‹ Médaillons de poètes, 1800-1900Chapitre 9 sur 52 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

brique, trop plastique, trop extérieur. Un délicat écri- Yain, trop tôt disparu, A. David-Sauvageot, ne s'y trompait pas lorsque, dans son livre intitulé :Le Réalisme et le Naturalisme dans la Littérature et dans VArt, il parlait ainsi des symbolistes : (( Leur évolution dernière est tout simplement une volte-face, qui les retourne de l'extérieur vers l'intérieur, des choses qui sont à la circonférence, vers l'âme qui reste centre. Le signe ne les intéresse plus par lui-même, mais par ce qu'il révèle et symbolise : c'est du plus pur idéalisme ». Et ailleurs : a Augmenter le registre des sonorités de la langue, chercher la correspondance des sons et des couleurs, donner aux vers une flexibilité onduleuse et serpentine, croiser la rime avec Tassonance habilement étudiée, s'arrêter pour les pieds au nombre pair afin d'asseoir la pensée, préférer l'impair pour la laisser en suspens et l'affliger d'une claudication légère : telles sont les combinaisons essayées par M. Verlaine et par quelques autres )). Et sans doute les décadents ou symbolistes ont abusé de la poésie claudicante et déhanchée au point que leurs strophes boiteuses et puériles ressemblaient assez aux danses morbides, et non sans grâce, des petites Javanaises, ou Japonaises. Mais leur réforme, excessive dans l'application, était fondée en principe.

Donc, sans rapprocher la poésie de la prose, rapprochons-la de la musique. Qu'on rime pour l'oreille et non pour les yeux; qu'on ait le droit d'appareiller un singulier avec un pluriel, si du moins ils rendent

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