ce
fl,o t-
On voit que l'épaule (tig. 329) est toujours en avant de la tête quand la hanche est en arrière, et inversement; en outre que le point du milieu de la ligne qui joint Tépaule à la hanche a an mouvement presque identique à celui du sommet de la tête. Ce dernier point n'est en effet intluencé par aucun des mauve-
LOCOMOTIOH
ments de torsion du tronc qui modifient la trajectoire de Tépauie
et de la hanche.
Le mouvement de balancement d'avant en arrière est assez
faible pour qu'on puisse considérer le
mouvement du sommet de la tète comme
se rapprochant le plus de celui du centre
de gravité.
Néanmoins, le centré de gravité change
dans le corps à chaque attitude et nous
avons vu comment, par une détermination expérimentale directe on pouvait en connaître le déplace*ment ce qui permet de corriger la trajectoire du sommet de la tète et la rapprocher autant que possible de celle du centre de gravité.
is
Fig. 324. — Trajec tolre décrite dans l'espace par le pubis d'un marcheur ; les flèches indiquent le sens du chemm parcouru.
Fig. 325. — Sujet '-n expérience portant dans le dos des baguettes blanches indiquant l'axe du rachis et les axes des épaules et des hanches. Photograpliies partielles ties mouyements du tronc (Marey et î)emeny).
Oscillations làtéba-
LKs. — Les oscillations
latérales du tronc viennent de la substitution
d'un membre à l'autre
comme colonne de
soutien ; au moment
du lever d'un pied le tronc ne repose plus que sur une tête fémorale, il tend à tomber du côté du membre levé, l'action musculaire rétablit en partie l'équilibre en attirant le centre de gravité du tronc vers la base de sustentation. Plus la distance entre l'écartement des pieds ou l'écartement des cavités cotyloïdes sera grande , plus les oscillations latérales seront considérables. Ainsi plus l'allure est rapide, plus on tend instinctivement à rapprocher les talons de la ligne moyenne du chemin parcouru pour diminuer les oscillations latérales et àfermer l'angle des pieds. Les sujets àjambescourtes et à bassin large ne peuvent les éviter et ont une démarche caractéristique fortement exagérée chez le canard. La femme à
Fi^. 326. — Analyse des torsions du corps dans la marche : en a, 6. e, la torsion est nulle ; en d et e, elle est maximum et inverse Tune de l'autre (Vue d'en haut).
cause de la largeur de son bassin et'pour éviter cette démarche
Flg. 327. — Photographies successives à 1/50 de seconde d'intervalle d'ane haguette fixée le long de la colonne vertébrale d'un marcheur et dépassant la tête d'une longueur considérable. Le mouvement de balancement en avant et en arrière et l'inclinaison générale du tronc dans la marche sont ainsi amplifiés.
On Toit en A, au moment du double appui du pied, le corps se pencher légèrement ep arrière, et inversement en B, au milieu de rappui, s'inclir " * ' '
indique le sens de la progression, la ligne H H l'horizon.
ppui, s'incliner légèrement en arant. La flèeù«
est obligée de rapprocher les pieds en dedans, ce qui enlève le parallélisme des jambes
LOCOMOTION
Les mouvements du tronc précédemment étudiés, surtout les oscillations verticales sont très visibles sur une colonne d'infanterie en marche même à grande distance. Il est curieux de remarquer qu*il est impos-
sible, au moyen de clairons ou de tambours d'obtenir un ensemble dans les mouvements.
Chaque rang en suivant parfaitement le rythme qu'il entend ne sera pourtant pas en même temps à la même phase du pas, mais retardera de la fraction de seconde employée ^ar le son du clairon pour arriver à chacun d'eux. Ainsi les têtes des fantassins présentent une ligne ondulée précisément semblable à Tonde sonore. Il n'y a pas manque d'eQsemble, mais chacun n'entend pas la mesure au même moment.
Longueur du pas et vitesse
DE PROGRESSION. — DaUS tOUtCS
les allures, les deux moitiés d'un pas complet sont souvent de longueurs inégales; la plus longue correspond à l'action de la jambe dont les muscles sontle plus exercés. C'est généralement le pied servant à donner l'appel dans le saut qui donne la plus grande impulsion dans la marche. Chez moi le pied gauche remplit cel office, j'use la semelle du pied gauche sous le gros orteil bien avant celle du pied droit.
Deux choses sont à considérer dans le pas : sa longueur et sa durée. La durée du pas implique le rythme ou la cadence de Ic. marche. Cette cadence dépend d'un grand nombre d'éléments
l'ig. '626. ~ Mouvement du tronc dans la marche obtenu par les photographies successives d'une tige fixée dans le dos du marcheur fuyant devant l'appareil (Perspective du mouvemAit).
MÉCANISME BT ftDUCilTIOll DIS M0UTKM8VTS
et influe réciproquement sur la longueur du pas et sur la vitesse de {Hx^gression.
Relation bntrb la LOMGUiua du pajs et le atthme de la mabche. — La Titesse de progression est le produit de la longueur du pas par la cadence, elle est le produit de facteurs complexes que nous allons examiner. L'expérience nous a montré que la Vitesse maximum de la marche ne correspond pas à la cadence donnant la plus grande longueur du pas. Cela tient à la relation existant entre la longueur du pas et le rythme de l'allure. Le tableau précédent (fig. 322) indique que la longueur du pas augmente saas cesse jusqu'au rythme de 75 pas à la minute. U est alors de 1.70 m.
pour une taille moyenne de 1,07 m.
' Au delà de ce rythme la longueur du pas diminue ; lorsqu*on précipite trop la marche on ne laisse plus le temps à la jambe oscillante de se porter en avant, c'est la raison du racconrcissemeai du pas. La vitesse de progression aurait son maximum pour le rythme 8S soit 121 mètres à la minute mais cette vitesse ne peut être continuée longtemps dans ces conditions, ce n'est pas une allure économique. Elle diminue ensuite si la cadence s'accélère.
o gX
Vacation delà vitesse du corps pendant l* appui du pied. — La vitesse de translation du corps n'est pas constante, pendant l'appui du pied il y a un ralentissement de la vitesse horizontale de la masse du corps. Lorsqu'on traîne une voiture à bras, les
LOCOMOTION
traits de la voiture sont alternativement tendus et relâchés. Cela se voit également dans la figure t9o où les' points formant la trajectoire de la hanche ou de la tète sont plus ou moins rapprochés. On voit le ralentissement maximum correspondre au passage du rayon du membre actif par la verticale c'est-k-dire an maximum d'élévation du tronc au-dessus du plan horizontal (fig. 302),
Ces variations absolues de la vitesse ainsi que les réactions
Fig. 330. — Schéma indiquant deux façons d'allonger le pas dans la marche ; l'une défectueuse en étendant fortement la jambe en avant, l'autre économique en poussant avec la jambe d'arrière et en recevant le poids du corps sur la jambe fléchie.
verticales augmentent avec la longueur du pas. Il y a là une limite de rendement, vouloir aller trop vite en allongeant le pas démesurément exagérerait tellement les oscillations verticales et les variations de la vitesse du tronc que Tallure deviendrait impraticable à cause de la fatigue qu'elle procurerait. Les figures 1296 à 304 montrent la loi des vitesses des dijQFérents segments du membre inférieur.
Manière économique de marcher. — Il y a du reste une manière d'obvier à ces défauts dans la pratique.
Les allures trop lentes ou trop vives doivent être laissées de côté, les rythmes de 55 à 65 pas à la minute sont les seuls avantageux. La Ipngueur du pas doit s'obtenir par rallongement du membre à l'appui, les jambes doivent rester légèrement fléchies à leur passage par la verticale, le tronc un peu incliné en avant et le pied posé en avant sans étendre démesurément la* jambe [fî^. 330).
MECANISME ET EDUCATION DBS MOUTEMENTS
La longueur du pas e^t ainsi obtenue en poussant aVec la jambe en arrière le plus longtemps possible, en utilisant tout le déroulement du pied au lieu d'écarter les jambes d'une façon exagérée (fig. 331 et 332). La poussée avec le pied d'arrière a une certaine analogie avec la fente de l'escrime; la jambe est légèrement fléchie au moment du poser, ell^
Fig. 331. — Deux images successives d'une marche fléchie :
1 Inslaut du double appui ; 2, instant suirant immédiatement a|>r*« flexion de la jambe * ~ en arant pour éviter l'oscillation verticale da tronc.
est alors dans de bonnes conditions pour amortir le choc du pied. Ce choc n'est pas perdu, il se transforme en changeant la trajectoire de la hanche en diminuant son élévation et en uniformisant le mouvement. Le tronc glisse ainsi sur une surface moins accidentée et avec plus de régularité, sa translation^ se rapproche d'un mouvement rectiligne et uniforme, qui serait
l'idéal.
La force motrice qui entraîne le tronc en avant est la résultante de la pesanteur et de l'elTort d'extension du membre à l'appui.
La pesanteur tend à faire décrire à la hanche un arc de cercle autour du pied (fig. 333). Mais le rayon du membre en s'allongéant modifie la trajectoire de la hanche qui se rapproche ainsi de l'horizontale; cependant l'extension n'est jamais suffisante et la trajectoire s'abaisse à la fin de l'appui.
LOCOMOTION
Néanmoins la résultante de la rotation de la hanche autour du pied et de la poussée du membre inférieur peut devenir une action horizontale F dans, le sens de la progression (fig. 333).
Fig. 332. — Soldat chargé au moment du double aopui et du 1 pied d'arrière. On voit rinclinaison considérable du tronc
lever du
Monsieur le G^ de Raoul a longtemps pratiqué la marche fléchie *, l'allure du paysan, de l'homme fatigué, et Ta popularisée dans l'armée. Jo suis d'accord avec lui sur bien des points et j'avais déjà signalé depuis longtemps les avantages de cette allure au point de vue pratique^. On conçoit sans peine que plus le déroulement du pied sera complet et prolongé, plus l'action du membre à l'appui sur la hanche sera durable, plus celle-ci sera poussée en avant et plus le pas sera allongé.
L'inclinaison du tronc en avant facilite l'obliquité du membre qui pousse. L'extension complète de ce dernier donne à la trajectoire de la hanche une direction plus horizontale et plus rectiligne et prolonge l'action utile à la progression.
État du sol. — La longueur du pas dépend aussi de l'état