r/p, poésies et j)ensées de Joseplt Delorme
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Coleridge et Sénancour. « Son intelligence avide, faute d'aliment extérieur, s'attaque à elle-même, el vil de sa propre substance, comme le malheureux affamé qui se dévore' ». Cependant, au milieu d'un « inconcevable chaos, où de monstrueuses imaginations, de fraîches réminiscences, des fantaisies criminelles, de grandes pensées avortées, de sages prévoyances suivies d'actions folles, des élans pieux après des blasphèmes jouent et s'agitent confusément sur un fond de désespoir- », on trouve encore des vestiges de
Cette liiinihle lui du cn'ur (nTiin ange a suspendue En palme à nos Ijerceaux.
Joseph ûelornie parut en 1S:>*). Jl y a mieux que des vestiges dans les Consolations, qui datent de l'année suivante, et marquent le point culminant de ce que j'appellerais volontiers la phase mystique de la vie de Sainte-Beuve. « Après bien des excès de philosophie et de doute, écrit-il celte même année 1830 ù l'abbé Barbe, j'en suis arrivé, j'espère, à croire qu'il n'y a de vrai repos ici-bas qu'en la religion, et la religion catholique orthodoxe, pratiquée avec intelligence et soumission. » Le ton du livre entier ne peut laisser au-
1. Vie, pcH'sies et pensées de Joseplt Delornie. t. Vie, poésies et pensées de Josejih Delornie.
LA TRISTESSE d'aME DE SAINTE-BEUVE lil
ciiii doute sur la sincrrilé de cet aveu. Auneàme qui souffre, qui sait « à fond ce qui en est de la vie, et ce que peut saigner de sang un cœur mortel»', seule la religion catholique peut off'rir des « remèdes appropriés à toutes les misère de l'àme, des formes divines et permanentes imposées au repentir, à la prière et au pardon, de doux et fréquents rappels à la vigilance, des trésors toujours abondants de charité et de grâce»-. Un violent chagrin a pétri ce cœur déjà torturé par le doute et les angoisses. Le poète est revenu s'asseoir « aux bords de cette Siloé céleste », la seule source intarissable qui guérisse et qui console, pour s'écrier, comme tant d'autres: « Dieu donc et toutes ses conséquences ; Dieu, l'immortalité, la rémunération et la peine; dès ici-bas le devoir et l'interprétation du visible par l'invisible; ce sont les consolations les plus réelles après le malheur, et l'âme qui une fois y a pris goût peut bien soufîrir encore, mais non plus retomber*. » H n'a pu retenir ce cri de foi, car « une âme qui sent toutes ces choses n'a de complet soulagement que lorsqu'elle a éclaté en pièces et