‹ Mécanisme et éducation des mouvementsChapitre 26 sur 81 · D' ROBLOT · texte numérisé non relu

D' ROBLOT

L'escrime au sabre et rescrime à la baïonnette sont plus lourdes ; on n'y rencontre pas la délicatesse de la main nécessaire

Piiç. 284. — Destinée à montrer les différences dans l'amplitude des mou« Tements principaux:

1, do l'eflcrime ; f . de la boxe anglaise ; 3, de la boxe française.

à manier Tépée. Le bâton et la canne ont l'avantage d'apprendre à se servir pour sa défense d'instruments à la portée de tous.

Boxe. — La boxe est encore l'exercice de défense par excellence^ chacun porte en lui ses armes naturelles (fig. !28â à ^286).

MÉGA^IflSME ET ÉDUCATION DES MOUYEMBIITS

En Angleterre les querelles sont vidées sur le champ sans de bien grands inconvénients et sans qu'il soit besoin des cérémonies du duel moderne. Avec les poings et les pieds la boxe est une défense terrible au moyen de laquelle un homme de moyenne

rig. 282. — Garde de la boxe. Pig. 283.— Coup de pied de figure

force peut faire face à plusieurs adversaires. Mais il faut bien restreindre ses coups et laisser de côté les coups de pied de

Fig. 284. — Boxe française ; riposte dv coup de pied bas.

figure et autres mouvements plus gymnastiques et plus élégants que pratiques, on risquerait d'être touché et de perdre son équilibre, la première chose à conserver (fig. 284, 285 et 286). Il en est de même pour la canne, les moulinets sont moins dangereux que les coups de figure et les coups droits. La boxe et le bâton sont des exercices de défense à la condition de

ANÂLTSB DES ATTITUDES ET DES MOUVEXEIITS

s'entraîner à donner les coups pour frapper sérieusement. Dans la leçon et dans ressaut on prend l'habitude de retenir ses coups, de les indiquer seulement sans les donner à fond,

Fig. 286. — attitude de la boxe française prise dans un assaut Coup de pied de figure avec esquive de la tète.

c'est une façon de procéder qui manque de logique. La boxe et le bâton sont destinés à tuer ou au moins à mettre un adver-

Pig. 286. — Boxe française. Coup de pied donné en sautant en l'air.

saire hors de combat, il ne faut pas en faire une sorte de danse inoffensive et un pur exercice gymnastique. On doit apprendre à frapper et à frapper dur. Nous n'admettons pas les combats professionnels où des paris d*argent sont engagés, il suffit d'en avoir tu un seul pour en être dégoûté à jamais. Mais autre chose est d'aller par goût ou par dépravation à des spectacles répugnants ou de se défendre dans une rencontre que Ton n'a

pas cherchée. C'est une supériorité évidente de pouvoir répondre par un solide coup de poing à une insulte ou à une attaque quelquefois impossible à éviter.

Les exercices d*escrime, de boxe, de canne et de bâton ont des effets psychiques considérables ; mais ce qui contribue à donner la noblesse des sentiments peut dégénérer et développer les plus vils instincts. Devant un adversaire, Taudace, Tàpropos, la générosité, la décision, la promptitude, la fierté, la loyauté sont mises enjeu; ce sont des qualités morales ayant pour contre-partie la témérité, la fatuité, Torgueil, la ruse, la lâcheté et la traîtrise. Ce sera à l'éducateur intelligent de tuer ces défauts â leur apparition et d'inculquer à son élève la note juste, preuve de goût, de tact et d'élévation d'esprit.

Résumé de l'effet des exeucices. — En résumé, les exercices musculaires produisent des effets générattx ou des effets locatix distincts. L'effet général le plus intéressant consiste daos TacLivité des échanges nutritifs ; il est le résultat d'une dépense de travail musculaire mettant en action les grandes fonctions de la vie. La dose de travail est, avec le rythme du travail, le facteur essentiel à considérer; le genre de travail est moins important, mais il faut préalablement veiller au régime, à l'alimentation, aux soins de propreté et aux conditions favorables du milieu pour avoir tous les éléments nécessaires à assurer notre santé.

Les effets locale de l'exercice dépendent de la répartition des contractions musculaires et de leur influence sur la forme du corps et sur les organes essentiels qu'il contient. On doit tirer parti des contractions pour rectifier le rachis, dilater le ! thorax, resserrer l'abdomen, étendre les articulations toujours ^ fléchie^, allonger certains muscles, et en raccourcir d'autres. |

Le résultat dépend uniquement du genre d'exercice employé, l Autant l'incohérence des mouvements est, dans une certaine , mesure compatible avec l'effet général, autant Tordre et la ! méthode sont ici indispensables et nécessitent des conditions ! favorables au résultat cherché.

Les effets de l'exercice sur le système nerveux coordinateur dépendent de la perfection dans l'exécution des mouvements ; ils se manifestent par l'économie, l'adresse et la meilleure utilisation des forces.

La qualité d'un mouvement dépend du plus grand nombre d^avantages qu'il nous donne au point de vue de Thygiène, de la beauté corporelle, de Tutilisation économique de nos fçrces et de relBfet moral, plaisir ou qualités viriles qu'il développe.

La science de l'éducation consiste à faire un choix des exercices justifié par leurs qualités et un classement méthodique en vue de notre perfectionnement. Il faut en outre tenir compte des exigences du milieu social et établir la gradation suivant Tétat psychique des individus. Par les modifications dans les mouvements respiratoires et la régularisation du cours du sang, les fonctions sont bien améliorées.

Suivant l'idée dirigeante et l'énergie dépensée^ l'exercice agit sur les fonctions les plus élevées du cerveau, sur le caractère, la volonté, l'initiative, l'indépendance et la moralité ; il donne des jouissances saines, durables^ compatibles avec la vigueur et les qualités viriles qui sont seules la garantie de la force d'une nation.

Les mouvements exécutés librement sans appareils sous forme de jeux et sous forme d'exercices esthétiques avec toute Tampleur et la vigueur qu'ils permettent sont suffisants au développement de l'enfant et à l'entretiea de la santé. 11:3 sont naturels, faciles à exécuter et à graduer assouplissent et coordonnent les mouvements en apprenant à les rythmer.

Ils conviennent avant tout à l'enfant parce qu'ils ne lui demandent que des efforts proportionnés à sa structure. Ils doivent surtout viser la nutrition complète des muscles en longueur en excluant des contractions énergiques des muscles raccourcis ce qui déforme le squelette et nuirait à son développement ultérieur. Exception est faite pour les muscles du dos redresseurs de l'épaule, dilatateurs du thorax et compresseurs de l'abdomen.

L'avantage des mouvements libres est de pouvoir être exécutés partout et simultanément par un grand nombre à la fois. Leur importance dans la gymnastique scolaire est manifeste.

On utilisera le poids du corps dans toutes les inclinaisons possibles comme résistances à vaincre (fig. 287 et 288).

U faut encore pour être complet ajouter les luttes et oppositions, les exercices de vitesse et les exercices de lancer, la marche, la course et le saut, la boxe, la canne et l'escrime.

DimDiY. — Méc. et éduc. -— ^4

SiO WËCàSaSME ET ÉDUCATION DBS MOUVEIIBIITS

Cette gymnastique toute naturelle eèt la seule qui puisse, avec certitude, amener l'homme k son développement normal, conforme à Tattitude bipède.

Croire obtenir un effet utile plus intense sur la santé et sur la bonne attitude du corps parce qu'on emploie des appareils portatifs ou des engins gymnastiques est un préjugé que nous avons longuement combattu en montrant qu'une progression

rationnelle ne doit pas être seulement basée sur l'iuteasité des contractions musculaires mais bien sur la répartition de ces contractions et Teffet utile produit.^

Nous avons montré le rôle spécial des masses addi- Fi... ^s7. - Fente en avant .x.cutée tionnelles agissant aurepos avec une amplitude considérable. exclusivement sur les mus-

^ des élévateurs de l'épaule,

les extenseurs du tronc et des membres inférieurs, nous avons déterminé leur effet complexe pendant les mouvements et indiqué l'action de leur inertie. L'usage des haltères et mas« sues est ainsi mieux défini. Celui des barres en bois est trompeur, il remplace les contractions musculaires utiles plutût que d'en susciter de nouvelles.

La suspension et l'appui ne nous offrent point de différences assez importantes pour les considérer comme exercices complémentaires ; surtout pour les opposer l'une à l'autre. Au point de vue des réactîons^ musculaires il faut opposer à la suspension la poussée contre une barre. Télévation d'une barre lourde ou la station sur les mains; à l'appui, le port de fardeaux à la main. Il est indispensable d'observer dans ces exercices une progression en ne quittant pas de suite le sol, mais en conservant des appuis simultanés des pieds et des mains, en répartissant ainsi convenablement la charge au moyen des attitudes inclinées. Sauf exception il n'y ac>.u'une période de la vie où le rapport du poids du corps à la. force motrice des bras est favorable au grimper. '

Cette période est relativement courte.

Dans la jeunesse on brille dans les exercices de voltige et de grimper justement parce que ie poids du corps est en rapport avec la force des bras, de là vient le goût pour les appareils.

Mais on ne peut recommander cette gymnastique à tout âge, elle est trop spéciale, incomplète, elle ne convient ni à la première enfance ni à Tàge mûr. Le corps s'épaissit, il devient trop lourd pour les bras ;on n'est paspourcelamoins vigoureux.

Pig. 288. — Aide remplaçant an appareil d'appui on l'espalier.

mais la force n'a pas augmenté en proportion de la résistance à vaincre. On abandonne ces exercices de la jeunesse quand on n'y est plus apte. Cependant il faut toujours s'exer,cer et il faut trouver d'autres mouvements appropriés.

Tous les exercices faits avec des appareils pesants portés à la main comme les suspensions et les appuis rentrent dans la classe des exercices spéciaux, ils sont incomplets puisque toujours la résistance due à la pesanteur est dirigée verticalement. Il est indispensable de les compléter par des actions horizontales, soit en changea^nt la position du corps soit en introduisant les luttes ou les appareils à contrepoids ; ces derniers rentrent dans les exercices généraux parce qu'on peut varier la direction et rintensité de la résistance à vaincre en tous sens et en toute grandeur.

Les exercices de poids lourds sont des exercices spéciaux mettant toujours en jeu les mômes groupes de muscles. Les deltoïdes se fatiguent, les parties supérieures des trapèzes se raccourcissent et diminuent la longueur apparente du cou, les

extenseurs du rachis et du troue surmenés préparent pour la vieillesse une faiblesse prématurée de la région lombaire.

La suspension a Tavantage de mettre en jeu les abaisseurs des bras et d*être ainsi le complément et l'antagoniste des exercices d'haltères ; elle serait donc utile à ce point de vue seul, même si Ton ignorait ses effets sur le développement thoracique.

Seulement, tandis que les haltères peuvent fournir ^es résistances graduées suivant leur poids, la suspension donne lieu à une résistance constante qui est le poids du corps, et il peut y avoir disproportion entre ce poids et la puissance musculaire des adducteurs. La facilité avec laquelle s'exécutent les exer- •cices de suspension quels qu'ils soient, dépend de conditions toutes spéciales indiquées plus haut. Leur avantage est de développer les muscles inspirateurs élévateurs des côtes ; leur inconvénient est de transformer l'homme en grimpeur ; s'ils sont exécutés sans attention à des obstacles qui ne conservent pas aux bras leur parallélisme, compie aux anneaux, ils peuvent exagérer Faction des pectoraux et nuire ainsi à la beauté de l'attitude et au développement thoracique.

Les exercices d'appui ont peu d'effet, ce n'est que de leur mode d'exécution que dépend leur bonne ou mauvaise qualité.

Nous avons vu précédemment qu'ils ne nécessitent pas le concours de puissances musculaires utiles au développement thoracique.

Le bras maintenu en extension sert de support au -tronc par l'intermédiaire de l'omoplate reposant sur la voûte acromiocoracoîdienne et les muscles qui s'y rattachent. Il est indifférent pour l'équilibre que l'omoplate soit amenée en avant ou en arrière, ou même que l'épaule soit soulevée en totalité. L'inconvénient des appuis se résume en ces deux mots : L'effet utile n'est pas inhérent au mouvement^ il lui est surajouté par la contraction volontaire des muscles correcteurs de ses mauoaises qualités.

Les exercices prolongés d'appui transforment les muscles sapérieurs en organes de locomotion. Le bassin est remplacé alors par l'épaule dont la solidité est due seulement à la contraction des muscles fixateurs. Pour que les exercices aient un effet utile dans l'application il faut attendre que Tossificalion soit ter-

minée et que les muscles fixateurs de Tépaule soient bien développés.

Si Ton veut de ces observations déterminer l'importance relative que Ton doit donner aux mouvements libres, aux appuis et aux suspensions dans la leçon de gymnastique, rationnelle, c'est d'abord à la leçon de plancher complète qu'il faut avoir recours, elle seule est suffisante ; la suspension esL

Fig. 289. — Attitude de la courbe raidie à Tespalier suédois.

On Tolt la courbure lombaire s'exagérer en même temps que la distance du pubis au sternum. Les muscles de l'abdomen sont allongés.

indispensable pour contre-balancer l'effet exagéré des poids et contribuer au développement du thorax, mais elle doit être grad\iée, enfin les appuis ne doivent consister qu'en exercices généraux de voltige n'ayant pas la longue durée des progression que Ton peut rechercher dans les exercices de suspension.

Nous ne sommes pas d'avis d'allonger les muscles de l'abdomen par des courbes raidies exagérées dont on fait quelquefois abus dans la gymnastique suédoise. Dans les attitudes où le rachis est replié en arrière (fig. 289), le thorax est, il est vrai dilaté fortement, mais la distance entre le pubis et le sternum augmente ce qui amène Tensellure avec renversement du bassin *.

En bonne gymnastique, nous cherchons à rectifier la position de l'épaule et pour cela à raccourcir les muscles du dos, il faut chercher de môme pour la bonne conformation lombaire et

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