Lvl !ro inédite
MADAME A. GENNEVRAYE 245
Je ne sais s'il les ;i icriis. J'en envoyai aussi au Figaro et au Globe. .Mais je n'en adressai point aux autres journaux. Je ne connais aucun des rédacteurs. Je n'ai plus ici d'exemplaires, de sorte que me je contenterai bien du jugement favorable que vous avez porté sur mon ouvrage, ainsi que de celui des poètes que vous m'avez nommés. Leur critique de mon manque d'habileté est juste: je ne suis ni habile, ni travailleuse, ni ne le deviendrai jamais. Je n'ai rien vu presque. Je ne suis jamais sortie d' mon coin du feu: aussi j'écris comme je parlerais, sans étude, sans travail, sans prétention. Seulement le vers rend le langage plus harmonieux, et donne plus de charme aux sentiments que je peins, .Mais il ne m'est pas arrivé une seule fois d'attendre une rime, de choisir un mot. de déguiser ma pensée, de la voiler, de l'embellii' ou de la rendre ])lus claire. Xon. Pour t[ui? Pourquoi faire? J'ai écrit comme chante la jeune j>aysanne (jui ne sait ni note, ni mesure.
Je ne sais pas, si d'après cela, vous avez une bonne idée de moi, et si vous me conseilleriez de m'occuper encore de poésie. Je n'en ai pas le projet. Cela dépendra de mes loisirs et dd mes idées ; mais, si je m'arrête au commencement de la route, je n'en suivrai pas moins avec intérêt et admiration ceux cpii sauront la parcourir avec gloire.
Je me r.ippelle, monsieur, h^ bal où j'eus l'avantage de vous voir; je m'en souviens, parce tpie déjà de jolies pièces, dans le journal de M. votre père, me faisaient chercher dans vos traits ce je ne sais quoi qui révèle le cœur d'un poète. Mais moi, j'ai dû passer devant vos yeux comme toutes les dames parées de
tiuii'laiules et de satin. A la pinchaine fois, j'espère, iKiiis causerons : ce que vous faites mieux que de danser. Vous m"avez dit que vous dansiez fort mal. Je n'en sais rien, et d'ailleurs c'est le fait de tous lei gens d'esprit.
Encore une fois, monsieur, je vous remercie de votre charmant article plein de grâce et de talent, et de votre lettre qui m'a rendue heureuse comme une
enfant.
Adt'le Janvier.
Un an plus tard. Tauteur en est à son second volume : le ton n'a pas changé :
29 septciiibro 1831'.
Mon cher monsieur Pavie. j'ai recours à votre extrême complaisance. J'ai |»eur d'en ahuser. Pardonnez-moi donc si je suis trop hardie; accusez-en votre bonté habituelle et l'atîection que vous avez, j'espère, pour moi.
J'ai fait paraître un petit ouvrage dédié aux pauvres et donné au Bazar d'Angers pour être v(Midu à leur profit. J'en ai gardé pour rentrer un peu dans mes fonds, l'impression m'ayant assez coûté. Voudriez-vous portcices quarantt^ chez un libraire, les faire vendre à trois fr. le volume: le libraire prendra |»our lui ce (piil prend habituellement. Alors vous tâcheriez de les faire annoncer dans (luelcpies journaux. Mon pauvri' monsieur, je vous doime bien du mal ! Ensuite, veuillez