Demeny, Les bases scientifiques, de VÈducalion physique
Le triceps brachial, vu ses insertions supérieures, peut étendre le bras sur l'avant-bras et agir sur Tomoplate en arrière (fig. 19).
Nous pouvons citer encore le couturier, le psoas, les demimembraneux, demi-tendineux, droit interne de la cuisse, la longue portion du triceps fémoral, le biceps fémoral, les jumeaux, les muscles moteurs des orteils et des doigts.
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Fig. 20.— Effet complexe des muscles du mollet à cause de leur insertion au fémur en a et au calcanéum en b.
Fig. 21. — Muscles qui relient le bassin à la cuisse et le bassin au tibia.
P«, psoas; — C, couturier; — A. inscrlioni au bassin; — B, au libia.
Tous ces muscles ont des insertions sur des os non contigus, leur action est très complexe (fig. 20 et 21). Dans les efforts intenses l'effet le plus clair est de servir de ligaments actifs en serrant les surfaces articulaires l'une contre l'autre afin d'empêcher leur séparation.
N.4TURE DES MOUVEMENTS ARTICULAIRES. — Lcs surfaces articulaires déterminent déjà par elles-mêmes la nature des mouvements des os en contact.
. Il est des articulations susceptibles des mouvements les plus restreints comme des mouvements les plus étendus, les plus vagues comme les mieux définis. ^
DESCRIPTION ET MÉCANISME DES MOUVEMENTS SI
Le scapulum n'a que de simples glissements sur le tronc; deux vertèbres ne prennent Tune sur^rautre que des inclinaisons fort restreintes.
L'articulation du coude permet une rotation autour d'un axe dans un plan unique. Les articulations des phalanges, celle de Tatlas avec l'occipital, du fémur avec le tibia sont semblables sous ce rapport. Au poignet la mortaise radio-cubitale, l'articulation du premier métacarpien avec le trapèze limitent le» mouvements de circumduction dans deux plans rectangulaires.
Les têtes de l'iiumérus et du fémur sont sphériques, les mouvements correspondants du bras et de la cuiase sont des mouvements coniques; la main et le genou peuYent Jécrire des circonférences autour de Tépaule et du bassin.
Le radius se meut autour du cubitus, Tatlas autour de 1 axis, le (ronc autour de la ligne des têtes fémorales, comme autour d'un axe ou d'un pivot. &uU le mouvement de rotation complet, comprenant un cercle entier ne se rencontre pas dans les articulations ; il faudrait pour cela une discontinuité dans le& tissus, la nutrition ne le permet pas.
Sauf les glissements confus de l'omoplate ou les déplacements des os du tarse et du carpe, les mouvements des pièces articulées du squelette sont réductibles à ceux des leviers simples ou du treuil.
Les centres ou axes de rotation sont des lignes théoriques existant quelquefois en dehors des articulations, mais faciles à retrouver.
La connaissaifte simple dé l'équilibre du levier suffit pour comprendre les conditions de stabilité des os les uns sur les autres dans les différentes attitudes du corps.
S 2. — Description du squelette au point de vue mécanique
Il n'est pas inutile de rappeler le r6le mécanique des os et de décrire le squelette à ce point de vue en laissant de côté les détails intéressant le chirurgien. Il faut savoir où se passent les mouvements si l'on veut les comprendre et les associer dans un but éducatif. Au point de vue mécanique, le squelette se compose d'une colonne servant d'axe^ et surmontée d'un renfle-
%% MÉCANISME ET ÉDUGAnOZf DES MOUVEMENTS
ment, la tête. Cette colonne
Pig. 23. — Représentation schématique du squelette humain au point de vue mécanique.
A, aie verWbral ; — T. Mie ; — C ck C\ ceintures do 1 épaule et du bassin donnaai alUclie aus membres supérieùn M«M' et aux membres inférieurs N.N*.
MoilU
Fig. Si. — Coupe théorique da tronc pour monlrei- les deux anneaux contenant les viseéres en avant et les centres ner veux en arrière.
est composée d'éléments superposés, les vertèbres, et
Pig. 22. — Squelette de Thomme (Debierre).
^^ ^^ a, 08 pari<^tal : — b, frontal : — c, Ter-
lèliics cervicales ; — d, sleriium ; — e. vertèbres loml.. lires; —^ humérus ; — /".cubitus; - v, radius; -^,rarpe; — i,métacarpe; — k, phalaii;j;cs ; — r. It'-mur ; — q, roliilo ; — /, libia; — rn, péroné; — n, tarée; — o, métalanei — jj, piialan^^cs des orlciif; — u, cla\icule; — «, oe iliaque.
DESCRIPTION ET MÉCANISME DBS MOUVEMENTS 33
chaque verlèbre donne naissance à deux arcs adossés Tun à l'autre. Ces arcs superposés forment en avant la cavité viscérale, en arrière la cavité médullaire contenant les centres nerveux (fig. 22, 23 et 24).
Voilà pour le tronc. Deux ceintures, Tépaule et le bassin servent d^attaches aux membres. La ceinture supérieure est mobile ; elle permet à la main d*ètre orientée de toutes façons et de toucher toutes les parties du corps. La ceinture inférieure est au contraire solide, en rapport avec sa fonction de porter le poidp du corps. On peut trouver dans le membre inférieur les segments analogues au membre supérieur, mais accommodés à la station bipède. Les os et leviers sont creux, légers et résistants, reliés par des ligaments solides.
A égalité de matière la forme en tube présente plus de résistance à la flexion que la colonne pleine ; une feuille de papier roulé devientuD tube rigide, la nature a réalisé ce moyen avant les ingénieurs modernes. Le fétu de paille si léger résiste cependant aux tempêtes.
Mouvements des pièces du squelette.
Les surfaces articulaires sont recouvertes de cartilage lisse et poli, la synovie les tient constamment humectés, aucune machine ne peut être mieux disposée pour atténuer les frottements.
GoLoimK VERTÉBRALE ET T^TE. — La colouue Vertébrale est l'axe essentiel du squelette. Les corps des vertèbres ant un volume croissant de la tète à la région lombaire. La forme est pyramidale; les éléments inférieurs, ceux qui ont la pression la plus forte à supporter présentent aussi la plus large surface à Técrasement. Les courbures vertébrales sont contenues dans le plan antéro-postérieur. Ces courbures sont caractéristiques de la station bipède; elles ont pour eflFet de rejeter les organes thoraciques.en arrière, d'amener le centre de gravité du tronc au-dessus de sa base de sustentation et de réduire ainsi la fonction des muscles chargés de maintenir le tronc en équilibre autour de la ligne des têtes fémorales (fig. 25 et 26).
Les éléments vertébraux permettent une mobilité variable aux dififérentes régions. Au cou, la mobilité de la tête tient à
MÉCAMSMB ET ÉDUCATION DES MOUVKMEMTS
une disposition spéciale. L'articulalion de Tatlas avec l'axis pennel la roiation de l'atlas^ entraînant la tête, autour de l'apophyse odontoïde comme pivot (fig. 36). La délicatesse de cette articulation lui enlève sa solidité. Faire une chute sur la région cervicale, soulever un enfant parla tête peuvent avoir les plus graves conséquences^ la luxation de Tatlas entraînant toujours une lésion de la moelle ; la mort ne survient pas autrement dans la pendaison.
A la région dorsale la mobilité, entravée par la présence des côtes et la solidité du thorax est presque nulle.
Le mouvement le plus étendu se retrouve à la région lombaire, surtout entre la 5« lombaire et la l** vertèbre sacrée grâce à répaisseur des disques intervertébraux.
On peut dans la station droite faire tourner la tête de 180** et regarder derrière soi, mais sur les 180«, 73** se passent dans les articulations du tarse du genou et de la hanche, 79** dans la région cervicale 28* seulement dans la région dorsale et la région lombaire.
La mobilité de la région cervicale tient à la disposition des apophyses articulaires des vertèbres et à la rotation de Tatlas autour de Taxis.
Les apophyses épineuses ont un développement proportionné à la foxce de traction des muscles extenseurs ; leur direction est celle de cette traction constante ; presque horizontales à la région cervicale et lombaire, elles sont très obliques à la région dorsale (fig. 25).
Il ne faut pas confondre la ligne formée par les extrémités des apophyses épineuses avec la forme de la colonne vertébrale. La première peut être courbe et faire croire sans raison à une déviation latérale des corps vertébraux.
Fig. S5. — Coupe de la co lonne vertébrale arec ses courbures normales.
1, lombaire; — 2, dorsale i — 3, cervicale.
DESCRlPtlON ET MÉCANISME DES MOUVEMENTS
Les apophyses articulaires indiquent parfaitement le sens de la mobilité des vertèbres. Les surfaces de frottement ont leur plan presque horizontal à la région cervicale; à la région dorsale ce plan est de plus en plus incliné en bas et en arriérer
Fig. 26. — Squelelte de quadrupède montrant la direction des apophyse» épineuses du rachis et l'absence de courbure lombaire.
mais perpendiculaire au plan médian ; à la région lon^baire, il tourne de 90** pour devenir vertical et parallèle au plan médian. Ces dispositfons intéressent au plus haut point la connaissance exacte des mouvements du corps.
Les vertèbres sont séparées (fîg. 37) par les disques intervertébraux qui permettent une mobilité suffisante aux nécessité* de la locomotion.
Dans une chute sur les pieds^ le choc se propage par le bassin, puis au sacrum qui a la forme d'un coin, il se transmet de là aux éléments élastiques précédents où il s'épuise et arrive tout à fait atténué au cerveau.
La colonne vertébrale réalise Tunion de la solidité et de la mobilité. La moelle y est admirablement protégée, à Tabri de toute lésion et, dans les mouvements les plus étendus n*y est jamais comprimée. Le liquide céphalo-rachidien joue un rôle
hjrt ïnléressant pour équilibrer la pression intérieure dans lo catial médullaire.
La tèle, siïjiple renflement de la colonne vertébrale a pour qualité première la solidité en rapport avec Timportance des
Apn^ ti'ansverse
i*fAd*faceUe wtic. costale — f'^^ , / ^^»^^^/.ii '"'il > .
Fig. 27. — Vertèbre dorsale (Debibrai).
6, troa rertébiml.
ceitlres nerveux qu'elle renferme; les organes des sens, l'oBilet rurtùUe exigent la grande mobilité de ses articulations pour tHiL' dirigés dans tous les sens et recevoir les impressions exlô-
TiiOBAx. — Le thorax est remarquable par sa solidité et sa m«>l«iiilé. Les côtes sont articulées en arrière avec la colonne VtMlobrale et en avant avec le sternum par l'intermédiaire de «-■a) lilages élastiques. Le thorax doit sa résistance à cette élas- \m\xi; il remplit le double rôle mécanique de protection des vibirrîres thoraciques et abdominaux et d'organe moteur. Par si*s mouvements alternatifs de dilatation et de resserrement, îUKïlogues au jeu d'un soulïlet, il aspire et chasse tour à tour le ^;ll^•^ et Tair des poumons (fig. 28 et 29j.
Les deux ceintuires, épaule et bassin, rattachant les membres
DESCRIPTION ET MÉCANISHE DES MOUVEMENTS
aa tronc, diiïèrent beaucoup par leur mobilité et leurs fonctions.
Epaule et bassin. — L'épaule n'est fixée au thorax que par
Fig. 28. — (lage thoracique (Dkbieure).
Fig. 29.— Mécanisme de l'élévation de la cage thoracique (Debierrb).
La lii.'iic pleine renrésentc la cage au rcpof, — la ligue poinlilk'o, pendant linspiralion.
les ligaments reliant la clavicule au sternum et les muscles unissant l'omoplate au thorax, de là sa mobilité extrôrae permettant au bras les mouvements les plus étendus. Cette mobilité est aussi la cause de ses fréquentes malformations * (fig. 30).
L'humérus est relié à Tomoplate par un ligament en forme de capsule très lâche, sa tête n'est pas emboîtée dans la cavité ^ICnoïde, trop peu étendue pour cela. Les muscles se chargent d'apporter à cet assemblage la solidité qui lui manque sans en compromettre la mobilité.
Au bassin (fig. 30) nous voyons au contraire une solidité toute particulière. Le bassin est une ceinture rigide formée de
1. Voir Les bases scienlifiques de l'Éducation physique, 2* édition; ParU, F. Alcan. 1903.
deux parois épaisses niénageant les fosses iliaques où le poids
Apophyse âpïncuie
Angle coftal postérieur
Tète de la c6te.
Corpf de la côie
OnopUt«
AcroBloa
Lame Truu Ap. arlicuUh<e
Ap. Iransrcrse (1)
Suture ilto-pubienne (5)
rubis (G)
Fig. 30.
A — Ceintare scapulaire et ceiature thoracique Yues d'en haut.
1, corps de la première yerlèbre dorsale, et 2, son apophyse Iransverse ; — 3, trou trans- Toi-tfïiro homologue à celui qui est percé dans l'épaisseur des apophyses transverses de« Tcrtèbres cervicales.
B — Ceinture pelvienne.
L'apophyse transverse (1) reprisante la même apophyse des vertèbres des autres ré|:ion5 , — lailerou (2) représente l'apophyse costiforme des vertèbres des autres régions ; — i'ilioa (41 reprrscnlc le ecapulum ; — le pubis \ù) représente la clavicule (7) ; — la symphyse pabieune (7) représente l'articulation lutcrclavicuiaire.
des viscères vient reposer en partie. Cette ceinture sert d'insertion aux muscles puissants de la locomotion. Deux cavités profondes, les cavités cotyloïdes, logent presque entièrement la tête
DESCRlPTIOIi ET MËGA241SME DES MOUVEMENTS
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des fémurs, colonnes chargées de supporter le poids du corps et toutes les pressions transmises par les pieds. Le col du fémur rejette latéralement ces colonnes de soutien parallèlement à Taxe du corps.
Bras, ayant^bbas et main. — A Tayant-bras, le radius et le cubitus peuvent tourner autour d*un axe ce qui permet à la main de présenter tantôt sa face palmaire (pronation) tantôt sa face dorsale (supination) du côté du sol (fig. 22).
Le carpe formé de huit petits os donne à la main une mobilité parfaite; les doigts longs et divisés en phalanges, Tarticulation du trapèze avec le premier métacarpien, permettent au pouce de s'opposer aux autres doigts et font de la main un organe parfait de préhension.
L'homme pour lutter contre les autres animaux, souvent mieux partagés que lui sous le rapport de la force, a eu sa constitution cérébrale d'abord et sa main ensuite pour réaliser ses moyens de défense^ il ne-faut pas Foublier.
Membre inférieur. — Le tibia est l'os de la jambe ayant le rôle de support véritablement utile; le péroné apporte un surcroît de solidité à cette colonne, il sert surtout de surface d'insertion aux muscles du pied et à maintenir les rapports de ces muscles longs faciles à déplacer.
Le tarse est moins mobile que le carpe^ il est disposé pour permettre à la face plantaire du pied de s'appliquer sur le sol. Les orteils sont rabougris dans une extension forcée. Leur dégénérescence provient de leur rôle peu délicat; chargés de supporter le poids du corps, constamment enfermés dans des chaussures qui les compriment, ils ne peuvent être comparés aux doigts de la main libres et délies (fig. 31 j. Chez 30 p. iOO de sujets examinés le petit orteil n'a plus que deux phalanges.
S 3. — Mouvements articulaires.
Leur dénomination. Leurs limites naturelles. — Pour être précis, il est encore nécessaire de revenir sur la dénomination des mouvements du corps; il est intéressant aussi d'examiner l'amplitude possible de ces mouvements et d'étudier la limite de chacun d'eux.
DESCRIFnOS ET MÉCANISME DES HOUVEMBIITS
htant en station droite, nous acceptons les définitions suivantes :
Vélévation, c'est porter une partie du corps verticalement en haut; rabaissement est le mouvement contraire
Fig. 32.— Flexion de la tête *. Fig. 33. — Extension de la tête.
La flexion est Tacte de mouvoir deux segments osseux d'abord dans le prolongement l'un de l'autre, suivant un angle
tig. 34. — Flexion latérale de la tète Fig. 35. — Rotation de la tète à droite. à gauche.
plus ou moins aigu ; Vextension celui de ramener les deu:c segments dans la rectitude.
1. Figures ayant servi au Manuel de gymnastique du Ministère de Tinstraction publique.
La rotation est le mouvement autour d'un axe le plus souvent parallèle à Taxe des os.
Vabducliorij Técartement d'un membre du tronc; Vadduc- Hon, son rapprochement de la ligne médiane.
La circûmduction est le mouvement angulaire dans lequel Textrémité du membre décrit des cercles ou portions de cercles situés sur une sphère ayant pour centre l'articulation.
Les traités d'analomie donnent les noms des muscles avec leurs insertions et leur action isolée sur le squelette.
f ig. 36. — Articulations de la colonne vertébrale avec le cr&ne, et de Tatlas avec l'axis. — Région intrarachidienne antérieure (Debibrrb).
1, s, 3, 4, 5, ligamenU oedplto-axoidiens ; — 1, iusertion supérieure des fkiseeux saperGciels et moyens ; — 2, inserlion inrérieure du faisceau superficiel ; — 3, inscrliou inférieure du faisceau moYen ; — é, moiU<i supérieure du faisceau profond ; — 5, moilié inférieure du faisceau profond; ~~ 6, oapsule fibreuse de rarliculaliou latéraie de l'occipital et de l'atlas ; — 7, ugadMit transrerso ; — 8, ligaments ondoloidiens latéraux ; — 4» 5, 7| U réunion de ces deux ligaments ooostitoe le ligament cruciforme.
MouvBMBNTs DB LA TÂTS. — La tète pcut s'iucliner en avants en arrière et latéralement. Elle peut se tourner à gauche et à droite. En avant le mouvement se passe entre lescondylss de Toccipital et l'atlas, la région cervicale y prend sa part (fîg. 32, 33, 34, 35).
Le mouvement est limité par la rencontre du menton et du sternum,en arrière parla tension des ligaments et des muscles fléchie seurs. De côté l'inclinaison arrive presque jusqu'au contact de la joué avec l'épaule, elle est limitée également par la tension des muscles et ligaments du côté opposé. La rotation se passe entre l'atlas et l'axis et dans les vertèbres cervicales (fig. 36). J'ai vu celle rotation acquérir une amplitude de 90°, mais ce fuit est anormal.
DESCniPflOy 11 MÉCANISME DES MOUVEMENTS
HouYËMENTs DU TRONC. — Le troDC sc (léchit, s'étend, s'incHne latéralement et se tord. Mais il faut bien distinguer les mouvements propres du rachis amenant les changements de forme du tronc avec ceux du tronc sur les têtes fémorales (fig. 49).
La flexion du tronc c*est Tincurvation de la colonne vertébrale, attitude où le pubis et le menton sont rapprochés du sternum. 11 n'y a plus alors qu'une seule courbure vertébrale due aux fléchisseurs du tronc (muscles de l'abdomen) et fléchisseurs de la tête. Dans la flexion du tronc sur les cuisses (fig. 39)
Lîg» iransverio-
Lig* verlébrocostal anl.
Disque inlervcricbral
Lig^ vcrlcbi-al commun ant.
Fig. 37. — Articulations de» Tcrtèbres entre elles et des côte» a^ec le» vertèbres (Debierrb).
le mouvement beaucoup plus étendu se passe' dans les articulations de la hanche. Excepté dans les mouvements rapides où il y a une résistance à vaincre ce ne sont pas les fléchisseurs qui maintiennent le tronc fléchi, au contraire, les extenseurs empêchent le poids du corps de l'emporter en avant. La flexion est limitée par l'élasticité des ligaments jaunes, la souplesse des disques intervertébraux et l'amplitude des mouvements articulaires des vertèbres; elle est réduite en proportion du volume de» viscères abdominaux. Un sujet maigre touchera facilement les pieds avec la main; un volumineux abdomen sera une impossibilité radicale apportée à la flexion (fig. 40). L'extension du tronc se passe comme la flexion dans les vertèbres et dans l'articulation de la hanche. Étendre le tronc c'est rectifier la colonne vertébrale. Nous avons vu précédemment les conditions favorables à ce redressement*. Il faut rectifier
1. Condition» esthétique» de Texercice, in Bases scientifiques de l'ÉducaiUm physique,
Duumr. — liée, «i édue. 3
séparément la région cervicale et la région lombaire, la région
P!g. 39. ~ Flexion du trono •ur les cuisses.
Fig. 40. — Action des muscles gr. droits de l'abdomen.
Dans leur raccourcissement le niibit Pub se rapproche du slernum êlc.
dorsale étant pour ainsi dire invariable . Pour rectifier la région cervi-
Fig. 38. — Muscles de la partie postérieure du dos et du cou,
couche profonde (Debiehre).
1, 1, muscle pellld oil poslérieur de la tôle ; — J, un grand droit post<^riour de la Wte; — 3, un grand droit poslcrieur de la lôtc ; — 4, un peLil oMiquo posti iicnr de la tôle; — 5, 5, un inlerôpincux ; — 6, 6, un petit comnlcxus ; — 7, 7, 7, un Iransversairo épineux du cou, du dos et des lombes ; — 8, un facro-lonihairc ; — 9, 9, un lonj; dorsal ; — 10, niasse commune des muscles spinaux postérieurs; — II, 11, 11, muscles surcostaux ; — 12, un grand obli(iue ; — 13, un petit oblique ; — 14, un transverse ; — 15, un interlransversaire des lombes.
DESCRIPTION ET MÉCANISME DES MOUVEMENTS
cale, il ne suffît pas de lever la tête, il faut au contraire serrer le menton au cou et la relever avec lo cou. Pour rectifier la région lombaire il faut raccourcir les muscles de Tabdomen. La limite d'extension du tronc sur les tètes fémorales est assez restreinte^ c'est celle de l'extension des cuisses sur le tronc. Dès que l'inclinaison du corps dépasse la verticale, les extenseurs se relâchent (fig. 41).
Il faut pour produire une action énergique des extenseurs s'incliner en avant en s'efforçant de tenir le tronc dans la rectitude (fig. 42).
La flexion latérale du tronc se passe dans la région lombaire.
Elle est accompagnée de mouvements du tronc sur les hanches si l'on n'a pas soin de fixer celles-ci. Il suffît de s'asseoir à cheval sur un banc ou d'écarter les jambes en les maintenant tendues pour obtenir la fixité nécessaire du bassin (fig. 43).
Cette fixation du bassin est encore plus indispensable dans les mouvements de torsion du tronc. Nous pouvons regarder en arrière mais ce
Fig. 41. — Extension du tronc avec élévation des bras, mains en pronation.
Fig. 4». — Attitudes actives demandant une grande énergie à cause de leur amplitude et de l'inclinaison du corps. (L'appui des mains aux hanches peut diminuer l'intensité de la contraction musculaire dans une flexion latérale du tronc.)
mouvement se passe presque entièrement dans la tôte et la hanche (fig. 44). Étant les jambes écartées ou assis à cheval sur
UiCANISHE F.T ÉDUCATION DES MOUVEMENTS
UD tabouret, celle torsion se réduit considérablement et toujours elle est accompagnée de légers mouvements dans la tète et les épaules (fi g. A%\ La torsion est possible au cou et à la région lombaire ; la région dorsale étant presque solide, aucune torsion ne peut porter atteinte aux poumons ni aux gros vaisseaux.
Pig. 43.— Flexion latêralii du tronc les bras élevés.
Fig. 44. — Torsion du tronc & droite.
La mobilité de la colonne vertébrale dans les différentes régions dépend de Tépaisseur des disques intervertébraux, de ta longueur des ligaments, de la direction des articulations des vertèbres, de l'imbrication et de la longueur des apophyses épineuses, Lorsqu*on courbe la coleane vertébrale débarrassée de sescôLeSi elle revient d'elle-même à sa première position^ comme un arc élastique, et lorsqu'on enlève toutes les apophyses, la mobilité augmente, ce qui prouve que les limites imposées aux mouvements sont uniquement ces arcs euxmêmes.
Les muscles moteurs agissent à Textrémité des apophyses
DESCRIPTION BT IfrfCANISMB DBS MOUYEIIENTS
épineuses et transverses, ce sont des leviers puissants presque perpendiculaires à l'action des muscles (fig. 37 et 38). La flexion du tronc^ principalement la flexion latérale^ est diminuée d amplitude chez les sujets un peu gras, la résistance des viscères et des tissus comprimés s*opposant comme un coussin au mouvement à partir d'une certaine limite. Les muscles fléchisseurs entrent alors en action du côté de la flexion.
Fï§.