‹ Médaillons romantiquesChapitre 115 sur 121 · Cahiers · texte numérisé non relu

Cahiers

2. Le Livre d'itinoiir de Sainte- Heure, par G. Mii liant, p. 9S.

:$. Lettre de iM^^TIiéoilcire Pavic à Victor Favie. l't fi-xrier 18'i.j (inédite'.

J'ai vu (liinaiiclio M"'* Huiio. |>his rcsjilcndissante de beauté qu'eu aucuu jour. EJle élail auiniée jjar la conversation, et vraiment elle n'est pas bête du tout, comme le prétend une dame de ses amies.

Il est vrai que peut-être, cette dame de .sr.s amies pourrait bien se confondre avec Yhole de la place Royale cité par M. Edmond Biré '.

On a plusieurs fois reproduit ce joli tableau dans lequel Dubois, du Globe, met en scène le jeune ménage Victor Hugo, le père et la mère tendrement enlacés, penchant leurs fronts sur la tète d'un enfant qui balbutie, les mains jointes, une na'ive formule de prière.

Si l'on voulait choisir le meilleur portrait qui ait jamais été tracé de M"" Hugo, c'est de ce groupe, je crois bien, qu'il faudrait le détacher. Quoi qu'on pense du bruit fait récemment autour de son nom et de la mesure dans laquelle sa mémoire en peut être atteinte — si tant est qu'elle

1. Ce poiii'iait tMro encorr la IViiiino d'un artiste illustre, dont Sainte-Beuve disait, faisant allusion à la sévérité de ses jugements sur les autres femmes : « M"" X***,elle se eroit |>liis laidequ'elle n'est. »

le soit — les qualités qui dominent en elle sont «celles de la mère et de l'épouse.

Fleur qui de\ie/. fleurir sous les pas du génie.

dit une pièce des Cousulatious. C'est la même idée qu'exprime encore ce sonnet à elle adressé, une année, le jour de sa fête, par un de ses amis les plus anciens ' :

Vous, sans qui le génie, en son vol spaeieux. Haletant, privé d'air, languirait, ù madame. Qui soutenez, si faible, entre deux bras de femme. D"un front ftrédestiné le fardeau soucieux.

Vous, sa muse avouée à la face des cieux. Source pure où s'abreuve et se mii-e son àme. Vous, dont le cil baissé brise en rayons la flamme Qui de lui nous arrive et s'épand sur vos yeux.

Que par nous, du foyer, .sainte et chaste madone. Sur lui, sur les enfants que le Seigneur vous donne, Tombe de Jours bénis comme une ample moisson.

Guidez \ers lOrient son étoile en la nue. Rappelez-lui souvent d'où sa lyi-e est venue. . Pour (pi'un jour d(^ ses cliaiils s'y rendorme le son.

Son foyer, son mari, ses enfants, on sent bien que ces objets et ces êtres chers tiennent, comme il convient, la première place dans ses pensées. Ses lettres renferment toujours mille détails sur

Page 1