UTILISATION DK LA FORCE MUSCULAIRE
a sa source et son dénouement obligés dans le monde extérieur. Nous puisons dans les aliments les matériaux du travail et finalement nous restituons à la nature ce que nous lui avons emprunté momentanément en mouvement et en chaleur.
En réalité nous ne créons rien, nous ne faisons que transformer de l'énergie latente; rien ne se perd et tout doit se retrouver dans Téquation du travail.
Peu nous importe la nature du travail physiologique, le muscle crée-t-il de la chaleur et transforme-t-il une partie de cette chaleur en travail mécanique comme une machine thermique, ou bien la chaleur apparente est-elle seulement la fin, l'excrétion provenant du travail physiologique issu directement de combinaisonschimiques etpassantpar une forme intermédiaire et spéciale de Ténergie analogue à Vétat électrique avant de devenir du travail mécanique.
Le muscle serait alors assimilable à une machine électrodynamique et non à une machine thermique. C'est ce que noab ignorons absolument. Nous constatons seulement qu'une certaine quantité de chaleur sensible disparaît quand apparatt une quantité équivalente de travail mécanique extérieur.
La chaleur sensible serait donc une conséquence du travail physiologique et mesurerait ce travail intérieur quand il n'y a pas mouvement.
Si ce travail est très intense le corps s'échauffe parce qu'il n'a pas le temps de se débarrasser de la grande quantité de chaleur produite en excès. D'ailleurs, peu nous importe l'équivalence du travail physiologique, il n'y a pour nous d'intéressant que l'effet utile extérieur.
Cependant nous ne pouvons pas raisonner sur la machine animale comme sur la machine ordinaire. Il y a des différences essentielles qui les séparent.
Pour un mécanicien, le travail d'une force agissant contre une résistance à vaincre se mesure par le produit de cette résistance par le chemin parcouru en sens contraire de la résistance et par son point d'application. Il faut un déplacement pour qu'il y ait travail. Une colonne supportant le poids d'une voûte ne travaille pas. Il n'en est pas de môme de la machine animale si nous maintenons un poids immobile, nous nous fatiguons, nous ne pouvons longtemps produire cet effort statique, parce
que nous produisons du travail tout en restant immobile.
Dans une machine , si on élève au moyen de rouages quelconques 1 kilogramme à 10 mètres ou 10 kilogrammes àl mètre on aura produit le même travail, ce travail pourra être répété un certain nombre de fbis de suite sous une forme quelconque, cela importe peu pour la machine.
Chez rhomme, il est tout différent de travailler en faisant de grands efforts ou en répétant fréquemment de petits efiForts et nous verrons justement qu'il faut savoir combiner les degrés de contraction, d'amplitude du mouvement et de durée des efforts pour obtenir le rendement maximum en effet utile.
Il serait intéressant de pouvoir doser d'après ces principes le travail extérieur dépensé dans les différents exercices et métiers manuels afin de les comparer, d'en établir Téquivalence. L'idéal serait de proportionner ainsi le salaire de Touvrier à la fatigue produite, abstraction faite, bien entendu, de la valeiir artistique du travail.
Au point de vue militaire ce dosage présenterait bien des avantages si Ton connaissait ce qu'on peut attendre d'une troupe comme fond et comme vitesse sans dépasser les forces humaines. La nourriture, l'élément primordial du travail pourrait être aussi mieux choisie et mieux administrée suivant la quantité d'énergie à produire.
Forge et travail. — Nous avons déjà insisté sur la différence essentielle entre le rendement en travail et la force musculaire.
L'Hercule du Nord, dit Poncelet^ tant vanté pour sa force prodigieuse n'eut probablement pas, dans un travail réellement utile et longtemps continué, pu soutenir le parallèle avec un de nos bons manouvriers ordinaires. Ainsi les coureurs rapides sont généralement peu capables sous d'autres rapports de rendre les services d'un homme moins agile, moins rapide, mais bons travailleurs.
Chacun est capable de produire une certaine quantié d'énergie
. extérieure. Le potentiel ou capacité d'énergie se mesure chez un
sujet par le pouvoir qu'il a de faire de la chaleur et du travaili
en considérant le travail dans son acception la plus générale.