‹ Médaillons de poètes, 1800-1900Chapitre 4 sur 52 · INTRODUCTION IM · texte numérisé non relu

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d'eux : mais cette privation me serait trop sônsiblc, outre qu'elle me semblerait une ingratitude. Je les ai tant relus et tant aimés, je leur dois de si douces et si fortes émotions, que je ne pouvais me dispenser de mettre au seuil de ma collection, à titre d'hommage, leurs statuettes à défaut de leurs statues, et cela sinon pour le public, tout au moins pour moi. Ce public du reste, qui en d'autres livres les a vu^ dépeints sous toutes les faces, ne me saura pas mauvais gré de ne reproduire ici que leurs traits les plus essentiels et les plus chers, d'autant qu'un « médaillon )) n'est pas, ne doit pas être un portrait de pied en cap.

' Ce même public, qui connaît bien les romantiques,^ assez bien les parnassiens, connaît fort peu les contemporains en dépit, ou plutôt à cause de la réclame qui met en vedette les intrigants et laisse dans l'ombre plus d'un méritant. Il faudrait sur ce point refaire l'instruction du public. A voir les baroques échantillons poétiques que des mandarins ou des baladins ont exhibés ces vingt dernières années, on pouvait se figurer, en effet, que la poésie était en démence ou en décadence : elle était surtout en travail, en gésine, elle enfantait les poètes de génie qui doivent venir, car ils viendront, et. déjà leur cortège lumineux apparaît avec l'aurore du xx^ siècle. En attendant. Ton s'imagine bien à tort que la poésie manque au crépuscule du nôtre : il se couche au contraire dans tout un rayonnement, tout un flamboiement de poésie.

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