‹ Médaillons romantiquesChapitre 62 sur 121 · Sainte-Beuve : Portraits litlérniref^. f. M · texte numérisé non relu

Sainte-Beuve : Portraits litlérniref^. f. M

le plus obscur du salon de TArsenal, où il se cachait. Il arrivait de Dijon. Plusieurs avaient lu ses vers, ses chroniques, ses petits poèmes en prose, dans la feuille provinciale qui daignait les accueillir*. « Non tout à fait tel que lui-même s'est plu, dans son Gaspard de la Xuit, à se profiler par manière de caricature- », mais timide, presque sauvage, gauche, et de mine peu brillante, il se tenait à l'écart. Pourtant, comme on lisait ce soir -là, il lui fallut paj^er son écot. « Quand arriva son tour, il tira de sa poche, et lut — moins qu'il ne récita — une manière de ballade dans le goût pittoresque de l'école, ciselée comme une coupe, coloriée comme un vitrail de Bruges. Ceux qui survivent n'ont pas oublié après trente ans l'effet que produisait, sous le chevrotement de sa voix grêle, le retour périodique de ces deux vers :

L"on entendait le soir sonner les cloches Du gothique couvent do Saint-Pierre de Loches.

La leçon récitée, il se dissimula tout honteux dans l'embrasure d'une fenêtre, où Sainte-Beuve

1. Le Provincial, journal dijonnais, qui parut deux fois par semaine pendant six mois à partir du 1" mai 1828.

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