‹ Médaillons romantiquesChapitre 114 sur 121 · Lettre à J. Olivii-r, du 19 l'évriLT ISil · texte numérisé non relu

Lettre à J. Olivii-r, du 19 l'évriLT ISil

Les témoignages abondent. En première ligne, celui d'un hôte de la place Rojjale, rapporté, comme il est naturel, par M. Edmond Biré': « Ses yeux éclatants, ses épais cheveux noirs, son teint lumineux faisaient croire d'abord à une femme fière et dominatrice. C'était, au contraire, une nature très douce et très modeste. 11 semblait que, dans cette maison où tout le monde était spirituel, elle mît de la coquetterie à être la seule qui n'eût point d'esprit. Dans son salon de la place Royale, elle prenait peu de part aux conversations ; bien loin de chercher à y briller, elle s'en désintéressait complètement, au risque parlois, quand elle s'y mêlait, d'y intervenir à contre-temps, comme quelqu'un qui tombe des nues... Hier encore, un des anciens hôtes de la place Royale me disait : « M""" Hugo? mais elle était bête ! »

« Elle avait vraiment grand air, dit M. Troubat-, quand elle faisait les honneurs du salon de son mari. Mais elle ne brillait pas d'un bien vif éclat à d'autres points de vue. »

Enfin, il y a le coup de griffe de Sainte-Beuve : « Jeune, on se passe très aisément d'esprit dans

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la beauté qu'on aime et de bon sens dans le talent qu'on admire. J'ai éprouvé cela'. » Et M. Michaut, qui cite ces lignes, ajoute : « La variante inédite du journal de Sainte-Beuve précise l'allusion-. »

Ces arrêts sévères ont sans doute leurs correctifs. M. Edmond Biré nous avertit que le jugement dont il se fait l'écho lui semble dur, que ^£me Hugo avait dans ses lettres « du sentiment, du cœur, de l'esprit même au besoin », qu'elle avait « par surcroît, du talent ». On nous dira d'ailleurs un jour ce que fut son talent, ce que valait « sa littérature », dont « elle ne parlait jamais ». Quant à la boutade de Sainte-Beuve, elle justifie trop l'énergique comparaison dont usait Alphonse Karr pour flétrir cet acte doublement indigne d'un galant homme et d'un poète, la publication du Livre (ranioiir.

La réputation, dans tous les cas, ne date pas d'aujourd'hui, et ce n'est point la malignité de nos contemporains qui l'a faite. J'en trouve déjà la trace dans ces quelques lignes écrites, celles-là, par une main de femme ^ :

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