l'icface des Consolations
LA TRISTESSE d'aME DE SAINTE-BEUVE 143
Cette désertion en masse et les intrigues qui en furent ou la suite ou le prélude ne pouvaient manquer de provoquer en lui quelque amertume. « Dubois s'est mal conduit, écrit-il' peu après son retour, et tous ont voulu éliminer du journal le brave Leroux qui tient bon, et à qui je prête ma plume depuis ce temps. Je ne sais jusqu'à quand cet état provisoire durera pour le journal et pour nous. » Et la lettre se termine par ce conseil un peu mélancolique : « Adieu, mon cher Pavie, travaillez, pensez, poétisez, quand la verve vous presse. Soyez toujours bon, pieux, enthousiaste des belles choses et indulgent pour votre ami Sainte-Beuve-. »
L'état provisoire dura plus peut-être que Sainte- Beuve ne l'avait prévu. Le Globe passe aux mains du P. Enfantin, devient le Journal de la religion saint-simonienne. Le futur auteur de Port-Ro]jal reste à son poste, « jetant » pendant des mois « de l'âpre et sombre doctrine».
J'ai enfin mis (limauclio l;i m;iin sur Saiiile-Beuve, écrit Victor Pavie'. et nous avons diné ensemble. Il «st d'une tristesse navra 11(0. il m"a conté de-; choses qui
1. Lettre du 17 septembre 1830 à Victor Pavie. Fragment iiuklll.