‹ Médaillons et caméesChapitre 13 sur 24 · Les Romanciers contemporains · texte numérisé non relu

Les Romanciers contemporains

émotion scandaleuse. Un tel livre insultait au génie du poète, et violait le respect dû à la mort. M. Paul de Musset vengea son frère par la publication de Lui et de Elle, où il trace un portrait, hélas ! ressemblant et peu flatté, de la Musé française. A côté des amis imprudents qui osèrent élever la voix pour glorifier, chez George Sand, cette inqualifiable perversion du sens moral, il y eut les railleries furieuses d'ennemis implacables contenues jusque-là par la toutepuissance de son merveilleux génie d'écrivain, et déchaînées en ce moment par son impardonnable légèreté de femme. Ici, en effet, l'abstraction de la personnalité de l'autour n'était plus permise, comme dans Lélia : ce n'étaient pas les sentiments, les- passions, les ardeurs, les défaillances, les combats, les défaites de madame Sand, dissimulés sous le nom d'une héroïne qui, à tout prendre, pouvait n'être pas elle; c'étaient bel et bien les faiblesses, les ardeurs, les défaillances, les luttes intimes de madame Sand racontées sans voile par elle-même * . 11 fallut bien longtemps pour apaiser le scandale.

Avec ses romans politiques, George Sand aborde de front des questions d'un ordre plus élevé, et n'émet pas des théories moins dangereuses. Horace est inspiré par le souffle des pires passions de parti; il nous reporte aux mauvais jours de notre histoire, aux émeutes, aux barricades, aux batailles dans les rues. Enlelisant.onsesouvientque George' Sand futchoisie i par Ledru-Rollin, en 1848, pour rédiger ces fameux \ Bulletins de la République, que l'on répandait à foison dans les moindres hameaux, où ils apportaient les y

Page 1