XII INTRODUCTION
puis Pascal et Galilée, d'autres savants ont pénétré plus avant dans la république des atomes et la repu- J3lique des étoiles, et du même coup ils ont élargi le royaume des poètes, car, ainsi que le disait justement le génial André Chénier :
Tous les arts sont unis : les sciences humaines N'ont vu de leur empire étendre les domaines Sans agrandir aussi la carrière des vers.
. Le darwinisme lui-même, souvent si mal compris^ n'est pas forcément hostile à la poésie. Dans une conférence faite à Paris sur a le grand poète de l'avenir ))^ le noble écrivain italien Fogazzaro disait : a Evolutionniste convaincu, je me suis donné la tâche de montrer à mes compatriotes les merveilleuses beautésintellectuelles et morales qui jaillissent d'une conception de l'univers et de la vie où l'idée évolutionniste serait alliée à l'idée d'une cause créatrice sans commencement et sans fin, d'une volonté suprême et in> telligente agissant toujours et partout, développant et réalisant un plan unique infini, au moyen d'un jnombre infini de plans subordonnés ». Et il ajoutait que, dans ce plan de Dieu, la poésie a sa place comme la science, toutes les deux coopérant avec la cause du monde, et appuyant (( Télément humain supérieur qui aspire h mieux comprendre et à mieux aimer, dans sa lutte avec rélément inférieur, avec la bête sombre qui survit en nous )). La science qui est intelligence, et la poésie qui est amour s'entr'aident mutuellement contre la force animale et brutale. Ne