‹ Médaillons romantiquesChapitre 6 sur 121 · Lettre de Victor Pavie à son père unèclUei · texte numérisé non relu

Lettre de Victor Pavie à son père unèclUei

lopée, sur la puissance des mots, des noms (ju'Adam donna aux animaux ; et une heure se passa, lui enseignant, tandis que j'écoutais'. »

L'imprévu, l'inattendu, qui fait l'un des charmes de la conversation, guettait plus que tout autre l'interlocuteur de Nodier, Lorsqu'on s'entretient avec lui, disait Sainte-Beuve, on éprouve cette impression souvent ressentie dans une promenade à travers bois. Tout à coup, au milieu du silence, on pousse du pied quelque chose qui remue et part avec fracas, oiseau, quadrupède, insecte ou reptile, quelque chose que l'on suit de WvW un instant, puis le calme reprend, jusqu'à ce qu'une nouvelle surprise attire les regards du promeneur et lui fasse tendre Toreille.

Ces délicates jouissances de l'esprit, causerie de Nodier, vers fraîchement éclos, n'étaient pas l'unique régal que l'Arsenal sût offrir à ses hôtes. Souvent aussi l'on dansait. Un billet charmant de Nodier ou de sa fdle convoquait le ban et l'arrière-ban des intimes. Ou bien, tout simplement, le bal s'improvisait de lui-même. Le salon, tout à l'heure grave et recueilli, s'animait. « Aux deux ou trois lampes insufTisanles, qui ne parvenaient pas à l'éclairer, s'étaient joints tous

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