INTRODUCTION XIII
semble-t-il pas d'ailleurs que la science se fait de plus en plus gracieuse, aérienne, lumineuse; et si l'Exposition de 1889 était celle du fer, celle de 1900 n'est-elle pas celle de la lumière ? Non, il ne peut y avoir divorce entre la vraie science et la vraie poésie, pas plus d'ailleurs qu'entre la vraie poésie et la vraie foi. Le sens philosophique, le sens mystique, le sens poétique furent de tout temps dans l'humanité, et dès qu'ils ne s'altèrent pas ou ne se figent pas dans l'étroitesseou l'efreur, ils s'enrichissent l'un par Fautre et finissent par se concilier; et cela est dans la réalité parce que c'est dans l'ordre divin. Les divers rayons de l'intelligence humaine ne sont que les reflets d'une intelligence unique, centrale et divine. Oi^, , Dieu n'est pas antinomie, mais harmonie.
Harmonie: c'est le mot initial et final des astres et des globes, ces poèmes en voyage ; que ce soit aussi le mot et le but suprêmes des poètes. Ah! celui d'entre eux serait le plus grand, qui pourrait mesurer le rythme de ses vers sur la cadence des mondes! C'est dire qu'en tout la poésie doit rester un chant. Certains l'ont trop oublié, parmi les poètes antérieurs qui avaient pourtant abordé avec sincérité la poésie scientifique, religieuse ou populaire. Et contre eux les . symbolistes ont raison de soutenir que la poésie, intellectuelle et morale dans le fond, doit être une mélodie, une musique dans la forme. Certes je ne m'associe pas à toutes les imaginations ou revendications^ des jeunes écoles, mais tout n'est pas faux dans leur réquisitoire contre l'art des parnassiens, trop algé-'