‹ Médaillons de poètes, 1800-1900Chapitre 6 sur 52 · INTRODUCTION XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XI

îïiontrant sans cesse l'étoile conductrice et sereine, de s'enlizer dans les bas-fonds de Tenvie ou de sombrer dans le gouffre de l'anarchie. Ils font virer vers la fraternité le vaisseau du socialisme qui allait chavirer dans la lutte des classes. Ils pensent que pour arriver au port la boussole économique ne suffît pas; il faut aussi le phare de l'idéal : Ils pensent que l'esprit religieux doit s'épurer avec le temps, mais non s'éteindre, et qu'au contraire en s'épurant il s'avivera de plus en plus. Ecclésiastiques ou laïques, partis de régions diverses, mais tous visant au même but avec la même bonne foi, ils répètent à l'heure où tous les intérêts vont livrer bataille : (( Cherchez le royaume de Dieu et sa justice, et le reste vous sera donné par surcroît ». C'est ainsi qu'ils dégagent du peuple, non l'étincelle de haine qui est en lui toujours, mais la flamme d'amour qui elle aussi est toujours en lui, et par suite ils dégagent une poésie inconnue des siècles où la religion était sur les lèvres, et peut-être moins dans les cœurs. Ou je me trompe fort, ou ces robes blanches des modernes Orphées, qui portent dans leurs plis la paix du monde, vont aussi secouer de la poésie sur les foules. Poésie dans la science. Ces deux mots ne jurent pas du tout de s'apparier. Ceux qui se figurent que la science et la poésie sont deux ennemies, ne comprennent rien à la grandeur de l'une et de l'autre. Pascal ne fut un si incontestable poète que pour avoir ëperdument plongé dans les deux infinis. Mais de-

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