‹ Médaillons romantiquesChapitre 31 sur 121 · Lcttrt' inédite · texte numérisé non relu

Lcttrt' inédite

dessein de rejouer la pièce en l'écourtant et en éteignant tout ce f[u'il y avait de hardi ei de sitllt'-, c'est-àdire de mieux, le directeur, dis-je, poussé par une actrice qui est sa maîtresse, et qui n'a pas eu de succès dans l'ouvrage, n'a pas voulu la redonner, malgré tout ce qu'on lui a dit. Quant à l'imprimer, j'y penserais, si la pièce n'était tirée d'un roman : mais, comme Walter Scott est pour moitié dans mon drame, on aimera toujours mieux lire le roman. Quoi qu'il en soil. je ne me décourage pas, mais je sens qu'il faut au public des pièces bêtes comme lui, etnuP mieux (|ue moine pourra le satisfaire sous ce rapport, si jl' le veux.

Dans toutes les lettres datées de cette année 1828, le nom (VAmij Rohsart et les allusions à Vépouvantable chute reviennent à tout instant sous la plume de l^aul Foueher.

Moi. je travaille pour gagner de l'argent *. Je fais des choses obscures, non seulement de fait, comme Amy Rohsart, mais encore d'intention. Que voulez-vous? je ne suis pas découragé, mais désabusé. Je tenterai encore, mais je n'espérerai plus. Vous me parlez, je crois, du Roméo et Juliette de Deschamps et de Vigny. Oui, c'est une bien belle chose, que nous aurons le plaisir de voir refuser dans (|uel(iues jours ou silUer dans (pielques mois à la Comédie française. Quelle calamité que Deschamps n'ait pas plus travaillé ! Mais vous-même, que faites-vous? Comment ne mourez-vous pas au fond de

J. Lcltrc du 27 mars 1828 (inédite).

votre ville, si vous n"y travaillez ? Faites un drame ou faites un recueil, ^'enez à Paris surtout, venez augmenter le nombre de ceux qui sentiront ma pièce et qui ont grand besoin d'être augmentés. Car vous avez vu comment les journaux m'ont traité, avec quelle rage ils se sont déchaînés contre moi ! J'ai eu peu de consolations dans ma chute, mais j'en ai eu quelques-unes de bien puissantes, et les vôtres sont de ce nombre. Toutefois, ne croyez pas que l'ouvrage ait été si maltraité que l'ont dit quelques journaux. L'ouvrage a non seulement été jusqu'à la tin, mais le quatrième acte (il n'est pas besoin de dire que c'est le plus faible) a été très applaudi, et le cinquième a bien commencé. Trois journaux ont dit que la pièce avait réussi avec opposition, et personne ne doutait du succès si on voulait affaiblir et écourter un peu la pièce à la seconde représentation. Le sort en a voulu autrement, n'en parlons plus...

Mais venez donc vite, si vous voulez voir le Salon. Il ne durera pas éternellement, et, si vous n'arrivez pas avant un mois, vous aurez grand risque de ne pas voir le Sardanapale, qui est tombé comme Amij Robsart ; mais la pauvre Anglaise ne se relèvera pas comme lui*...

Comment concilier les termes si formels de ces lettres avec les déclarations contraires consignées plus tard dans Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie et dans les Coulisses du passé? Encore une fois, la supercherie supposerait un calcul que la

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