Victor Pavie, Les Itercnanls : Cliarles Nodier
La tôte coquftie et fleurie
De .Marie Biillait comme un bleuel mêlé
Dans le blé :
Tachés déjà par Técritoire,
Sur l'ivoiie Ses doigts légers ailaiciil sautant
FA cliantani :
Queliiu'un lécitait quelque chose,
Vers ou prose.
Puis nous courions recommencer
A danser.
Chacun de nous, lutui' ui-and homme, <Hi tout comme.
Apprenait plus vile à t'ainier ()u"à rimer.
Quelle glorieuse liste on dresserait avec les noms (le tous ceux qui vinrent là, de 1824 à 1846? D'abord passe toute la phalange romantique des premières années, peintres et poètes : Soumet, G uiraud, Victor Hugo, Vigny, Emile et Antony Deschamps, Jules Lefèvre, Saint-Valr}-, Gaspard de Pons, Bfelmontet, Jules de Rességuier, Jules de Saint-Félix, Delacroix, les deux Johannot, les deux Dévéria, Liszt, Madame Tastu, Janinj Sainte- Beuve, Musset, Ulrich Guttinguer, Paul Foucher, Balzac, Lamartine, Alexandre Dumas, Louis Boulanger, Planche, Loew-Weimar. Puis, à mesure
que les années s'écoulent, de nouvelles recrues viennent grossir ces rangs déjà pressés. « Il n'était pas donné aux puissants et aux riches de faire entrer dans leurs palais ce qui s'est longtemps appelé le Salon de l'Arsenal, quoique ce salon ne lut pas bien vaste, et qu'il ne fût rien moins que somptueux, ni de remplacer par le luxe qui s'achète l'éclat qui rayonnait de tous les points de sa boiserie blanche, à de certaines heures de certains jours' ».
Combien sa présence rendait plus vif « l'éclat qui rayonnait de tous les points de la boiserie blanche», voilà ce que n'a pu révéler celle qui traça ces lignes. D'autres l'ont dit dans leurs vers ou dans leurs souvenirs, sur le ton d'affectueux respect qu'il convenait de prendre pour saluer cette gracieuse figure de femme : Marie Nodier. Parmi les hôtes de l'Arsenal, quel est le poète qui n'ait inscrit ce nom en tête de quelqu'une de ses inspirations les plus émues ? Lorsqu'un mari, qui n'était ni artiste, ni poète, l'eut emmenée de ce salon, plus d'un front se voila de tristesse : à tous il sembla que l'Arsenal avait perdu une partie de son âme.
Il y a, dans Viclor ffiu/o raconti' par loi témoin