS

poignée, la main en demi-supiaation et, par ud effort simultané des fléchisseurs du bras et des extenseurs du tronc, on amène l'haltère à la hauteur de Tépaule.

L'effort musculaire est proportionnel au poids de Thaltëre à la longueur de Tavant-bras et à la distance des points d'insertion des muscles.

11 varie donc en raison inverse du raccourcissement de ces derniers ainsi qu'en raison inverse de la distance d'insertion et de la longueur du bras.

Il va toujours en diminuant pendant que l'angle des deux segments du bras varie de 180^ à 0^.

Si cetangle atteignait cette dernière valeur, l'efTort musculaire pourrait être nul, le poids de l'haltère serait alors totalement supporté parles ligaments articulaires de l'articulation da coude.

L'expérience s'accorde avec le calcul ; au début de la flexion Teffort musculaire est très pénible, généralement* même on élève involontairement les coudes pour imprimer à l'haltère un élan vertical. La longue portion du biceps fortement contractée attire la tête humérale contre la cavité glénoïde et s'oppose à la luxation en bas. Elle est aidée dans cette fonction par la contraction énergique des rotateurs du bras et de la longue portion du triceps. Les pectoraux s'opposent à un mouvement d'oscillation du bras en arrière, les portions supérieures des trapèzes résistent à l'affaissement de Tépaule.

La portion moyenne des trapèzes et les dorsaux fixent l'insertion supérieure des pectoraux et attirent l'omoplate en arrière

Le mouvement de flexion de l'avant-bras est facilité par l'extension simultanée du tronc qui contribue à l'éiéfvation de l'haltère et est accompagnée de la contraction des muscles abdominaux.

La flexion est plus facile la main en pronation, car le biceps s'enroulant autour du radius pendant la supination, agit directement pendant la pronation.

(3« Temps). L'haltère une fois à l'épaule, son centre de gravité est amené au-dessus de la base de sustentation du côté de la jambe droite qui se fléchit légèrement ; par un effort considérable des deltoïdes, des élévateurs du moignon de l'épaule, par le mouvement de bascule de l'omoplate dû à l'action du grand dentelé, par l'extension de l'avant-bras sur le bras, toutes ces

ANALYSE DBS ATTITUDES ET DBS MOUVEMENTS

actions étant simultanées, rhallëre est enlevé verticalement audessus de la cavité glénoïde (iig. 185). ^

Il repose alors sur la colonne formée par les segments du membre supérieur mis bout à bout et maintenus dans l'extension par TefTort musculaire.

L*équilibre sera facilité si l'on ne perd pas des yeux Thaltère; le tronc sera incliné du côté gauche de manière à ramener le centre de gravité de tout le système vers la ligne médiane.

Si le poids est très lourd, on peut user de l'artifice suivant pour faire en partie supporter Teffort d'extension par les extenseurs des jambes, beaucoup plus puissants que ceux du bras.

A cet effet, au moment où l'on étend le bras, on fléchit les jambes, de telle sorte que la somme de l'abaissement vertical de la cavité glénoïde dû à la flexion des jambes et de l'élévation verticale de la main due à l'extension partielle du bras soit justement égale à la longueur du bras étendu. Alors l'élévation de l'haltère à Texlrémité du bras étendu se fait par l'extension des jambes, en élevant simultanément et en masse le tronc et le bras. Au début de ce mouvement, Thaltère reste sensiblement immobile. Il n'est élevé ensuite que par l'effort d'extension des jambes qui exécutent alors tout le travail d'élévation.

Dans l'abaissement de l'haltère, c'est-à-dire le mouvement inverse, les muscles précédents sont mis en jeu pour ralentir la chute.

Le travail effectué n'est pas'très considérable, mais portant sur de» muscles relativement faibles et devant être produit très rapidement il nécessite des efforts musculaires instantanés et très intenses.

Cet effort est plus durable dans la troisième méthode, aussi voit-on se produire, au plus haut degré, les troubles indiqués à propos du phénomène de l'effort.

La congestion de la face en est une des manifestations extérieures.

Fig. i85. — Élévaticn d'une barre & sphères lourde.

MÉCANISME ET ÉDUCATION DfiS MOUVEMENTS

Dn reste, toute la musculature du corps se contracte, les muscles abdominaux en particulier, compriment si violemment Tabdomen qu il n'est pas sans exemple que des hernies se soient produites à la suite du soulèvement d'un poids. Les articulations du genou se fatiguent vite; aussi ces inconvénients condamnent absolument les exercices exagérés d'haltères lourds, surtout s'ils ne sont exécutés que d'une seule main, sans symétrie.

Ces exercices peuvent être classés parmi ceux qui visent surtout la satisfaction de la vanité et la recherche de la difficulté vaincue sans grande utilité.

Langer les haltères lourds. — L'exercice d'haltères peut être

Fig. i86.— L&ncer Thaltëre en avant après un balancement en arrière.

Fig. 187. — Lancer Ihallère ea arrière au-dessus de la tète après un balancement en arrière.

aussi un exercice de lancer comme l'exercice du boulet et de la pierre. On peut s'exercer à lancer l'haltère en le portant d'abord à l'épaule et en le jetant le plus loin possible. On fait concourir pour cela l'extension des jambes et celle du bras. On peut le lancer également au moyen d'un élan après lui avoir fait prendre quelques balancements. Ces exercices exécutés avec des poids de 10 kilogrammes sont intéressants, ils prennent un intérêt spécial si on les transforme en jeu. A cet efFel plusieurs jeunes gens se placent en cercle et lancent et saisissent l'haltère au vol. Celui qui lance produit un travail moteur, celui qui reçoit produit du travail résistant transformé immédiatement en un élan nouveau sans temps d'arrêt (fig. !8Get lîs7). On peut constater l'intensité et la généralité des contractions

ANALYSE DfclS ATTilUDMIS UT OfalS MOUVKMliNTS

musculaires dans le travail résistant, chez le sujet qui reçoit lo choc d'un boulet lancé, la chaîne continue des contraclious se propage jtisqu*aux muscles du cou et de la mâchoire donnant au corps l*aspect d'un individu disséqué (fig. 188).

''"ï *88. —Modelé du corps d'un sujet recevant un boulet dans los mains et résistant énergiquement au choc.

AdbISSB DANS LB MANIEMENT DES FARDEAUX. — Il y a danS 1«

maniement des poids lourds autant d'adresse que de force, et BOUS voyons journellement grâce à leur habileté des ouvriers œanier facilement des caisses, des barriques de vin qu'il nous •erait impossible de remuer. Ils ont acquis un sens particulier <i«s balancements et des pressions leur permettant de saisir les temps favorables pour donner l'eflfort.

L'homme chargé d'un fardeau prend une position convenable pour conserver son équilibre. Porté sur la tête le poids a

HÉCANISMF. ET ÉDUGA.TION DES MOUVEMENTS

une action symétrique, il tend à écjaser et à ûécbir notre tronc. La meilleure manière de résister à cette flexion c'est de rosier bien droit.

Le fardeau porté sur le dos nous oblige à nous courber en arant (fig. 189) pour soulager les fléchisseurs du tronc et bous empêcher de tomber à la renverse.

Les porteurs de la halle sont pour cela presque tous voArés r

Fig. 189.— Attitudes différentes du corps suivant la répartition de la charge.

1, Pardcati porté sur la l6Ui ; corps droit; — 2. fardeau sur les épaules; corps penehJ en avalil ; — 3, fardeau parlé en avant; corps penché en aiTÏftre; ~ 4, fardeau porl^ duae main ; corps penché de r6lé. «

ils portent leur sac très avant sur le cou et s*appuient avec une canne pour soulager leurs muscles extenseurs.

Porté en avant ou de côté, le fardeau nous fait rejeter le tronc en arrière ou du côté opposé. Si Ton tient un seau d*eau d'une main on élève horizontalement le bras opposé pour servir de balancier et faire contrepoids.

Les clowns enlèvent facilement un homme couché sur un tapis et arrivent à le mettre à bout de bras en un seul temps.

Ceci s'explique, l'homme, représentant ici le fardeau, est loin d'être passif, il a répété à l'avance l'exercice et s'entend avec son partenaire pour se donner un élan invisible mais coïncidant exactement avec refifort d'arrachement.

Il serait tout à fait impossible de soulever ainsi un cadavre dans le relâchement absolu (fig. 125).

On a dû même chercher des moyens pratiques pour placer et transporter sur le dos un malade ou un blessé incapable de se mouvoir et tombé en syncope.

ANALYSE DBS ATTITUDES BT DES MOUVEMENTS

La manière la plus ordinaire consiste à le saisir par le bras çancbe, le soulever de terre, à passer le genou fléchi sous le corps, pour Vy bien reposer, l'entourer de ses bras et attirer ses jambes sur l'épaule (fig. 190 et 191). Le malade se trouve finalement placé les jambes et les bras pendants sur Tépaule (le son camarade redressé. Le blesàé est considéré ici comme un fardeau difficile à porter. Le cas se présente dans un incendie où il faut à tout prix éloigner du foyer un ^^

sujet qui a perdu connaissance. (^

Pig.190. — Manière de charger sur les épaules Fig. 191. — Manière de un blessé évanoui. porter un blessé.

Car.kctéri.stioue DES MOUVEMENTS DB MASSUE. — Lcs massues ou mils se distinguent des haltères par une forme alion;^ée. L'haltère est symétrique, son centre de gravité est situé dans *a main, la massue au con traire * son centre" de gravité dans *^ partie renflée, c'est-à-dire *5sez éloigné de l'extrémité •niiocie qui sert de poignée.

^«ns les attitudes où elle

^'*' maintenue immobile, le

poids de la massue s'exerce à

^^^^^éiDité d'un bras de levier

.^'^^t sans cesse avec l'incli-

iT?'^ ^® celle-ci (Cig. 19-2). L'efifort maximum correspond à

^^^^*'Oaison horizontale, Teflort minimum à la position verti-

^^ la massue. Les mouvements de massue sont surtout

m Mouvements d'élan, des moulinels du poignet, des cercles

x^^t^ts derrière la léte, en avant et en arrière du corps. La

^sue une fois lancée n*a plus qu'à être diri.m'e par la main

Fig. 192. — Massue représentant une force G P agissant sur la main à l'exlrémité d'un bras de levier variable.

qui la conduit. Il ne faut aucunement lui résister; elle a un balancement propre s'accélérant dans les flexions des bras lorsque les trajectoires décrites diminuent de rayon. Quand la massue suit la partie descendante de SQp parcours, elle s'accélère, quand elle remonte elle se ralentit et à ce moment une légère impulsion lui fait reprendre la vitesse perdue. On peut ainsi entretenir son mouvement sans dépenser beaucoup de force et avec de la pratique on arrive

à de véritables exercices de jonglerie. ,- *.

La massue tourne souvent autour de /' \

âfeâ--

Fig. 193. — xMouliDct du poignet Fig. 194. — Petit cercle décrit par avec la' massue- lamasiue derrière la tète.

son centre de gravité immobile dans Tespace. C'est Iç'bras qui tourne autour de la massue.

Les moulinets de poignet sont des combinaisons de la pronalion et de la supination avec la flexion et l'extension de la main, flexion et extension légère de Tavant-bras (flg. 193).

Les autres mouvements consistent en moulinets exécutés derrière la tête et devant le corps. Ce sont tantôt les élévateurs, tantôt les adducteurs qui sont mis en action (fîg. 194).

Dans les moulinets derrière la tète, la massue, tenue verticalement par le bras droit tendu par exemple, tombe par son poids à gauche, le bras se plie, le mouvement s'accélère, la naassue^ par son élan, passe au delà de la verticale et, au moyen d'une vigoureuse adduction du coude efl*ectuée par le pt^ctoral attirant le bras dans un plan horisontal, adduQtix>a

exécutée stmnltanément avec une extension de i'avani-bras, elle remonte à sa première position verticale. Son centre de gravité a décrit sensiblement une circonférence autour de la main.

Lescircumductions du bras s'effectuant dansun plan antérieur le bras allongé et combinées avec les moulinets et les exercices de poignets, donnent lieu à des mouvements complexes, fort élégants, dont Tefifet sur la dilatation thoracique est manifeste, surtout exécutés symétriquement et simultanément des deux bras (fig. 195 et 196). , ^

Leur inconvénient, lorsque Ton

rig. 195. — Balancement des mas- Fig. 196.— Grand cercle en avant sues au-dessus de la ttMe. décrit avec la massue.

Q'en a pas acquis une grande pratique, surtout si l'on ne résiste pas au moment de la chute de la massue derrière la tète lors de la flexion de l'avant-bras, c*est de causer dans l'articulation du coude des secousses peu salutaires; de plus, ils fatiguent Tile le poignet par Tefifort constant des muscles de la préhension. Exécutésdans la station droite les pieds réunis, lorsque la massue est derrière la tête, le centre de gravité de tout le système se trouve rejeté en arrière de la colonne dans la concavité lombaire ; la courbure lombaire se trouve exagérée pour cette raison. Les mouvements de massue doivent être faits avec modération, il serait même bon de les alterner avec des mouvements d'haltères. U faudra avant tout conserver au corps une attitude bien droite et lutter par la contraction des muscles abdominaux contre Tensellure qu'ils provoquent inévitablement.

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Les moulineis inverses, c'est-à-dire exécutés derrière la tét» de bas en haut et de dehors en dedans obligent les coudes à ne lenir diinsle plan des épaules, ils suscitent la contraction des muscles du dos, en forçant le corps à se tenir bien droit.

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Fig. 197. — An.il^se des trajectoires er>yeii(lrt;t's par la hanche, le genou et la cheville dans un abaissement du corps sur la pointe des pieds

Toute attitude fléchie en avant vous exposerait inévitablement à rencontrer la massue en mouvement et à la frapper soit de la nuque, soit de l'épaule.

Mouvements qui engendrent une trajectoire rectilignb. — Nous

avons souvent à appliquer nos forces à un outil ou un instrument. Ce dernier est obligé de suivre une trajectoire définie, une ligne droite, par exemple. S'il n'est pas guidé mécaniquement, c'est à la main de le diriger. Le bras et l'avant-bras ne peuvent engendrer que des mouvements circulaires, il faut que leurs mouvements se combinent de façon à obtenir une ligne droite suivie par la main.

C*est là une des grandes difficultés du maniemen t de la scie, de la lime, du rabot et de Tarchet. Cette difQculté se complique si, en assurant la direction rectiligne de l'outil, sa vitesse et sa pression doivent demeurer constantes ou suivre une loi déterminée. Nous avons fait fanalyse cinématique do ces mouvements, nous en citerons ici deux exemples.

Fig. 198 — Positions extrftmet et position moyenne du bras conduisant l'archet de violon danf une direction rectiligne.

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